Elhadj Abdourahmane Diallo, Directeur Général Adjoint de l’agence Arrahma Voyage

Les inscriptions des candidats au hajj de cette année ont été officiellement ouvertes le mercredi, 17 avril 2019, en Guinée. Cela, suite à la fixation du tarif du pèlerinage par les autorités religieuses de notre pays. Ce tarif justement, fixé à 43 millions de francs guinéens, a suscité un débat à Conakry où certains ont dénoncé l’augmentation du coût du pèlerinage.

Mais, Elhadj Abdourahmane Diallo, le Directeur Général Adjoint de l’agence Arrahma Voyage qui évolue dans le transport des pèlerins à la Mecque, lui, dit comprendre cette augmentation. Pour lui, elle pourrait se justifier par la dévaluation du franc guinéen par rapport au dollar. Il l’a dit au cours d’une interview qu’il a accordée à Guineematin.com, le mercredi dernier, 17 avril. On a abordé aussi d’autres questions liées aux préparatifs et à l’organisation du hajj.

Décryptage !

Guineematin.com : les autorités religieuses de notre pays ont fixé le coût du hajj de cette année à 43 millions de francs, soit une augmentation de 1 million 700 mille francs par rapport à l’année dernière. Certains ont dénoncé ce tarif. Comment vous, vous l’avez accueilli ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : l’augmentation là, personnellement, j’ai fait un calcul et au bout du compte, je pense que c’est dû à la chute du franc guinéen par rapport au dollar. L’année dernière, avec les cambistes, 100 dollars s’échangeaient contre 930 mille francs guinéens, alors que cette année, les 100 dollars coûtent 950 mille francs guinéens. Donc, j’ai suivi les réactions par rapport à ça et je crois que cela est dû à un manque d’explications de la part du gouvernement. Le gouvernement devrait expliquer aux gens.

Guineematin.com : donc pour vous, ce tarif est raisonnable ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : Quand tu calcules, le coût du hajj n’a jamais dépassé les 4 500 dollars. Mais, s’il arrive que le franc guinéen chute par rapport au dollar, il va s’en dire que pour les Guinéens, les frais vont augmenter. Mais, le gouvernement devrait donner des explications là-dessus pour que les gens soient bien situés. Moi, j’ai fait les calculs hier, j’ai trouvé que c’est la montée du dollar par rapport à notre monnaie qui a fait que le tarif est allé jusqu’à 43 millions de francs guinéens.

Guineematin.com : les inscriptions ont été officiellement lancées. Est-ce qu’elles ont commencé chez vous ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : chez nous, bien avant qu’on ne fixe le tarif, on avait déjà des candidats au pèlerinage qui sont inscrits. On leur avait dit de payer l’ancien tarif en attendant. Le moment venu, on verra s’il y a diminution, on leur restitue et s’il y a augmentation, ils vont augmenter.

Guineematin.com : l’année dernière, il y a eu des dysfonctionnement dans l’organisation du hajj. Que comptez-vous faire cette année pour éviter ces mêmes problèmes cette année ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : vous savez, l’organisation du hajj, ce n’est pas au niveau des agences privées de voyage, c’est la ligue qui l’organise. Donc, les dysfonctionnements qu’on constate, ça incombe à la ligue. La ligue peut par exemple, programmer un avion de 288 pèlerins, les pèlerins de la ligue. On arrive dans la salle, on trouve qu’il n’y a pas plus de 100 pèlerins qui sont présents. Donc certains avions peuvent partir sans être remplis.

Le lendemain, il se trouve que ce sont les pèlerins d’une agence privée qui sont programmés. Mais, ceux qui devaient partir la veille au compte de la ligue et qui n’étaient pas venus, viennent s’ajouter à ceux qui sont programmés ce jour. La ligue décide donc de reporter le voyage des pèlerins de l’agence privée pour envoyer ses propres pèlerins. C’est comme ça que les perturbations commencent au niveau des voyages.

Guineematin.com : quel est le rapport qui existe entre vous agences privées et la ligue ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : le rapport entre les agences privées et la ligue, c’est que la ligue va aller négocier avec le gouvernement saoudien, ils décident du quota, le nombre de pèlerins que la Guinée doit envoyer. Après, la ligue revient repartir ce quota entre elle et les agences privées. Quand elle partage ça, il y a des frais qu’on doit calculer pour dire chaque pèlerin doit verser tel montant à la banque centrale. Donc, on travaille ensemble mais c’est elle qui contrôle le haj.

Guineematin.com : puisque nous sommes à la phase des inscriptions, dites aux candidats au pèlerinage pourquoi ils doivent choisir l’agence Arrahma Voyage, qu’est-ce que vous leur proposer ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : nous leur garantissons qu’ils ne regretteront de s’inscrire chez nous. Parce que nous allons les satisfaire non seulement ici mais aussi quand nous arriverons sur les lieux du pèlerinage. Ici d’abord, il y a des préparatifs à faire avant le départ, notamment des séances de formation sur ce qui va être dit et fait pendant le hajj. On leur apprend comment bien faire le hajj. Et quand nous serons là-bas, nous nous occuperons bien d’eux en les suivant et en les aidant partout où ils seront.

C’est pourquoi chez nous à l’agence Arrahma, on ne se préoccupe pas de si on va aller les premiers ou les derniers. Ce qui nous préoccupe, c’est comment bien faire le hajj. Ce qui préoccupe beaucoup d’autres, c’est comment aller au premier ou au deuxième convoi. Par contre, ce qui nous préoccupe nous, c’est comment aider le pèlerin à faire correctement son devoir, c’est-à-dire son hajj.

Guineematin.com : il y a un aspect important qui est celui du logement à la Mecque. Certains pèlerins se retrouvent logés à des endroits très distants de la Kaaba, et cela leur complique la tâche. A l’agence Arrahma, comment négociez-vous les logements des pèlerins ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : oui, cela compte beaucoup. Nous, l’année dernière, on était à 1 km de la Kaaba. Les pèlerins partaient donc à pieds. Je ne vais nommer personne ici, mais il y a certains qui étaient logés jusqu’à 7 km de la Kaaba. Mais nous, on était à 1 kilomètre de la Kaaba et on était dans des hôtels très propres. Cette année encore, notre directeur général, Barry Ahmadou, ira négocier les contrats de logements et de nourriture à l’approche du pèlerinage. Et nous comptons prendre des locaux vraiment appropriés et non distants de la Kaaba pour faciliter la tâche à nos pèlerins.

Guineematin.com : il y a aussi des personnes âgées qui peuvent être parmi les candidats. Est-ce que vous prenez des dispositions pour ces gens qui ne peuvent pas faire un certain nombre de choses ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : avec les personnes âgées, il y a des gens qui sont à la Mecque là-bas qui ont des fauteuils roulants. Quand tu leur donne 200 Rials, soit un peu plus de 50 dollars, on te fait faire les 7 tours entre Safa et Marwa. Ceux qui peuvent marcher, on va avec eux, et au retour, on prend des véhicules pour les personnes âgées.

Interview réalisée par Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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