A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, célébrée hier vendredi 08 mars 2019, l’ONG Femmes, Développement et Droits Humains en Guinée (F2DHG) a organisé une table ronde au ministère de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté. La rencontre avait pour thème « le rôle des femmes de médias dans la lutte contre la migration clandestine », a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette rencontre a réuni plusieurs femmes journalistes et activistes de la société civile. La démarche visait à échanger autour de l’immigration clandestine des femmes, mais aussi à proposer des pistes de solutions à travers les médias afin de freiner le phénomène qui continue à endeuiller des familles dans notre pays.

Selon madame Sow Moussa Yéro Bah, initiatrice de cette table ronde, les femmes étant les plus touchées par l’immigration clandestine, les femmes journalistes doivent jouer un rôle prépondérant dans le combat contre le phénomène. « Aujourd’hui, l’un des défis que nous avons, c’est cette migration clandestine, de plus en plus de femmes s’invitent dans la danse.

Je me suis permis de me poser la question à savoir quel rôle nous les femmes de médias nous jouons là dedans, est-ce que nous faisons suffisamment de sensibilisation pour permettre aux gens de ne pas se lancer dans cette aventure périlleuse parce que beaucoup de personnes y perdent la vie ?

C’est pour cela qu’aujourd’hui, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous avons décidé de choisir ce thème pour amener des jeunes autour d’une table avec des témoignages des jeunes qui ont tenté l’aventure, qui ont failli perdre la vie pour que cela serve de leçons, mais également des jeunes qui ont décidé de rester et investir au pays pour dire qu’on a toutes les chances de réussir ici. C’est une question de volonté », a-t-elle expliqué.

De son côté, Mafoudia Bangoura, journaliste au groupe Hadafo Médias, estime que les hommes de médias ne jouent pas assez leur rôle pour dissuader les jeunes à se lancer dans l’aventure de la migration clandestine. « Les médias ont un grand rôle à jouer et c’est vrai que, pour le moment, ce n’est pas le cas, c’est mon avis. Aujourd’hui, la Guinée bat le record dans la sous région en matière d’immigration clandestine. Malgré cela, on a l’impression que ce ne sont pas des guinéens qui meurent en mer.

Je pense que les médias ont un grand rôle à jouer pour faire comprendre à ces jeunes qui sont attachés à nos radios, à nos médias, leur dire à travers nos canaux qu’ils ont des chances de réussir au pays par différents angles au niveau de l’entreprenariat, mais également montrer des exemples sur ceux qui réussissent au pays, mais aussi sur ceux qui meurent en Méditerranée. Mais, les médias sont plus focalisé sur la politique et le sport et c’est bien dommage », regrette-t-elle.

Présente à la rencontre, la présidente du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée, Hadja Idrissa Bah n’a pas manqué de dénoncer les violences que subissent ces filles qui tentent l’aventure par la Méditerranée et prône pour la migration régulière. « L’immigration clandestine ne touche pas que les jeunes, il y a également des jeunes filles qui sont victimes de viol, de grossesses précoces non désirées.

Il faut se rassurer que le combat sera mené, il faut tout de même sensibiliser les jeunes filles qui sont souvent touchées par le phénomène. Donc, le combat que nous allons mener, c’est de les sensibiliser à aller par la voix légale, également à sensibiliser les parents », indique-t-elle.

Le ministère de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance était représenté à cette table ronde par le point focal de la migration irrégulière du département. Selon Alsény Soumah, « c’est une bonne initiative parce que la femme, c’est le baromètre de la société. Et, si la femme veut à ce que la migration clandestine soit freinée, elle y arrivera parce que la femme est au cœur du départ des enfants.

Donc, autant mieux associer la femme dans les prises de décision pour que les enfants puissent rester et que nos fils soient réintégrés ici à travers des projets porteurs de vie. Nous avons aujourd’hui plus 11.000 jeunes retournés. Déjà, 1280 jeunes sur l’étendue du territoire ont été réintégrés », a révélé monsieur Soumah.

La rencontre a été clôturée par la remise de satisfécits de reconnaissance aux personnes qui militent pour les Droits de l’Homme en Guinée.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 224 623 53 25 04

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