L’ancien président soudanais, Oumar El-Béchir, renversé par l’armée, a été transféré dans la nuit d’hier à aujourd’hui, mercredi 17 avril 2019, dans une prison de Khartoum, a appris Guineematin.com d’une dépêche de l’agence France presse, qui a cité un proche de l’ancien chef de l’État.

Âgé de 75 ans (Alpha Condé en a 81, officiellement), Oumar El-Béchir a été renversé par l’Armée le 11 avril dernier sous la pression de la rue, après trente années à la tête de l’Etat soudanais.

Quid de la Guinée d’Alpha Condé ?

En République de Guinée, aucun ancien président n’a été interpellé. Pas puisqu’ils n’ont jamais commis de crimes… Les deux premiers à diriger le pays (Sékou Touré, de 1958 à 1984 et Lansana Conté, de 1984 à 2008) sont morts au pouvoir. Et, les deux autres (Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté) qui se sont succédé au cours de la transition militaire (entre 2008 et 2010) sont exilés.

A la tête de la République de Guinée depuis 2010, le cinquième dirigeant de notre pays a été le seul à avoir le pouvoir suite à une compétition électorale. Et, c’est aussi le seul à trouver une Constitution qui avait préalablement verrouillé le mandat pour tout chef d’Etat de la Guinée à cinq ans renouvelable une seule fois (donc à un maximum de dix ans).

Après la mort du premier dictateur de la Guinée, Sékou Touré à Cleveland (aux Etats-Unis), le 26 mars 1984, l’armée guinéenne avait attendu une semaine pour décider de faire son coup d’Etat. Lansana Conté qui avait ainsi ramassé le pouvoir dans la rue, le 03 avril 1984, avait lui-même impulsé et fait voter une nouvelle constitution en 1990, légalisant ainsi le multipartisme intégral. C’est cette Loi Fondamentale que le deuxième dictateur de la Guinée avait fait modifier en organisant un référendum contesté le 11 novembre 2001. Cette situation est donc totalement différente de celle actuelle où Sékouba Konaté a « volontairement » remis les armoiries de la République à un nouveau président « démocratiquement élu »…

Pourtant, depuis quelques temps, le président Alpha Condé fait penser qu’il ne quittera pas à l’issue de ses deux mandats légaux, malgré le verrou constitutionnel, qui ne visait pas sa personne… Aujourd’hui, si la majorité du peuple de Guinée lui demande de respecter la Constitution en quittant le pouvoir après son deuxième et dernier mandat, en 2020, quelques proches du pouvoir ne souhaitent surtout pas perdre les opportunités qu’ils ont actuellement de sucer les maigres économies du pays.

A coût de plusieurs millions détournés des caisses de l’Etat, ces anticonstitutionnels manipulent certains citoyens pour faire passer une possibilité de changer (ou modifier) la Constitution afin de laisser le président Alpha Condé au pouvoir jusqu’à la fin de ses jours. On doit le laisser, lui aussi, mourir au pouvoir comme Sékou Touré et Lansana Conté, avait dit à N’zérékoré Bangaly Kourouma, ancien Directeur Général de la police, qui a finalement été promu conseiller à la présidence de la République avec rang de ministre…

D’autres promoteurs d’un troisième mandat ou de la présidence à vie pour Alpha Condé ont leurs arguments pour se faire nommer ou simplement dans l’espoir de continuer à tirer profit de leur proximité avec Sékhoutouréya. Mais, le peuple de Guinée les laissera-t-il faire ?

Comme dirait l’autre, refusant même de regarder ce qui se passe à côté, ceux qui veulent violer la Constitution guinéenne et imposer une troisième dictature dans notre cher pays vont droit dans le mur ; et, en plus, ils klaxonnent…

Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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