L’occupation de la chaussée au marché ENCO 5, dans la commune de Ratoma, n’est plus qu’un lointain souvenir. Des murets ont été construits de part et d’autre de la Transversale par le ministère des Travaux Publics, maintenant les vendeuses loin de la chaussée. Une action saluée par de nombreux usagers de la route, mais déplorée par d’autres au regard de la réduction de leur marge de manœuvre, rapporte un reporter que Guineematin.com a dépêché sur les lieux.

A un moment donné, le marché d’ENCO 5 avait débordé pour prendre une grande partie de la chaussée. Piétons, vendeurs et automobilistes s’y côtoyaient dans une lenteur exaspérante avec tous les risques d’accident que cela comporte. Aujourd’hui, tout ce bazar n’est plus qu’un lointain souvenir.

Récemment, des murets ont été érigés sur les lieux pour « récupérer » la chaussée. D’une hauteur de plus d’un mètre, ces murets maintiennent piétons et vendeurs dans le périmètre qui leur est réservé.

Alhassane Sylla

De nombreux usagers de la route saluent cette initiative. C’est le cas d’Alhassane Sylla, chauffeur de taxi, qui dit que la construction de ce mur leur permet de circuler librement et d’éviter les accidents. « La construction de ces murs nous a beaucoup plu, parce qu’on souffrait énormément les soirées. Les vendeuses bloquaient la circulation, sortaient au beau milieu de la route pour revendre leurs marchandises. Mais, à l’heure actuelle, nous circulons librement, sans problème. La joie ne peut dépasser cela, nous n’avons pas peur des accidents maintenant. Ce que je peux demander à l’Etat, c’est d’aider les commerçants qui n’ont pas pu avoir de la place au marché, pour qu’ils puissent quitter dans cette souffrance », suggère le taximan.

Mamadou Barry

Abondant dans le même sens, Mamadou Barry a rappelé les difficultés du passé avant de se réjouir de cette action du ministère des TP. « Avant la construction des ces murets, on souffrait beaucoup avec les vendeuses. Elles s’installaient au beau milieu de la route pour faire leur commerce. Quand tu parles, elles t’insultent ou cherchent à se bagarrer avec toi… et quand tu stationnes au milieu de la route, ce sont les policiers qui viennent taper ta voiture. Maintenant que le gouvernement a pris une disposition par rapport à ça, vraiment nous sommes libres, car nous pouvons rester ici jusqu’à 19 heures sans aucun problème. Malgré la construction de ces murs, il y a certaines femmes qui insistaient à venir revendre ici, mais grâce aux autorités du marché, ils ont maîtrisé la situation », a dit l’automobiliste.

Mariama Camara

Par contre, madame Mariama Camara, vendeuse de poissons, regrette le fait qu’il n’y a plus de places à l’intérieur du marché. « La construction de ces murs est une bonne chose, car ça évite les accidents. Seulement, l’intérieur est restreint. Difficilement on parvient à circuler. Nous souffrons énormément, nous n’avons pas de place. Là où tu déposes ta marchandise on te dit de prendre et nous marchons sous le soleil pour revendre notre marchandise. Vraiment, que l’autorité nous aide à avoir de la place. C’est ici qu’on gagne de quoi nourrir notre famille et payer les frais de scolarité de nos enfants », a laissé entende la mère de famille.

Bountouraby Soumah

Même son de cloche chez Bountouraby Sylla, affectée elle aussi par cette mesure. «Vraiment, la construction de ce mur nous a plu, mais nous n’avons pas de place où revendre nos produits. Nous souffrons énormément ici pour les écouler nos marchandises, alors que c’est ici que nous trouvons de quoi vivre », a fait savoir la vendeuse de poissons.

Ismaël Diakité

Interrogé par notre reporter, le chef comptable du marché, Ismaël Diakité, a expliqué ce qui est entrain d’être fait pour éviter le retour des vendeuses sur la chaussée. « Notre réaction est très bonne. C’est pourquoi vous nous avez trouvé sur le terrain. Chaque matin, on met un dispositif sur le terrain, du rond point jusqu’à la plaque de Sangoyah pour empêcher les marchandes de franchir le mur. Et, quiconque qui sera pris, sur ordre du gouverneur Mathurin Bangoura, sa marchandise ne sera plus rendue. Donc, c’est un sentiment de satisfaction et la population l’a compris. Elles ont promis fermement qu’elles vont quitter. Tout ce qu’elles demandent, c’est les rentrées, parce qu’on a mis les murs de telle sorte qu’il n’y a pas de rentée ».

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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