Comme annoncé hier, les travailleurs de la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie de Guinée (BICIGUI) ont entamé une grève générale et illimitée ce jeudi, 18 avril 2019. Ils ont boudé le travail pour protester contre le refus de leur Direction Générale de satisfaire leurs revendications au titre de l’année 2019. Et, cette situation a causé des désagréments à beaucoup de clients de la multinationale bancaire, qui n’étaient pas au courant de cette grève.

Les travailleurs ont attendu jusqu’à hier, mercredi, pour annoncer qu’ils iront en grève à partir de ce jeudi. Beaucoup de clients, à l’image de Mamadou Dian Baldé, n’étaient pas informés de cette décision. Cet enseignant s’est rendu à l’agence de la BICIGUI de Kipé, ce jeudi matin, pour faire un retrait. Mais, il a trouvé les locaux fermés.

Mamadou Dian Baldé

« Je suis d’abord surpris. On devrait prévenir les clients pour dire qu’ils sont en phase d’aller en grève. Là où je suis, je suis fauché et je ne sais pas comment me remettre. C’est vrai que si les travailleurs se sentent brimés ou lésés dans leurs activités, c’est leur droit d’aller en grève. Seulement, il fallait communiquer largement pour éviter l’effet surprise au niveau des clients. C’est pourquoi, je demande aux travailleurs et à leur patron de s’entendre et de comprendre la misère de la population. Il ne faut pas qu’ils pensent seulement à leur intérêt », a-t-il dit.

Ousmane Diallo, ingénieur Génie civile, trouvé devant le guichet automatique de la BICIGUI de Donka, a subi aussi les conséquences de cette grève. Il dit avoir perdu sa journée. « Je suis venu à la banque pour un service très urgent pour moi. Mais, fort malheureusement, je constate que les travailleurs sont en grève. Je suis touché comme les autres clients qui viennent parce que tout est bloqué. Disons que j’ai perdu ma journée parce que je ne pourrai plus rien faire aujourd’hui. On espère que dans les heures qui vont suivre, ils trouveront une solution à la crise », espère-t-il.

Ibrahima Camara

Même son de cloche chez Ibrahima Camara, enseignant, rencontré devant l’agence de la BICIGUI de Sandervalia, dans la commune de Kaloum. Lui aussi, trouve anormale la décision des grévistes. « Ça me fait mal parce qu’on ne peut pas aller grève tout d’un coup sans informer sa clientèle. Surtout que la plupart des fonctionnaires guinéens ont leur salaire viré à la BICIGUI. Ils attendent l’approche de la fin du mois d’avril pour partir en grève. Ce n’est pas une bonne chose. Je demande à chacun de reprendre immédiatement le service », a-t-il lancé.

Sékou Fofana

Sékou Fofana, en service au Port Autonome de Conakry, a été surpris aussi de trouver l’agence de la BICIGUI de Sandervalia, dans la commune de Kaloum, fermée ce jeudi matin. Pour lui, les travailleurs devaient informer les clients de la Banque avant d’aller en grève. « Devant des situations de ce genre, il faut donner des larges informations à la clientèle. Ils pouvaient faire au moins un écrit pour coller à la devanture de la Banque pour indiquer qu’ils vont en grève. Mais ici, il n’y a aucune information.

Ça nous pénalise et on ne veut pas que la grève dure jusqu’à la fin du mois. Les autorités doivent s’impliquer pour que les grévistes et leurs patrons puissent trouver un terrain d’entente. Nous sommes fatigués des grèves à répétition dans notre pays. Ces mouvements paralysent le pays et le travail. Il y a par exemple des gens qui souffrent dans les hôpitaux, et avec cette grève, ils n’ont pas d’argent pour payer leurs produits. Comment vont-ils faire ? C’est vraiment difficile », déplore-t-il.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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