C’est sous le thème « Eco-rire » que va se tenir la 4ème édition du festival des arts et du rire de Labé dans la période du 10 au 15 avril 2019. Une rencontre pendant laquelle le public aura la chance de découvrir les célèbres humoristes Burkinabé, Sidiki et Souké de la série Les Bobodiouf.

C’est du moins ce qu’a confié à un reporter de Guineematin.com l’organisateur de cet événement, Mamadou Thug. Avec cet artiste-comédien, il a été question de plusieurs aspects liés à cet événement qui connaîtra la participation de très nombreux invités venus de la Guinée et d’autres pays de la sous-région ouest-africaine.

Guineematin.com : votre structure Soudou Dardja Productions organise, en avril prochain, la 4ème édition du festival des arts et du rire de Labé. Parlez-nous de cet événement.

Mamadou Thug : le festival des arts et du rire de Labé va se tenir du 10 au 15 avril dans le Fouta Djallon. Cette année, la ville invitée, c’est Mamou. C’est pourquoi, la clôture se tiendra à Mamou. En termes de thématiques, on a travaillé déjà pour les festivals précédents avec des thèmes comme : taxi moto, parce qu’il y avait beaucoup d’accident ; on a parlé de livres, parce que Conakry était Capitale Mondiale du Livre avec Harmattan Guinée ; nous avons parlé tout dernièrement de l’immigration clandestine avec Gohou Michel. Cette année, nous allons parler de l’environnement, parce que pour nous aujourd’hui, notre environnement a été détruit.

Pour ça, il faut qu’il y ait des têtes d’affiche, des artistes pour parler de l’environnement afin qu’il y ait le reboisement. C’est pourquoi, la thématique de cette année, c’est Eco-rire. En d’autres termes, certains disent les écologues du rire. La 4ème édition, qui se tiendra cette année à Labé et à Mamou, réunit plus de deux cent festivaliers, dont des artistes et des journalistes qui vont parler de l’environnement, de spectacle, de formation, discuter autour des panels afin de faire comprendre aux gens l’importance de notre environnement, l’importance d’un arbre et de mieux respirer autour des arbres.

Moi, je suis spécialiste peut-être à faire rire les gens ; mais, on va prendre des spécialistes, qui s’y connaissent pour parler de l’environnement. Peut-être, nous sommes une icône ; mais, on a la possibilité, avec le concours d’autres personnes, de parler de l’environnement pour donner des informations, donner des sketchs en parlant de l’environnement à notre façon pour qu’on retrouve du rire.

Guineematin.com : à part le rire, est-ce qu’il y a d’autres expressions culturelles sont programmées pour ce festival ?

Mamadou Thug : au-delà des humoristes, puisque c’est un festival du rire, il y a aussi d’autres arts qui vont s’exprimer. Cette année, nous aurons Lama Sidibé de la musique pastorale qui va jouer le 13 avril à Labé et le 14 à Mamou. Prenons les Zawagui, elles iront en masse et avec du live, elles vont jouer sous la coordination du Prince de Galaxi Prod. Elles vont jouer le 11. Et, ce même 11, nous avons Karim Soulay qui jouera. Le vendredi, au-delà de l’humour, nous avons la dame du Mandingue, Yéli Guinée, qui joue excellemment du balafon et il y l’artiste Fadjidi qui jouera avec nous.

A côté de tout cela, il y aura un défilé de mode. J’attends le retour d’Alpha O, mais déjà nous avons la confirmation de Sogoré création qui est avec nous et qui a fait des belles tenues. Aujourd’hui, on a envie de montrer aux gens, que ça soit en terme de défilé de mode, en terme de musique avec les artistes cités, en terme d’humour dont Sidiki et Souké qui nous viennent du Burkina Faso, Mamadou Thug de Guinée, Sow Pedro de la Guinée, Pothiol, Diallo cravate, Kévin Soko, Douras, bref une trentaine comédiens et de troupes artistiques dont la compagnie Les messagers du temps, la troupe Etoile Africaine de Guinée qui existe depuis plus de 20 ans et qui a fait beaucoup de chose dans la ville de Labé.

