Le mois de mars est un mois consacré à la femme guinéenne. Une occasion de mettre en lumière les acquis mais aussi les difficultés auxquels sont confrontées ces actrices.

Aujourd’hui, nous allons vous faire découvrir une jeune femme dynamique et engagée. Diplômée en journalisme en 2017 seulement, Ramatoulaye TOURE a fait ses preuves à la radio city fm avant de travailler à la cellule de communication du Gouvernement. Elle est actuellement la chargée de communication de l’AGUIPE, l’agence guinéenne pour la promotion de l’emploi, poste qu’elle occupe depuis quelques mois.

Elle se prononce aussi sur l’entreprenariat féminin et d’autres sujets de société comme la polygamie et la dépigmentation.

Idiatou CAMARA l’a rencontrée pour un un entretien à bâtons rompus.

Bonjour Ramatoulaye TRAORE, pour celles et ceux qui vont lire pour la première fois, dites- nous ce qu’ils doivent retenir ?

Merci pour cette opportunité, alors je suis Ramatoulaye TRAORE diplômée en journalisme de l’université Kofi ANNAN de Guinée en 2017. Dans ma carrière professionnelle, j’ai fait un stage à la radio city fm, ensuite j’ai eu la chance et le privilège de de travailler à la cellule de communication du Gouvernement, après une formation en communication je dois préciser, et c’est de là que j’ai été promue chargée de communication de l’AGUIPE, l’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi. Vous l’avez remarqué j’aime mon travail et je suis rigoureuse et obsédée par le travail bien fait.

On peut dire avec ce parcours que vous êtes née sous une bonne étoile. Diplômée en 2017 seulement et déjà, un passage à la cellule de communication du Gouvernement et aujourd’hui à l’AGUIPE. C’est plutôt une ascension remarquable pour votre jeune carrière.

(Sourire) vous avez raison, j’ai eu de la chance certes, mais vous savez la formation, le niveau restent vos seuls compagnons dans la vie professionnelle. C’est ce qui m’aide en toute sincérité.

Mon travail consiste à faire la promotion et la visibilité de l’institution auprès du public, des partenaires et des politiques. En ce qui concerne mon travail ici à l’AGUIPE, c’est un travail très prenant, et comme le savez lorsque vous avez ces responsabilités vous avez un fardeau sur la conscience, vous devez travailler énormément pour y arriver.

Que fait justement l’AGUIPE pour l’emploi des jeunes en Guinée ?

L’AGUIPE fait son mieux pour aider les jeunes notamment les femmes à la recherche de l’emploi. Nous avons à ce jour, plus de 30 mille jeunes, des profils dans notre base de données. Nous essayons de les aider, en étant un relais entre les potentiels employeurs et eux.

Nous ne donnons pas de travail, c’est important de le rappeler, nous servons de d’interface comme je viens de le dire, nous offrons des opportunités en préparant les jeunes à affronter le marché de l’emploi.

Quels sont les difficultés que vous rencontrez avec les jeunes dans cette tâche que je présume difficile ?

Le faible niveau, l’inadéquation formation et emploi. Il arrive que nous organisions des séances de formation avec les jeunes, pour renforcer leurs capacités. Il arrive souvent que des entreprises nous demandent de fournir des CV, mais il se trouve que beaucoup n’ont pas de niveau, ou alors, les filières sollicitées ne sont pas disponibles. C’est pourquoi je pense qu’il faut aujourd’hui privilégier l’enseignement technique pour parer à cela notamment.

Particulièrement pour les femmes, que faites-vous dans le cadre de nos prérogatives bien entendu ?

Nous faisons beaucoup et comme nous pouvons. D’ailleurs dans les référentiels avec les partenaires, nous sommes obligés de présenter une liste où figure 30% de femmes. Mais ce n’est pas facile à ce niveau non plus. Les femmes doivent se battre pour arracher leurs droits, rien ne se gagne facilement dans la vie.

Mlle la Chargée de Communication si on vous demandait vos difficultés qu’allez-vous nous répondre?

La pression, le stress qu’il faut gérer. Vous avez au minimum 2 réunions par jour, il faut ordonner tout cela, relayer les informations sur les réseaux sociaux parce que les jeunes étant nos cibles, nous investissons énormément sur les TIC, les médias sociaux notamment. Et comme je disais, le faible niveau de la plupart des demandeurs d’emplois et l’inadéquation formation emploi.

Comment voyez-vous la femme Guinéenne aujourd’hui dans son évolution ?

Je crois que du chemin a été parcouru, il faut le noter, mais il reste encore beaucoup de choses pour s’épanouir et être au même que les hommes. J’encourage les femmes à aller vers l’entreprenariat, avec ça vous décidez de ce que vous faites, vous êtes votre propre patron. Ainsi on s’épanoui franchement et devient autonome.

Vous êtes noire et fière à vous voir, pourquoi vous n’avez pas dépigmenté votre peau comme beaucoup d’autres femmes africaines et guinéennes ?

(Sourire), je ne sais pas pourquoi on ne peut pas être fière de ce que nous sommes. Moi je suis fière de ma peau, et je conseille aux femmes de garder le naturel, rester le teint.

Celles qui pensent que ce sont les hommes qui les incitent à se dépigmenter, je pense que c’est un complexe, et rien ne garantit que cet homme qui vous incite à cela, restera avec vous pour la vie. Alors c’est du gâchis de vouloir ressembler aux autres aussi ça n’a pas de sens à mon niveau.

Que pensez-vous du mariage et de la polygamie ?

(Rires) je pense bien me marier faire des enfants comme toutes les femmes, en tous cas pour la plupart. Pour ce qui est de la polygamie, je ne suis pas pour. Vous savez on ne peut jamais aimer deux personnes de la même manière, ou on aime ou on aime pas. Je suis contre la polygamie et c’est définitif.

Pour ceux qui pensent que les femmes sont nombreuses, elles représentent plus de 52 % de la population, et disent que les femmes doivent accepter de partager leurs maris sinon beaucoup n’auront pas d’époux, vous en dites quoi ?

(Sourire) franchement, c’est l’excuse parfaite des hommes, mais non je ne suis pas d’accord. Tout le monde, je parle des femmes ne sont pas faites pour se marier, beaucoup le font pour faire des enfants, ou échapper au regard de la société. Moi je suis contre et voilà.

Nous sommes sur un média spécialisé sur l’environnement, que pensez-vous de notre environnement ?

Dégradé par l’action minière, on salit partout, on coupe les bois, il faut voyager à l’intérieur du pays pour s’en rendre compte. Il y’a aussi que les pluies retardent et ne sont pas continuelles comme par le passé. Chacun doit s’en rendre compte et prendre conscience. Je pense que la loi fria doit être de retour. A chaque cérémonie, on doit planter des arbres, pour aider à la restauration du couvert végétal fortement dégradé aujourd’hui.

Entretien réalisé par Idiatou CAMARA pour radioenvironementguinee.org

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