Longtemps à la mode, la photographie fait face aujourd’hui à une concurrence rude des nouvelles technologies. Avec l’arrivée des Smartphones, la clientèle a fortement baissé du fait que bon nombre de personnes ne fréquentent plus les studios pour prendre des photos. Une situation qui ne permet pas aux photographes de se faire un chiffre d’affaires conséquent, désormais contraints à s’adapter. A Conakry, nombre de photographes, rencontrés hier, jeudi 11 avril 2019, par un reporter de Guineematin.com, ont exprimé leurs difficultés.

La science et les comportements évoluent sans cesse et bousculent les habitudes. L’arrivée des Smartphones ne fait pas l’affaire des photographes, réduits à constater les dégâts. Plusieurs citoyens préfèrent les images prises par leurs propres téléphones lors des cérémonies de mariage, baptême et autres.

Amdou Barry

Thierno Amadou Barry, photographe à Cosa, dans la commune de Ratoma, confirme que l’arrivée des nouvelles technologies rend le travail des photographes difficile. « Nous rencontrons des difficultés dans les cérémonies de baptême, de mariage. Les gens ne viennent plus prendre des photos simples dans le studio comme ils le faisaient avant. Mais quand même, on parvient à satisfaire nos besoins », dit-il.

Mamadou Baïlo Diallo

Abondant dans le même sens, Mamadou Baïlo Diallo, photographe depuis plus de vingt ans, reconnait qu’ils sont mis à rude épreuve par les nouvelles technologies. « L’arrivée des téléphones performants a causé une rupture à notre activité. Quand tu vas dans une cérémonie, tu vas voir que l’organisateur de la cérémonie détient un téléphone de haute performance. Il te dira qu’il préfère prendre les images avec son téléphone car selon lui, il peut avoir les mêmes images comme nous et pourtant ce n’est pas vrai. L’image du téléphone est nettement différente de l’image produite par un appareil photographique », soutient monsieur Diallo.

Outre l’arrivée des Smartphones qui joue sur la photographie, Mamadou Baïlo Diallo évoque une autre raison, d’ordre religieux. « Les wahhabites disent que la photo n’est pas bonne, que la photo c’est du haram (péché). Ils disent que quand tu prends la photo, tu vas y mettre une âme à l’au-delà. C’est une manière d’effrayer les photographes pour qu’ils laissent la photographie, de laisser cette activité là et faire une autre. Selon ces intégristes, quand tu prends la photo, tu auras des problèmes à l’au-delà. Parce que selon eux, tu seras obligé de mettre une âme sur chaque photo prise. Cela a contribué aussi à la diminution de la photo. Si c’était seulement l’arrivée des Smartphones, on allait chercher à nous performer pour résister à la concurrence. On a deux adversaires, non seulement les wahhabites mais aussi l’arrivée des téléphones performants. C’est ces deux adversaires qui font que la photo ne marche plus comme avant », regrette-t-il.

Billo Bah

Même si les conséquences ne sont pas pareilles, les gérants de labos, qui font partie de la chaine, ne sont pas épargnés par cette concurrence. Billo Bah du Labo Sir confirme cette tendance. « Nous, nous avons des clients qui viennent et qui sont constants. Nous aussi, nous rencontrons un peu de problèmes suite à l’arrivée des Smartphones. Mais, cela ne nous empêche pas de travailler. Toutefois, la demande a diminué contrairement aux dix dernières années », reconnait-il.

Malgré cette concurrence née de l’apparition des Smartphones, plusieurs photographes soutiennent que la photographie, qui a existé durant des années, va continuer son chemin…

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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