L’année passée, c’est cette compagnie qui a gagné le prix Hadja Zénab Koumanthio. C’est le jeune Thierno Mamou qui a gagné le prix Sow Baïlo. Cette année, dans le cadre de l’innovation, on a mis le prix Aboubacar Souaré qui est aussi un grand soutien du festival où on va décerner le prix, parce que c’est un homme de poésie. Donc, aujourd’hui, ce festival est devenu grand.

Même si de l’autre côté, on a le soutien institutionnel de l’Etat sans son soutien financier, on dit Dieu merci. Aujourd’hui, même si on n’a pas un sponsor qui dit voilà on vous donne tel montant afin que vous parliez de nous, on a quand même un grand soutien, notamment les médias guinéens dont vous guineematin.com, et ça fait plaisir.

Guineematin.com : habituellement, on voyait des artistes ivoiriens et autres. Est-ce qu’ils seront là ou bien il y d’autres nationalités à part les Bobodiouf ?

Mamadou Thug : pour les trois premières éditions, c’est des comédiens ivoiriens qui étaient invités, dont Daïco, qui est le parrain du festival et qui a quitté Conakry le lundi passé. Il ne sera pas là cette année. Aujourd’hui, il faut changer de tendance. Sidiki et Soukè sont aujourd’hui très influents et très aimés. En tant que président des associations des troupes artistiques de Guinée qui font beaucoup plus le cinéma bien que moi je fais le théâtre, aujourd’hui, mon souci c’est d’aider ces compagnies qui font du cinéma à avoir une ouverture vers le Burkina.

De l’autre côté, le Burkina est aussi cette nation qui est menacée par le réchauffement climatique et tant d’autres choses. Pour le Mali, ce n’est pas un artiste qui vient ; mais, un directeur de festival qui va venir en Guinée pour prendre aussi d’autres artistes, d’autres comédiens guinéens pour les amener au mois de mai au Mali. Aujourd’hui, nous avons invité le Sénégal où nous sommes partenaires avec Foniké production qui qui organise une grande édition au stade Iba Mar Diop, qu’on appelle la Guinée chez vous.

On a envie qu’ils découvrent d’autres artistes ici et qu’ils les envois vers Dakar. Du côté de la Gambie, nous avons aussi un jeune très chaud et qui fait le Bobo Dimoh, il viendra. Eux tous joueront à Labé. Aujourd’hui, notre mission, en tant que direction de Soudou Dardja Prod, c’est d’aider, être un pont pour permettre à d’autres artistes d’avoir une certaine visibilité. Vous qui êtes avec nous durant tout ce temps, lors de nos festivals, vous avez fait des articles où vous avez parlé des artistes dont on ne parlait pas.

C’est ça, notre rôle c’est d’aider et demain à travers un article de Guineematin on va retrouver un artiste comme Kévin Soko, Oka Yao, qui est un artiste ivoirien et qui est venu se confié à Soudou Dardja pour faire de la comédie. On paye même la formation pour certaines personnes. Celui qui a eu le prix Sow Baïlo, on a été le pont pour que Gohou Michel le promette de venir au parlement du rire. Encore une fois, notre rôle c’est d’être un pont entre les artistes et vous hommes de médias et entre eux et les autres promoteurs de festival pour qu’on les invite.

On ne peut pas, chaque année inviter que la Côte d’Ivoire. Il faut varier. Si non, cette année, la France était invitée. Mais, on n’a pas eu un grand soutien, un grand accompagnement, si non l’éminent comédien français d’origine camerounaise, Saïdou Abacha, devrait être là. Malheureusement, comme on n’a pas eu le soutien nécessaire, on n’a pas pu gérer. Nous fonctionnons avec nos propres moyens pour payer les billets d’avion des artistes, les logements…

Guineematin.com : à l’entame, vous avez dit que vous n’avez eu aucun soutien financier de la part l’Etat. On a envie de savoir, comment faites-vous pour déplacer et entretenir tous ces artistes ?

Mamadou Thug : aujourd’hui, je le dis à qui veut l’entendre, moi je peux être pauvre ; mais, ce que je fais n’est pas pauvre. Je l’ai dit depuis que le festival a démarré, on a eu quelques petits soutiens, mais, les premiers moyens de nos festivals dépendent des moyens de Soudou Dardja qu’on a dans notre compte. Par exemple, les années précédentes, j’étais ambassadeur de la farine Bravo. Ils m’ont payé des millions de francs guinéens. C’est mon argent ; mais, j’ai pris pour investir dans le festival.

