Dans le cadre de la promotion des engrais organiques, un enseignant chercheur à l’Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire (ISAV) de Faranah, a fait des recherches sur l’effet de l’urine humaine sur la pastèque au district de Yatia, à 25 km de la commune urbaine. Bandjou Samoura a partagé les résultats de sa recherche, hier dimanche, 10 mars 2019, avec les étudiants, les enseignants chercheurs et les groupements des femmes maraîchères de la place, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Dans son intervention, l’enseignant chercheur, Bandjou Samoura est revenu en détails sur ses motivations. « Ce travail, on l’a initié dans le cadre des recherches. C’est d’utiliser l’urine humaine sur la culture de la pastèque, donc valoriser l’utilisation des engrais organiques, parce que les engrais minéraux qu’on utilise, généralement, les sources son méconnues.

Donc, il faut d’abord chercher à valoriser les engrais organiques qui augmentent le rendement des cultures, et surtout le maraîchage généralement, il faut faire la pulvérisation foliaire (les feuilles, ndlr), donc l’épandage localisé. C’est ainsi qu’on a préféré de choisir l’urine, puisque l’urine est un engrais qui renferme tout les éléments nutritifs nécessaires à la croissance et au bon développement de la plante.

Vouloir utiliser ça sur la culture de pastèque, si ça donne un bon rendement, là les producteurs vont adopter la technique, et si la technique serait adopté, ça diminue l’achat des engrais minéraux parce qu’on sait qu’elles ont des inconvénients, tandis que les engrais organiques stimulent l’activité biologique, accroissent l’humus du sol, favorise la capacité de rétention en eau. Alors que les engrais minéraux apportent seulement les éléments nutritifs à la plante, mais n’améliorent pas les propriétés physiques, et biologiques du sol », a expliqué le scientifique.

Par ailleurs, monsieur Samoura, a expliqué comment il compte s’y prendre dans l’utilisation de l’urine comme engrais dans la culture de la pastèque. « On a envisagé d’utiliser l’urine en trois fractions : la première, c’était le quinzième jour après les semis ; la deuxième, au trentième jour ; et la troisième fraction, au quarante cinquième jour. On observe l’évolution de la culture après la récolte, on évalue le rendement.

Mais, il faut faire la pratique de l’activité avec les producteurs (les différents groupements des femmes et les étudiants). C’est eux qui démultiplient la technique. Nul ne sert de faire la recherche si la technique n’est pas démultipliée. Faire des recherches et garder les résultats dans le tiroir n’a pas de sens. La meilleure façon, il faut associer les producteurs. Si la technique est bonne, ils vont l’adopter et diffuser », a fait savoir Bandjou Samoura.

Parlant de son état d’esprit après ce travail de recherche, Bandjou Samoura a dit que « pour le moment, je suis satisfait à moitié, parce que l’appréciation est donnée par les différents groupements. Ils ont vu, au fur et à mesure qu’on utilise l’urine, la croissance et le bon développement de la culture est là. Ils ont observé ça. Donc, pour finaliser, on attend après la récolte on va évaluer les paramètres ensemble ».

Mamah Samoura, membre du groupement des femmes maraîchères de Sagbaya, dans la commune urbaine de Faranah, s’est réjoui de cette nouvelle technique. « Nous avons un groupement qui évolue sur le terrain. On est contentes de connaitre l’utilisation de l’urine humaine sur la culture. Les engrais qui viennent (engrais chimiques, ndlr), on a du mal à connaître encore son utilisation.

Mais l’urine, c’est nous même qui produisons, c’est ce que ils nous ont expliqué aujourd’hui. On ne connaissait pas cette méthode. Il ya tous les éléments nutritifs dans l’urine pour la culture. Le savoir ne fini pas. On est très contente de cette nouvelle technique et nous allons l’appliquer », a promis la bonne femme.

De son côté, Hawa Keïta, du groupement Sabougnouma de Yatia, a remercié l’enseignant chercheur pour cette contribution. « Nous avons choisi ce travail de maraîchage pour subvenir à nos besoins. On est content aujourd’hui de nous mettre sur le chemin. On ne savait pas qu’ont peut utiliser l’urine humaine comme engrais. On a compris ça grâce à Bandjou Samoura. Donc, on le remercie sincèrement », a-t-elle lancé.

Pour sa part, Célie Françoise Sagno, étudiante en licence 2, département Agriculture, a dit les raisons de sa présence à cette rencontre. « Je suis là pour m’enquérir de la réalité des recherches concernant l’application de l’urine humaine sur la culture de la pastèque à Yatia. J’ai pu acquérir beaucoup de connaissances parce que, sincèrement, je n’avais pas des idées sur ça. C’est ma toute première fois et ça m’a apporté beaucoup de choses…

Vraiment, j’appelle l’Etat à soutenir moralement et financièrement ce travail de recherche parce que j’ai vu qu’il y a plein des plaines agricoles ici en Guinée. Il suffit juste de se donner à fond pour pouvoir tirer du potentiel là-dedans. Je crois que l’Etat doit venir en aide, parce qu’en Guinée les 90 % s’adonnent à l’agriculture.

Mais, on ne voit que des potentialités, aucun rendement. Je crois qu’avec l’expérimentation agricole nous tous, étudiants et enseignants chercheurs, nous allons venir en aide auprès de ces communautés afin qu’elles puissent pratiquer ces expériences. Des choses qui vont nous aider à l’avenir », a dit l’étudiante.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com
Tel : 00224 620 24 15 13

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