Audition de Dr Faya : Me Béa dénonce « un dossier plus politique que judiciaire »

L’audition du président du Bloc Libéral, Dr Faya Millimouno, et de ses partisans, Sâa Koundouno et madame Halimatou Baldé, s’est poursuivie ce mardi, 09 avril 2019, au Tribunal de Première Instance de Kaloum. Ils sont inculpés d’attroupement et de trouble à l’ordre public, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pour la journée de ce mardi, les opposants étaient accompagnés par leurs avocats, Me Abdoul Kabélé Camara, ancien ministre et président du parti RGD, Me Salifou Béavogui. L’audition des inculpés a duré pendant plus de trois heures.

A la sortie du bureau du juge d’instruction, maitre Salifou Béavogui, membre du collectif des avocats de la défense, s’est dit révolté de se retrouver devant la justice avec un dossier qui n’en valait pas la peine. « Le collectif des avocats s’insurge avec la dernière énergie contre cette procédure qui n’en était pas une. En réalité, on n’avait pas besoin de judiciariser ce dossier. On n’avait pas besoin de faire de ce dossier, un dossier de procédure parce qu’en réalité, juridiquement, il n’y a aucune infraction. Nous constatons qu’à travers ce dossier, on est en train de violer toutes les règles qui gouvernent ou qui encadrent les libertés publiques dans notre pays », soutient-il.

Pour maitre Béa, la Constitution guinéenne a régulé la vie en société en son article 7. « Chacun est libre de s’exprimer, de manifester et de diffuser ses idées par la parole, par l’écrit et par l’image. Tout ce qui a été reproché à nos clients, c’est d’avoir fait un sit-in avec des images exprimant leur opinion sur la fin de la mandature des députés à l’assemblée nationale. Donc, il n’y a ni crime, ni délit, ni contravention en cela. C’est ce qui justifie notre révolte », précise l’avocat.

Dans ce dossier, Me Salifou Béavogui pense avoir plutôt à faire à un dossier politique. « Nous pensons encore avoir entre nos mains un dossier beaucoup plus politique que judiciaire. Nous voulons que cela s’arrête. Il y a beaucoup d’autres choses à faire dans ce pays. La justice a beaucoup de choses à faire autre que des dossiers de ce genre. Des dossiers qui n’ont aucune espèce d’importance pour nous, si non que de continuer une fois de plus de saper les fondements de notre Etat de droit. »

D’ailleurs, l’avocat dénonce ce qu’il appelle le deux poids, deux mesures qui caractérise la justice guinéenne. Pour lui, ses clients qui ont manifesté leur opinion ne méritaient pas de se retrouver en justice. Au contraire, ce sont les agents de maintien d’ordre qui se sont permis de monter un tel dossier qui devraient être poursuivis pour entrave à la liberté d’opinion. « C’est à eux (les agents de maintien d’ordre : ndlr) qu’on devrait appliquer l’article 24 qui garanti l’exercice des libertés fondamentales ainsi que l’article 25 qui réprime l’entrave au droit de manifester. On a même renversé les choses. Mais, nous continuerons à nous battre pour le triomphe du droit dans notre pays », a-t-il promis.

Il faut rappeler que pour la journée de demain mercredi, 10 avril 2019, la cadence va continuer avec cette fois-ci Victor Kamano, Mamadou Adama Diallo et Aliou Traoré qui seront entendus par le juge d’instruction.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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