Poursuivi pour abus de confiance, Ibrahima Sow a comparution hier, mercredi 13 mars 2019, devant le tribunal correctionnel de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma). Il lui est reproché d’affaire détourné une vingtaine de milliers dollars au préjudice de son beau-frère qui vivait en Angola et qui est revenu en Guinée depuis six mois maintenant.

Le prévenu a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés. Et, le ministère public a requis six (6) mois de prison ferme contre lui, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi ce procès.

Chemise blanche, Pantalon Kaki, chaussures noirs,…Ibrahima Sow a été appelé ce mercredi, à la barre au tribunal de première instance de Dixinn, pour répondre des faits d’Abus de confiance qui pèsent contre lui. Des faits pour lesquels il est en détention depuis le 08 février dernier.

Dans cette affaire, il est reproché à Ibrahima Sow d’avoir détourné la somme de 24 mille dollars appartenant à son beau-frère (le frère de sa femme). Ce dernier lui avait confié cet argent.

Interrogé par le tribunal, le prévenu est passé aux aveux sans pour autant reconnaitre l’intégralité de la somme qui a été annoncée par l’accusation. « Je reconnais qu’il (son beau-frère) m’a donné de l’argent. Mais, c’est 23 mille 223 dollars que je lui dois… », a-t-il expliqué avec un « air arrogant » et des gesticulations qui ont suscité des murmures dans l’auditoire.

Appelé à la barre, le plaignant dans cette affaire a narré « une histoire » qui lui a valu de la compassion au sein de l’auditoire où certains racontaient mi-voix, têtes baissées, des histoires similaires. Certainement pour dire que des cas de ce genre sont récurrents en Guinée.

« Ibrahima Sow est le mari de ma sœur. Lorsqu’il était en Europe, il a envoyé de l’argent à mon niveau. Il m’a dit de lui acheter un terrain. Je l’ai fait. Ensuite, il m’a dit de construire pour lui. Je l’ai fait aussi. Quand il est revenu en Guinée, je lui ai rendu sa maison et le reste de son argent… Moi aussi, je suis allé en Angola où j’ai fait sept (7) ans. Depuis ce pays, j’ai envoyé de l’argent à Ibrahima. En tout, je lui ai confié 30 mille dollars.

A chaque fois que je l’appel, il me dit que mon argent se trouve dans un coffre-fort. Et, comme les choses sont devenues difficiles pour moi en Angola, je suis revenu en Guinée. Je n’avais rien. C’est en Angola que j’ai même laissé ma femme et mes enfants. Quand j’ai réclamé mon argent, Ibrahima a dit qu’il a dépensé 15 mille dollars dans une entreprise qui fabrique des pamperses. Et, le reste de l’argent il a dit qu’il a dit qu’il l’a utilisé dans une commande en Chine…

Il n’a jamais été question de crédit ou de dette entre nous. Je lui ai confié 30 mille dollars. Mais, quand on soustrait les frais des petites dépenses qu’il effectuait pour moi ici, il va rester 24 mille dollars. C’est ce montant qu’il refuse de me rembourser… Il y a six mois que je suis en Guinée. Et, je n’arrive plus à subvenir aux besoins de ma famille restée en Angola.

Actuellement, je veux même ramener ma femme et mes enfants en Guinée. Mais je n’ai rien. Et, je compte beaucoup sur l’argent que j’ai confié à Ibrahima. Cependant, il refuse de me le rendre. Un jour, je lui ai dit que je n’ai rien et que je voulais qu’il me rende mon argent. Il m’a dit d’aller habiter chez lui. Et, comme ça, je mangerais tout ce qu’il aura à manger là-bas…

Lui, il était en Europe, il a envoyé de l’argent, j’ai acheté un terrain pour lui, j’ai construit pour lui. A mon tour, je suis allé en Angola, j’ai envoyé de l’argent que je lui ai confié. Il le détourne. Il le refuse de me le rendre et me condamne à souffrir et faire souffrir ma famille. Je veux vraiment qu’il me rende mon argent », expliqué Alpha Oumar Barry tout en indiquant qu’il a même tenté une médiation en famille pour avoir son dû, en vain.

« Ce monsieur n’a pas pitié ! C’est comme ça qu’ils conduisent les gens au suicide ! Il n’a qu’à lui rendre son argent, (ndlr) », murmuraient certaines personnes dans l’auditoire.

Dans ses réquisitions, le procureur Boubacar I Bah a demandé au tribunal de retenir Ibrahima Sow dans les liens de la prévention pour Abus de confiance, et de le condamner à six mois de prison ferme.

De son côté, après avoir fustigé le comportement du prévenu, le conseil de la partie civile a plaidé pour la condamnation de Ibrahima Sow au payement de 24 mille dollars à titre principal et 100 millions de francs guinéens à titre de dommage et intérêt.

Quant au conseil du prévenu, il a demandé au tribunal d’accorder de larges circonstances atténuantes à son client qui, soutient-il, « a reconnu les faits dès le début du procès ».

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 20 mars prochain.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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