La mosquée Sultan Ottoman Abdoul Hamid II, construite par les Turcs, à quelques pas du rond-point de Bambéto, dans la commune de Ratoma, cohabite avec une montagne d’ordures, au grand dam des fidèles et riverains des lieux. En plus de l’odeur nauséabonde qui caractérise les lieux, une fumée nocive se dégage là de jour comme de nuit, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La mosquée dont il s’agit, construite par les Turc, est d’une capacité d’accueil est de 7 000 places. A côté de maison de Dieu, se trouve placée une montagne d’ordures qui dégage de la fumée à tout moment. Les fidèles musulmans et autres riverains du dépotoir sont plus que jamais exposés.

Lamine Camara

Mohamed Lamine Camara, mécanicien de son état, cohabite pratiquement avec les ordures. Pour lui, voir ces ordures et la fumée à côté de cette grande mosquée est une honte pour la Guinée. « Si Dieu a fait qu’une telle mosquée est construite ici par le concours du gouvernement, alors on devrait tout faire pour assainir ses alentours. Ces ordures ne devraient pas rester ici, c’est une honte pour la Guinée. Les fidèles musulmans qui fréquentent cette mosquée ainsi que nous qui travaillons à côté de ces ordures, nous souffrons énormément. Cette fumée que voyez-là, dans laquelle nous sommes, elle nous tue petit à petit. La journée tout comme la nuit, nous sommes envahis par cette fumée. Ça nous rend malades. Mais nous, nous sommes des travailleurs. Nous, nous pouvons quitter mais la mosquée non. Les fidèles viendront toujours s’acquitter de leurs devoirs et même si c’est à cause de ça, les ordures là doivent quitter ici. L’islam c’est la propreté. La santé, c’est la propreté. Donc, nous prions le gouvernement de nous aider afin que ces ordures là soient enlevées ici », plaide le garagiste.

Par ailleurs, Mohamed Lamine Camara a fait savoir que ce dépotoir d’ordures provoque des disputes entre les citoyens. « Sans parler du problème de fumée et de la mauvaise odeur qui se dégagent de ces ordures, des gens viennent se bagarrer chaque jour ici. Beaucoup vivent dans cette fumée. Il y a de groupes de gens qui se bagarrent chaque jour ici. L’un cherche des caoutchoucs, l’autre de la ferraille. Le premier groupe ne trouve à manger que quand il ramasse les caoutchoucs. Il ne veut pas qu’on brûle les ordures. Le deuxième gagne sa vie en ramassant la ferraille. Il veut toujours que les ordures soient brûlées. Donc ce sont les deux groupes qui sont là. Et, nous, c’est la fumée nous avons la fumée et la mauvaise odeur », déplore le mécanicien.

Une vendeuse d’habits, également riveraine des lieux, a évoqué les difficultés qu’elle éprouve en ce moment. « Vraiment, nous souffrons énormément ici. Nous avons des difficultés de respirer ici. Pendant toute la journée, nous sommes dans cette fumée qui nous donne des maladies et salit nos habits. Nous demandons à tout le monde de nous aider à enlever ces ordures ici parce que même l’argent qu’on gagne avec nos habits là ne suffit pas pour soigner les maladies qu’on contracte avec la fumée là », a lancé la jeune vendeuse.

Ramadan Barry

Même son de cloche chez Ramadan Barry dont la boutique se trouve non loin des ordures. « Je suis très content de vous voir ici puisque nous, on ne sait plus quoi faire maintenant pour ces ordures là. La fumée est trop. Moi-même, je suis allé voir les conseillers de cette mosquée à propos de cette fumée. Ils m’ont dit qu’ils ont écrit au gouverneur, mais ce dernier leur a dit que la poubelle n’a de la place qu’ici pour le moment. Donc, nous prions Dieu qu’il nous aide afin que ces ordures soient enlevées d’ici… On a de la peine à respirer ici, même si on rentre à la maison. C’est vraiment très difficile », se lamente le vendeur de friperie.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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