Fodé Bocar Kaba, représentant de la famille déguerpie

Un conflit domanial oppose depuis des années les membres d’une même famille au quartier Cameroun, dans la commune de Dixinn. La descente sur les lieux d’agents de la police pour décoiffer le bâtiment a créé la panique hier, vendredi 19 avril 2019. Selon nos informations, c’est une certaine Hadja Djelikhan Kaba, cohéritière du domaine, qui aurait envoyé les agents pour faire déguerpir les autres membres de la famille, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Tôt ce matin, des policiers de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) n° 1 de la Camayenne ont investi la concession pour déloger les occupants. Le toit a été décoiffé, les portes et fenêtre enlevées.

Fodé Bocar Kaba

Pour Fodé Bocar Kaba, un des occupants de la concession litigieuse, cette affaire date de plusieurs années. « Ça, c’est un conflit qui ne date pas d’aujourd’hui. Le quartier Cameroun que vous voyez là, c’est une cité de recasement. C’est les habitants de Coronthie qui sont recasés ici. C’est quand ils ont voulu l’extension de la ville de Conakry que ceux qui habitaient à Coronthie ont été recasés ici. Cameroun est une cité qui était déjà construite. Donc, le coin n’a été ni vendu, ni acheté. C’est un lieu de recasement. Mais, ceux dont les parents sont décédés, les premiers fils ont représenté la famille. Il y a les textes même, régis par les colons et il y a un plan cadastral pour l’ensemble de tout Cameroun. Il n’y a pas de titre foncier. Ainsi, tout le monde est resté en harmonie jusqu’à ces derniers temps. Puis, notre grande sœur, Hadja Djelikhan, dont le papa, Lansana Kaba, est le premier fils et représentant de la famille, a saisi l’occasion pour faire de la concession sa propriété alors que ce n’est pas pour elle. Elle a manigancé cette affaire là au niveau de la Cour Suprême à l’absence de notre avocat. Ils ont dit que nous on a tort parce qu’on n’a pas déposé le mémoire à temps. Nous avons fait un recours au niveau du ministre de la justice, Maitre Check Sacko, il a fait annuler la procédure comme quoi il y a un abus de jugement sur le dossier. Actuellement, le dossier est pendant au niveau de la Cour Suprême. Maintenant, comme elle a tiré des sous avec les nantis, elle ne peut pas s’expliquer, elle a bondi sur nous pour faire de la concession sa propriété. Moi, je préfère aujourd’hui que ce domaine soit saisi par l’Etat et qu’il y ait un jugement au fond. Parce que, c’est les colons qui ont octroyé ce terrain et une seule personne parmi nous veut faire de ça sa propriété. Les dossiers sont attribués à son papa alors que son papa et mon papa sont de même père, même mère. Où est la part de mon papa alors ? », s’interroge Fodé Bocar Kaba.

De son coté, la petite sœur de Hadja Djelikhan Kaba, qui s’occupe du dossier, dit n’avoir pas vendu le domaine. Mais, Kadiatou Camara confirme avoir envoyé la police pour dégager la famille. « La maison n’est pas vendue. Pourquoi la maison n’est pas vendue, on ne peut pas vendre une maison si les gens sont dedans. Cette famille dont il s’agit, ce sont nos petits frères. Mais, la maison là appartient à Djelikhan Kaba. Elle a appelé ses petits frères dans son salon ici. Il leur a dit, je ne peux pas vous faire du mal. Nous savons que vous et moi la concession appartient à mon père. Quittez là-bas, nous allons vendre, je vous donne votre part. Les enfants ont dit, si vous vendez, vous partagez en deux. La grande sœur a dit non, la concession appartient à mon père. Je vends et je vous donne de l’argent, vous allez acheter des domaines ailleurs. Ils n’ont pas accepté. Ils ont porté plainte contre leur sœur au tribunal de Conakry 1. Etant donné qu’elle ne peut pas marcher, elle est vieille, c’est moi sa petite sœur qui suis venue de Dakar avec mon avocat, maitre Dinah Sampil, on a fait le tribunal de Dixinn, on a gagné le procès. Ils nous ont encore à la cour d’appel. Il y avait Moundjour Cherif, là-bas aussi on a débattu et on a gagné. On a été à la Cour d’Appel, on a gagné le procès. Depuis 2017, ils refusent de quitter. On a amené une première fois l’escadron numéro 1 d’Hamdallaye, ils n’ont pas quitté. On a fait une exécution avec le même escadron, ils ont refusé. C’est pourquoi, cette fois-ci, on a pris le dossier de Dixinn, de la Cour d’Appel et de la Cour Suprême, on est allé voir le Procureur Général avec tous les documents. Il nous a donné feu vert en nous renvoyant au tribunal de Mafanco. C’est pourquoi, cette fois-ci, on a pris la CMIS de Camayenne pour aller les déguerpir », a fait savoir Kadiatou Camara.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel : 666919225/ 622919225

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