Même si chacun des deux camps opposés refuse de parler de bicéphalisme, la réalité est toute évidente. L’Association Guinéenne des Editeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) vit actuellement un moment de crise, avec deux groupes qui se disputent la direction de la structure. Une partie des membres de cette association de presse a organisé un congrès cette semaine, en l’absence du président de l’organisation, Moussa Iboun Conté, et son équipe. Ce congrès a porté une nouvelle équipe dirigée par Alpha Abdoulaye Diallo à la tête de l’AGEPI.

Mais, Moussa Iboun Conté ne reconnait pas ce congrès et précise qu’il reste le seul président l’organisation jusqu’à l’organisation d’un nouveau congrès répondant aux normes régissant l’AGEPI. Cette crise ne laisse pas indifférent Idrissa Sampiring Diallo, directeur de publication du « Le Sanakou », basé à Labé. Le journaliste a réagi en tirant à boulets rouges sur le camp Iboun Conté qu’il accuse d’avoir mal géré l’association.

Guineematin.com vous propose ci-dessous sa réaction.

Je ne suis pas surpris de cette crise qui mine actuellement l’Association Guinéenne des Editeurs de la Presse Indépendante (AGEPI). Car, depuis plusieurs années, la gouvernance interne de cette structure laisse à désirer et les doyens qui nous ont reçus dans cette corporation ont tout le temps observé un silence coupable, parce qu’apparemment ils tirent profit de cette situation chaotique.

Comment comprendre qu’un journaliste qui prétend se battre pour promouvoir la presse écrite en République de Guinée se permette de mettre la police judiciaire à la trousse de ses collègues qui lui demandent des comptes dans la gouvernance interne de cette structure faitière de tous les journaux édités dans le pays ?

A mon sens, les textes de l’AGEPI prévoient des mécanismes internes de gestion de crise et de résolution de conflits. Fort heureusement, la Haute Autorité de la Communication (HAC) est très vigilante en la matière.

Moussa Iboun Conté parle de journaux à jour de leurs cotisations. Oublie-t-il que depuis qu’il a été installé à la tête de cette association, son équipe a choisi l’exclusion comme mode de gouvernance ? Il n’a jamais rendu compte de l’utilisation faite des cotisations versées par les journaux.

C’est pourquoi, beaucoup d’organes de presse, comme le journal Sanakou de Labé, ont cessé de cotiser pour faire fonctionner l’AGEPI, parce que, depuis son arrivée à la tête de l’AGEPI, ils n’ont jamais bénéficié de l’appui de cette structure dite faitière. Au contraire, il a utilisé sa position privilégiée pour éliminer des concurrents à son journal La Nouvelle.

Les annonces et autres campagnes de communication négociées par l’AGEPI sont le plus souvent attribuées par favoritisme.

Quand il est question de subvention, l’équipe de Moussa Iboun Conté a régulièrement défini des critères excluant les groupes de presse émergents dans le pays. Pour réussir leur topo, Iboun Conté et sa bande ont toujours donné la part belle aux doyens qui animent « les grands journaux ».

Or, la loi de finances ne parle pas de grands journaux, mais de subvention à la presse (les grands journaux et les petits journaux) proportionnellement à l’effort fourni sur le terrain par chaque organe dans un pays où la culture de la publicité n’existe pas.

Une des dernières mesures injustes de cette équipe sortante, pour ne pas dire déjà sortie, c’est celle excluant complètement le format Magazine comme mon journal Sanakou de Labé de cette subvention.

En dénonçant ses collègues qui, selon lui, n’ont pas de personnel employé, peut-il nous dire d’où sont venus les moyens qu’il utilise pour financer son journal La Nouvelle qui fonctionnait comme les autres édités par les gens de sa génération avant son élection à la tête de l’AGEPI ?

Par Idrissa Sampiring DIALLO, directeur de publication du journal Sanakou de Labé

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