Quelqu’un qui te donne pour un ambassadeur plus de 70 millions GNF et tu prends tu réinvestis dans un festival, c’est un plus. Tu pouvais faire peut-être du pacha, puisque c’est ton argent ; mais, pour nous, on a envie de donner de la visibilité à la culture et au métier qu’on a choisi parce qu’aujourd’hui, si tu me demandes la profession, je dis que je suis artiste-comédien. Depuis 2018, je suis ambassadeur d’une société de téléphonie et c’est cet argent que j’ai pris pour investir dans mon festival. C’est cet argent que j’ai pris pour payer le billet d’avion de Gohou ainsi que son cachet.

Donc, il faut oser dire haut ce que les gens pensent bas. Parlant de l’Etat, aujourd’hui, on aurait aimé que l’Etat nous dise par exemple : nous vous accompagnons dans le cadre institutionnel ; mais, on vous prend 30 chambres d’hôtel parce que vous recevez plus de 100 personnes ; on vous donne deux, trois ou quatre billets d’avion, on met à votre disposition un bus qui vous permettra de voyager de Conakry jusqu’à Labé, jusqu’à la fin du festival. On peut ne pas avoir directement de l’argent ; mais, le ministère de la Culture a au moins des bus.

Ça, c’est un soutien qui diminue un peu le budget qu’on est censé faire. L’année passée par exemple, Hadja Halimatou nous a aidés à avoir une 4X4, où était Gohou, et un bus. C’est un soutien, il faut oser le dire. Il faut oser dire ce que les gens t’apportent. C’est pourquoi je dis aujourd’hui, si le ministre Bantama Sow accepte, par sa gentillesse, de reconnaître le festival et de signer les satisfecits des festivaliers, c’est un plus. Aujourd’hui, au aurait aimé que chaque année, qu’il fasse le déplacement, comme l’a fait précédemment monsieur Siaka Barry. Il est venu personnellement soutenir le festival, même si du côté financier il n’a pas donné.

C’est le moment aussi de dire merci à monsieur Damantang qui s’est déplacé lors de la 2ème édition. Ce sont des signes qui donnent du poids à un festival. Les sponsors dont tu as déposé des demandes et qui n’ont pas répondu, ça va leur dire, même si nous on ne vient pas, voici le ministre de la Culture qui est là.

Il a pris ses moyens pour aller à Labé soutenir le festival. Ça aussi, c’est un grand soutien parce que ce n’est pas nous qui payons son carburant et son logement, c’est de son gré qu’il est parti. Donc, nous disons merci pour ce soutien institutionnel. Mais, à côté de ça, on aurait aimé aussi avoir un soutien financier.

Guineematin.com : vous parlez d’environnement cette année. Est-ce que vous avez sollicité un appui du ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts ?

Mamadou Thug : on a adressé une correspondance au département de l’environnement, en la personne du ministre Oyé Guilavogui. On aurait aimé qu’il soit impliqué lui-même et qu’il vienne voir ce qu’on est en train de faire en tant qu’artiste pour accompagner l’environnement. Aujourd’hui, je ne veux pas qu’on continue à utiliser les artistes pour parler de la paix seulement, il faut qu’on touche aussi les autres thématiques qui assaillent notre pays telles que l’environnement, les accidents avec les motos taxi, parce que c’est avec nos propres moyens que nous avons formé 200 conducteurs de motos taxi à Labé.

Par le biais de la communication, nous passons des spots dans les médias d’ici et à Labé pour mieux informer autour de ça. Certes, ce festival est domicilié à Labé ; mais, aujourd’hui, c’est toute la Guinée qui bénéficie. C’est pour vous dire que notre objectif c’est de faire de l’humour une vie, faire de la culture un environnement où on peut tirer profit, de faire de ce métier une profession. Déjà, on a réussi à créer une relève. C’est très important. Donc, parlant de soutien, je souhaite que vraiment les autorités soutiennent institutionnellement, mais aussi financièrement…

Guineematin.com : revenons sur le thème que vous avez choisi cette année. Quel est le message fort que vous allez véhiculer ?

