Paul Moussa Diawara, condamné à 5 ans de prison pour le détournement d’environ 40 milliards à l’OGP

Comme annoncé précédemment, Paul Moussa Diawara, ancien DG de l’Office Guinéen de Publicité (OGP), et son comptable, Inza Bayo, ont été condamnés à 5 ans d’emprisonnement ferme pour détournement de fonds publics et complicité au tribunal correctionnel de Kaloum. Si l’un des avocats de l’Etat a exulté à l’énoncé du verdict, ceux des deux cadres confondus ont par contre exprimé leur tristesse devant le verdict, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le juge a eu la main lourde dans ce dossier. En plus des 5 ans de privation de liberté pour les deux acolytes, ils devront payer une amende de 50 millions de francs guinéens.

Par ailleurs, sur l’action civile, Paul Moussa Diawara et Inza Bayo sont solidairement condamnés au payement de la somme de 39 milliards 679 millions 27 milles 698 francs guinéens. Ils devront également payer des dommages et intérêts s’élevant à 09 milliards 479 millions 956 milles 423 francs guinéens.

En outre, le tribunal a ordonné la confiscation de leurs biens et ordonné l’exécution provisoire de cette décision à hauteur du quart du montant de la condamnation.

A l’énoncé de cette décision, maitre Salifou Béavogui, avocat de Paul Moussa Diawara, a dit sa tristesse tout en promettant d’interjeter appel.

Me Salif Béavogui

« Une fois encore, je suis attristé de voir un innocent condamné, conduit en prison pour des infractions dont il ne s’est pas rendu coupable. L’OGP était une société qui était dans le trou, qui n’était pas connue et qui était ignorée. Evidemment, c’est une régie financière de l’Etat. Monsieur Paul Moussa Diawara, fraîchement rentré de l’extérieur du pays, regorgeant de capacités intellectuelles, a été nommé directeur général de l’OGP. Il a redynamisé le service, il a créé les conditions, il a employé beaucoup de jeunes. Cela même est reconnu dans le rapport. C’est l’un des directeurs d’une régie financière de l’Etat qui a employé plus de travailleurs. Il a contraint les sociétés qui étaient redevables devant l’Etat en termes de taxe publicitaire pour les amener à payer. J’ai envie d’avoir des larmes, je suis très touché. Il a organisé des stages à l’extérieur pour que l’OGP de la Guinée soit comme l’OGP de la Côte d’Ivoire, comme l’OGP du Sénégal. Parallèlement à la redynamisation de ce secteur, il a mené des activités politiques. Il faut reconnaitre que c’est un jeune brillant, un grand journaliste et qui a fait de très hautes études à l’extérieur. Donc, il a mené des activités politiques pour même le parti au pouvoir. Il a eu le succès, il commençait à être gênant, il commençait à être encombrant, si non ce n’est pas le seul qui gère les biens de l’Etat. Bref, il avait commencé à prendre de l’envol et chez nous, dès que vous prenez de l’envol, on vous écrase. Donc, aussitôt, les machines du mal se sont mises en branle, on a monté ce dossier contre lui et on l’a amené au tribunal. Il n’a détourné aucun franc de l’Etat. Au contraire, c’est lui qui a travaillé pour l’Etat, c’est lui qui a investi pour l’Etat, c’est lui qui a tout donné à l’Etat dans cette affaire. Mais, les enquêtes n’ont pas été menées comme elles devaient être faites. Aujourd’hui, les plus forts ont remporté, ce n’est pas le droit qui a été dit parce que mon client, tout au long de cette procédure, n’a rien reconnu. Nous avons dénoncé la procédure, nous avons dénoncé le fait que le rapport a été établi par l’inspection d’Etat qui n’a pas qualité d’intervenir dans une société anonyme. Le dossier comporte autant d’irrégularités de forme que de fond. On va poursuivre l’audience et je relève appel », a martelé maitre Béa.

Me Lancinet Sylla

Par contre, maître Lancinet Sylla, un des avocats de la partie civile, a dit sa satisfaction. « C’est le sentiment de justice. Le droit vient d’être dit et Paul Moussa Diawara a pris tout son temps pour tirer ce procès-là en longueur. Il a pris tout son temps pour ne pas que le droit soit dit et aujourd’hui, le droit a été proclamé à travers la sentence qui vient d’être prononcée. Je crois que cela sonne désormais comme le glas pour le détournement des deniers publics. Désormais, tous ceux qui sont à la charge des régies financières doivent comprendre que l’impunité n’est plus à l’ordre du jour. Nous sommes dans un Etat de droit, les voies de recours sont ouvertes à une partie perdante. Donc, il est tout à fait du droit des condamnés d’exercer les voies de recours qui leur sont ouvertes par la loi ».

Propos recueillis par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 32

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