Comme nous l’annoncions précédemment, une importante quantité de coton prêt à être vendu est abandonnée depuis plusieurs mois dans l’enceinte de l’usine du projet coton de Kankan. Ces balles de coton ont tellement duré sur les lieux que beaucoup pensaient qu’ils ne sont plus récupérables. Mais, le ministère de l’agriculture a fait venir un expert malien pour vérifier l’état de ce coton. Et, son constat est plutôt satisfaisant, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Kankan.

L’abandon de ces 868 tonnes de coton d’une valeur estimée à 12 milliards de francs guinéens, est dû à un manque de moyen de transport. Cette situation avait irrité les travailleurs de l’usine de coton, qui ont déclenché une grève le 10 septembre 2018, puis une autre le 21 janvier 2019. Suite à la récente visite de la ministre de l’agriculture sur les lieux, un expert malien, engagé par le département, est arrivé sur place pour vérifier l’état de ce coton et savoir s’il peut être récupérable.

Siri Goïta

Après son constat, Siri Goïta indique qu’une bonne partie de ce coton est récupérable. « Pour chaque balle, j’évalue la quantité de fibre dégradée au niveau de la balle. Et lorsque j’évalue cette quantité, je mets le pourcentage sur la balle. Par exemple, cette balle que vous avez devant vous ici, on a 30% de fibre avariée au niveau de cette balle, cela veut dire que les 70% de cette balle sont récupérables. Pour que la fibre soit commercialisable et qu’elle ait un prix sur le marché international, il y a d’abord la classe qui est la qualité, il y a aussi un facteur très important, c’est la longueur », a-t-il expliqué.

Selon lui, le reconditionnement de l’ensemble des balles avariées prendra environ un mois. « Quand je faisais le déplacement pour venir en Guinée, je me suis dit que je peux terminer en 15 jours. Mais vous savez, on est venu trouver la réalité sur le terrain, donc l’expertise sera de 25 à 30 jours. Je remercie d’ailleurs la société qui a mis un agent à ma disposition. Imaginez, il faut d’abord examiner la balle, il faut faire le marquage de la balle, il faut aussi regrouper les balles par lot, donc ça prend du temps », a indiqué l’expert malien.

Mais, pour réussir sa mission, Siri Goïta sollicite surtout le soutien de la direction de l’usine. « J’ai une inquiétude, parce que je ne veux pas faire un travail qui, au bout du rouleau, tombe dans l’eau. Quand j’ai vu le vent souffler ce matin, j’ai senti que la pluie n’est plus loin, j’ai dit à mon collègue que je suis inquiet. Donc, on a surtout besoin de l’assistance de la direction qui doit mettre les moyens à notre niveau pour qu’on puisse faire ce travail en un laps de temps. Et, chaque fois qu’on finit le travail, les balles doivent être protégés pour qu’on ait un résultat escompté », a-t-il laissé entendre.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : 00 224 627 24 13 24

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