Mamadou Thug : on a envie de dire aux gens que chacun d’entre nous a la possibilité de planter un arbre. Que chacun d’entre nous peut faire de ça un devoir. Nous, nous avons des amis qui ont une initiative que j’apprécie beaucoup, même si on n’est pas ensemble. Par exemple, que chaque personne qui dépense un gâteau pour faire un anniversaire, qu’il plante un arbre. Ça, c’est une bonne politique. Nous aujourd’hui, on veut des domaines à reboiser.

On peut faire peut-être prendre nos moyens, acheter des arbres et les planter pour créer un environnement, juste parce que quand il n’y a pas d’arbre, il n’y pas d’eau et quand, il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de vie. Voilà un message qu’il faut donner. Pour nous, l’environnement est une chose qui nous est chère.

En tant qu’artiste, je n’ai peut-être pas les moyens ; mais, quand je parle, les gens peuvent m’écouter et prendre cela en considération. C’est pourquoi, j’ai décidé de prendre mon bâton de pèlerin pour dire à ceux qui m’écoutent, qu’il faut qu’on s’attaque à la protection de l’environnement. Et, la meilleure façon de le protéger, c’est de planter des arbres.

Guineematin.com : pourquoi c’est toujours Labé qui abrite votre festival ?

Mamadou Thug : pourquoi pas Labé ? C’est là la question aussi. Le festival est le festival des arts et du rire, il est domicilié à Labé. Si non, la 1ère édition a été jouée à Timbi-Madina qui n’est pas dans Labé. Parallèlement, cette année par exemple, la ville invitée c’est Mamou et la clôture, c’est à Mamou aussi. L’année prochaine, ça peut être Kankan, ça peut-être N’zérékoré ou bien Kindia.

C’est ce que j’ai dit aux autorités de Labé, les autorités de Mamou, au lieu d’aller signer des partenariats entre la mairie de tel et de tel, il faut même que les maires s’invitent entre eux. J’ai demandé par exemple au maire de Labé d’inviter celui de Mamou, au préfet de Labé d’inviter celui de Mamou, pour qu’il y ait l’ouverture à Labé et la clôture à Mamou avec une synergie d’actions entre les autorités. L’idée, c’est ça. Mais nous, en tant qu’artiste, on va perler de l’environnement.

Guineematin.com : quel est le mot de la fin ?

Mamadou Thug : c’est de dire à tous ceux qui nous suivent que chacun peut soutenir le festival. Toi par exemple qui es fils de Labé, tu n’as pas 10.000 GNF pour donner ; mais, tu as une maison, tu peux dire : tenez ma clé pour les trois nuitées que vous passez à Labé, restez-là. Vous ne pouvez pas peut-être avoir les moyens pour avoir 50 ou 100 chambres d’hôtel ; mais, vous pouvez loger une troupe-là. Ou bien, on peut dire, j’ai la possibilité d’offrir un sac de riz ou bien un bidon d’hui, parce que quand il y a 100 personnes et plus, des journalistes et des artistes, les gens vont manger.

On peut même dire : j’ai ma voiture, mettez les gens là, partez et revenez après. Je vous offre 20 litres de carburant, etc. C’est ça qu’on appelle aider le festival. Donc, j’ai envie de dire aux gens que chacun peut aider pour la réussite du festival. On peut même se dire : moi, je vais payer mon transport pour aller à Labé ou bien à Mamou pour assister au festival. Je suis à Labé, je n’ai pas la possibilité d’aider ; mais, je prends 20.000 GNF, j’achète le ticket et je rentre suivre les artistes qui ont payé des billets d’avion pour venir jusqu’à Labé.

C’est ce que j’ai envie de dire à ces millions de personnes qui suivent votre plateforme ou bien qui vont lire cet article. Je profite de l’occasion pour demander à toutes les populations de Mamou et de Labé de sortir massivement pour vivre le festival du 10 au 15 avril. Au-delà de Labé et de Mamou, nous allons faire un passage touristique à Dalaba, à la villa touristique avec tous les festivaliers où on va offrir gratuitement des spectacles de théâtre. Il y a aussi des spectacles en off qu’on va offrir dans les espaces publics, dans les écoles, etc.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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