L’opération de déguerpissement commence à prendre des tournures violentes à Kaporo Rails et Kipé 2, dans la commune de Ratoma. Deux conducteurs de mototaxis ont été blessés par balles, dans la soirée d’hier vendredi, 15 mars 2019, dans la zone de Kipé 2, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le déguerpissement en cours à Kipé 2 ne touche pas que les réalisations sur le terrain. Désormais, l’on s’en prend physiquement à des citoyens. Deux jeunes conducteurs de mototaxis ont été blessés par balles vendredi soir sur les lieux. Les victimes sont Amadou Lamarana Sow, dit Messi, âgé de 22 ans et originaire de la sous-préfecture de Porédaka, dans la préfecture de Mamou ; et Oumar Bah, âgé de 18 ans, originaire de Gongoré, dans Pita. Les deux ont été blessés par balles respectivement à la hanche et au pied.

Des témoins de la scène ont confié à notre reporter que c’est dans un échange de jets de cailloux et de gaz lacrymogène entre jeunes et gendarmes que les faits se sont produits. Selon Mamadou Diouma Barry, taxi-motard et étudiant en Sociologie à l’Université de Sonfonia, « nous, nous étions à notre place où nous garons nos motos. Nous avons vu les gendarmes, qui font le déguerpissement, et certains jeunes, échanger des cailloux contre du gaz lacrymogène. C’est ainsi que les gendarmes ont commencé à tirer à bout portant sur les gens.

Nous avons entendu deux à trois balles. Moi, j’ai pris la fuite et tant d’autres aussi ont pris la fuite. C’est pendant ce temps que j’ai entendu Amadou Lamarana Sow crier en disant qu’on lui a tiré dessus, appelant au secours. Dans un premier temps, on a cru que c’est sous l’effet de la peur. Finalement, on a compris qu’il a reçu une balle. Un d’entre-nous est venu le prendre. Nous l’avons envoyé à l’hôpital Jean Paul 2 ».

Interrogé par notre reporter, Mamadou Moussa Sow, le père du jeune Amadou Lamarana Sow, s’est dit très inquiet pour son fils. « On a tiré sur mon fils alors qu’il était assis sur sa moto. Il n’était mêlé à rien. Et c’est les gendarmes qui lui ont tiré dessus à Kakimbo, là où ils démolissaient les bâtiments dans la zone de Kipé 2, vers les rails. Aujourd’hui, je ne sais plus quoi faire.

La terre chauffe, on ne peut pas monter au ciel. Au moment où tout le monde se préoccupe de la démolition des habitations des gens, on tire sur mon enfant, je n’ai pas de moyens pour le soigner. La situation de mon fils m’inquiète. Je demande l’aide des bonnes volontés pour pouvoir soigner mon enfant », a lancé monsieur Sow.

Le deuxième blessé qui reçu une balle au niveau du pied, se nomme Oumar Bah, âgé de 18 ans. Arrivé à l’hôpital Jean Paul 2, il a été aussitôt pris en charge. Son père, Fodé Bah, présent sur les lieux, a regretté l’attitude des médecins. « J’ai été informé par coup de téléphone qu’on a tiré sur mon fils quand j’étais au grand marché de Madina. Rapidement, je me suis rendu ici à l’hôpital Jean Paul 2 pour m’enquérir de son état. A mon arrivée, j’ai demandé si son pied est cassé, ils m’ont qu’ils sont en train de faire la radio.

C’est après les résultats qu’ils sauront s’il est cassé ou non. Longtemps après ils m’ont dit que la radio n’a pas réussi, qu’ils vont reprendre encore. Pour la première fois, on m’a fait payer 70 mille francs guinéens. Ils ont repris pour une deuxième fois, qui a réussi. Ils m’ont dit, selon la pellicule, que le pied n’est pas fracturé et la balle n’est pas dedans. Ils ont prescrit une ordonnance qui coûte 393 mille francs.

Ils ont dit qu’ils ne vont pas le toucher tant que ce montant n’est pas au complet. Je leur ai dit de le traiter et que j’enverrai le reste. Ils ont dit non. Maintenant, le sang continue à couler du pied de mon fils. Que faire ? Je demande à tout le monde de m’aider. Je crains fort pour le pied de mon enfant », a dit le vieil homme.

Malgré nos multiples tentatives, les médecins se sont abstenus de tout commentaire sur l’état des blessés.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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