Les premières audiences criminelles de l’histoire de Macenta ont été ouvertes hier, lundi 15 avril 2019, dans la ville. 55 dossiers criminels seront jugés au cours de ces audiences. Présidée par l’avocat général près la cour d’appel de Kankan, la cérémonie d’ouverture officielle a connu une forte mobilisation, a constaté sur place le correspondant de Guineematin.com basé à N’zérékoré.

Outre les autorités administratives et communales de Macenta, des officiers de police judiciaire, des défenseurs des droits de l’Homme, le patriarche et de nombreux citoyens de la commune urbaine ont pris part à cette cérémonie, première du genre dans la ville. Une occasion mise à profit par l’avocat général près la cour d’appel de Kankan pour expliquer comment en est-on arrivé là.

Me Ousmane Sané

Selon Me Ousmane Sané, si des audiences criminelles se tiennent désormais à Macenta, c’est pour bien de raisons. « Le choix de Macenta pour devenir un tribunal de première instance n’est pas fortuit. Il a été tenu compte de plusieurs facteurs. D’abord, vous retiendrez que c’est une façon de rapprocher la justice des justiciables. Deuxièmement, permettre la réduction des longues durées de la préventive où des prévenus passaient des années en prison sans pour autant être jugés. Il arrivait même des fois que des suspects ou bien des accusés meurent en prison avant l’examen de leurs dossiers. Des victimes aussi mouraient avant de voir leurs dossiers examinés. Le troisième aspect des avantages de ces réformes est purement économique. Parce que les affaires criminelles qui se sont passées à Macenta devaient être jugés à la cour d’appel de Kankan. Cela nécessitait d’énormes frais aux populations. Dire aux citoyens de partir jusqu’à Kankan afin de répondre à l’examen de leur dossier alors que les faits se sont déroulés à Macenta, où vivent les témoins, les victimes et les accusés, cela pouvait engendrer des dépenses énormes. C’est pourquoi, le ministère de la justice a décidé de rapprocher la justice des justiciables », a expliqué l’avocat général.

Abdoulaye Babady Camara

Prenant la parole, Abdoulaye Babady Camara, procureur de la République près le tribunal de première instance de Macenta, a salué le travail des officiers de police judiciaire avant de les rassurer que leurs efforts ne seront pas vains. « Je veux rendre un hommage mérité à nos forces de défense et de sécurité, et leur dire que le ministère public veille à ce que le présent tribunal criminel veuille récompenser leurs efforts, en infligeant des sanctions exemplaires à ceux accusés qui seront reconnus coupables », a-t-il promis.

L’empereur des poursuites a invité aussi la population de Macenta à venir assister à ces audiences pour savoir comment les choses se passent. « La population de Macenta a, par ces audiences, l’occasion de s’approcher et de toucher du doigt la réalité du fonctionnement de la justice. Elle aura l’occasion de suivre de près les débats contradictoires qui seront alimentés par le ministère public, les victimes et leurs conseillers d’une part, et les accusés et leurs conseillers d’autre part.

Ce genre de débat vise à éviter l’arbitraire et à contribuer à ce que les véritables coupables soient les seuls à être condamnés. Cette finalité ne saurait être atteinte sans un climat de paix et de sérénité. C’est pourquoi, j’invite les populations à la retenue et à la sérénité tout au long de ces audiences criminelles », a lancé Abdoulaye Babady Camara.

Gnènègo Guilavogui

Présent à la cérémonie, le maire de la commune urbaine de Macenta, Gnènègo Guilavogui, a exprimé sa satisfaction de voir, enfin, les affaires criminelles être jugées dans sa juridiction. « C’est un ouf de soulagement pour moi. Parce que partout où il y a l’impunité, il n’y a pas la paix. A partir du moment où ces audiences criminelles qui tiennent à Macenta, et devant toute la population de Macenta, je crois que ça sera un exemple pour tous ceux qui seraient tentés de commettre des crimes, les gens pourraient se ressaisir.

Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans l’anarchie, parce que partout quand il n’y a pas de paix, il n’y aura pas de développement. Donc pour parler du développement, il faut d’abord parler de la paix. Et à partir de l’instant, tous les accusés seront jugés devant leurs avocats, et je suis sûr et certain que la loi sera dite », a dit le maire de Macenta.

A noter que les 55 affaires criminelles qui sont au programme de ces audiences, sont des cas de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, incendie volontaire, meurtre et complicité, association de malfaiteurs, détention et consommation de chanvre indien, assassinat et complicité, et viol.

De retour de Macenta, Foromo Gbouo LAMAH pour Guineematin.com

Tél : +224620166816/666890877

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