La répression du trafic international de drogue se poursuit dans les cours et tribunaux de la Guinée avec de lourdes peines de prison qui sont souvent prononcées contre les accusés. C’est dans le cadre de cette lutte que Maciré Yansané a comparu à la Cour d’Appel de Conakry le vendredi 19 avril 2019, pour répondre des faits de trafic de cocaïne entre le Brésil et la Guinée, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est une affaire qui remonte au mois d’août 2013. Madame Maciré Yansané, commerçante de profession, est accusée de trafic international de cocaïne entre le Brésil et la Guinée. C’est en juillet 2013 qu’elle a été mise aux arrêts à l’aéroport international de Conakry en possession de 5 flacons de cocaïne en liquide. Elle est placée sous mandat le 2 août 2013.

Après avoir passé quelques années en détention, elle est jugée et condamnée le 11 juillet 2017 à 15 ans de réclusion criminelle et au payement d’une amende de 500 millions de francs guinéens par le tribunal de première instance de Mafanco. N’étant pas satisfaite de cette décision du tribunal, l’accusée et son conseil, maitre Jean Baptiste Jocamey Haba, vont saisir la Cour d’Appel.

C’est dans ce cadre que ce dossier a été examiné par la Cour d’Appel de Conakry qui a infirmé la décision prise en première instance. A l’ouverture des débats, le conseil de l’accusée, maitre Jean Baptiste Jocamey Haba, a présenté quelques griefs qui l’ont poussé à interjeter appel de la décision du tribunal de Mafanco.

Selon l’avocat, sa cliente a été condamnée sous l’empire d’une ancienne loi. « Les faits pour lesquels ma cliente est poursuivie se sont produits en 2013. Et, c’est l’article 380 du code pénal guinéen ancien qui condamne cette infraction. Cette disposition correspond actuellement à l’article 822 du nouveau code pénal guinéen. Et cette nouvelle disposition, prévoie une peine de 5 à 10 ans de réclusion criminelle et l’amende varie entre 5 à 10 millions de francs guinéens. Donc, la base légale pour entrer en condamnation de madame Yansané à une telle peine et amende n’est pas la bonne. Elle a été condamnée sous l’empire de la loi ancienne et la loi est faite pour le futur », a expliqué l’avocat.

Après ce rappel, c’est l’accusée qui a pris la parole pour expliquer brièvement les circonstances dans lesquelles elle a été interpellée. Elle a fait savoir à la Cour que c’est un certain Junior qui lui a dit qu’il a un frère qui évolue dans le domaine des produits cosmétiques. « C’est ainsi qu’il m’a mis en contact avec son frère. Je suis allé au Brésil, je l’ai trouvé. Mais, il m’a dit qu’il a embarqué mes produits cosmétiques et il a enregistré en mon nom. Nous sommes allés dans un super marché à Sao-Polo où il a acheté des flacons pour son frère Junior qui est en Guinée. Le jour de mon départ, il a envoyé les flacons que j’ai rangés dans ma valise. Il y avait dans ma valise, des chaussures, des téléphones, des habits, et les 5 flacons de cocaïne en liquide. Quand je suis arrivée à l’aéroport de Conakry, les agents ont procédé à la fouille de ma valise. Ils ont ouvert la valise. Ils ont fait sortir les 5 flacons de cocaïne en liquide. J’étais étonnée qu’ils trouvent ça dans ma valise. Si je savais que c’était de la drogue je n’allais pas les embarquer. Je ne savais même pas qu’il y a la drogue en liquide ».

De son côté, le procureur général dira que la dame a été naïve en acceptant de prendre un colis dont elle ne connaissait pas le contenu. Le procureur a dit être au regret de constater que les nommés Junior et Kolié, impliqués dans cette affaire, ont été libérés. « Le groupe avec lequel madame Yansané était poursuivi a été libéré, et aujourd’hui, c’est elle seule qui est à la barre. Mais, comme c’est avec elle que la cocaïne a été été saisie, je vous demande de la retenir dans les liens de la culpabilité. A cet effet, je vous demande d’infirmer la décision du tribunal de Mafanco en la condamnant à 6 ans d’emprisonnement ferme », a requis le procureur.

Pour sa part, la défense, par la voix de maitre Jean Baptiste Jocamey Haba, va demander à la Cour d’oublier les dispositions de l’ancien code et d’acquitter simplement sa cliente. « A défaut, vous la condamnerez au temps mis et de prendre la décision sur siège », a plaidé l’avocat.

Lors de la délibération, la Cour d’Appel a condamné Maciré Yansané à 6 ans de réclusion criminelle. Détenue depuis le 3 août 2013, la dame va passer encore quelques quatre mois avant de recouvrer la liberté.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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