Comme annoncé précédemment, plusieurs élèves ont manifesté ce matin dans les rues de Kaloum, à l’occasion de la première journée de la grève générale et illimitée entamée ce mercredi, 10 avril 2019, par le SLECG. Les élèves disaient protester contre l’absence de leurs professeurs en classes, mais le DCE de cette commune estime qu’il s’agit de personnes manipulées, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui l’a rencontré.

La première journée de cette nouvelle grève appelée par le SLECG a fait ses effets palpables dans la commune de Kaloum. Plusieurs élèves, venus du collège Château d’Eau et des lycées 28 septembre et 02 octobre sont sortis protester contre l’absence de leurs professeurs en classes. Ils ont érigé des barricades à certains endroits du centre administratif et des affaires du pays, perturbant la circulation. Les forces de l’ordre ont dû s’employer pour dégager les lieux et libérer la circulation.

« Nous sommes sortis manifester pour réclamer nos droits parce que nous avons droit à l’éducation. Ce matin, on est venu rester jusqu’à 9 heures, les professeurs ont refusé catégoriquement d’entrer dans les salles de classes. Ils sont venus mais ils ont refusé d’entrer. Ils étaient dans la cour. Donc nous aussi, on est sorti pour réclamer notre droit parce que nous avons le droit à l’éducation », explique un des élèves manifestants.

Cet autre élève regrette l’attitude des forces de l’ordre à leur égard : « aujourd’hui, ça s’est mal passé, nous sommes très déçus parce que vouloir réclamer son droit et subir la violence, c’est quelque chose de très regrettable. On a voulu manifester mais des personnes qui manquent de civisme nous ont lancés du gaz lacrymogène. C’est très dommage », a-t-il dit.

Aboubacar Touré

Aboubacar Touré, le censeur du lycée 28 septembre, déplore aussi cette manifestation des élèves. Il indique que la plupart des professeurs programmés avaient pourtant répondu présent à son école ce matin. « Les professeurs ont répondu à l’appel et même certains élèves. Les enseignants, sur les 15 programmés, il y a eu 13 qui ont répondu à l’appel. En ce qui concerne l’encadrement, sur les 15 programmés, 15 ont répondu à l’appel.

Mais quelques temps après, les élèves sont venus du collège Château d’Eau pour attaquer nos élèves. C’est pourquoi, les élèves du collège sont sortis massivement dans la rue. Vous avez vu dans la cour, ils ont jeté suffisamment de cailloux dans la cour », a dit ce responsable éducatif.

De son côté, le Directeur Communal de l’Education (DCE) de Kaloum fustige une manipulation. Pour Ibrahima Yattara, cette grève ne concerne même pas le ministère de l’Education Nationale, mais plutôt celui de l’Enseignement Supérieur.

Ibrahima Yattara

« Cette grève du SLECG ne doit pas concerner le MENA (Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation) parce que tous les points du protocole d’accord ont été respectés par notre ministre. C’est un problème qui se trouvait entre eux et le ministère de l’Enseignement Supérieur et qui était au point même d’être résolu. On doit avoir des syndicats responsables. Il faut qu’on se débarrasse des revendications intempestives, des revendications non structurées, des revendications spontanées, et que les parents d’élèves assument leurs responsabilités. Nous, on ne veut même parler de ce problème de grève. Notre souci, c’est le rattrapage. Comment évaluer les élèves, comment préparer les candidats pour les examens futurs. Et, ça doit être le souci partagé de tous les parents d’élèves. La grève-là ne concerne nullement le ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation. C’est des groupuscules qui sont manipulés par des groupes, qui seront découverts très bientôt, qui ont pris l’habitude de venir perturber la quiétude dans nos établissements scolaires. C’est ce constat amer que nous avons eu ce matin », a-t-il confié.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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