La salle des conférences du Gouvernorat de la Région Administrative (RA) de Labé a abrité ce jeudi, 25 avril 2019, l’atelier de lancement du projet « encadrement de la mise en œuvre communautaire des actions de lutte contre la déforestation et l’érosion des sols dans les préfectures de Mamou, Dalaba, Labé, Tougué, Dabola et Siguiri en République de Guinée », rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Organisée par l’Association des Volontaires pour la Gestion des Ressources Naturelles (AVGRN) en partenariat avec l’Union Guinéenne des Volontaires du Développement (UGVD) sur financement de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), cette rencontre a mobilisé les maires, les chefs des cantonnements forestiers des communes rurales concernées, les conservateurs de la nature de la zone de couverture du projet, les directeurs des microréalisations, les directeurs préfectoraux et régionaux de l’environnement et les chefs des sections préfectorales du Génie Rural.

Dans son intervention de circonstance, le chef de mission de consultation du projet, Mamadou Kobéra Diallo a précisé que les études diagnostiques sur la déforestation et l’érosion des sols dans le haut bassin du fleuve Sénégal réalisées par l’OMVS en 2017, ont donné des rapports contenant des informations détaillées sur les bénéficiaires et les actions à mener avec un plan d’action.

« Pour l’exécution du plan d’action sur le court terme issu de ces études, l’approche mise en œuvre communautaire a été privilégiée surtout pour les sites prioritaires avec l’accompagnement des ONG. C’est dans ce cadre que l’OMVS a procédé par appel d’offre, à la sélection du groupement d’ONG AVGRN/UGVD qui ont toutes leurs sièges à Labé » a-t-il expliqué.

Au terme de 45 jours d’activités de consultations communautaires et d’expertises de terrain dans les sites ciblés par ce projet, le groupement d’ONG AVGRN/UGVD dénommé Consultant a obtenu des résultats attendus.

« Les têtes de sources et berges ciblées par le projet sont identifiées ; les actions à mener sont identifiées et quantifiées ; la situation foncière (appartenances, problèmes, activités en cours dans les sites, etc…) a été clarifiée ; les actions à réaliser dans les villages riverains par fois comme mesures d’accompagnement ont été identifiées ; les coûts des actions sont évalués et les budgets élaborés et enfin un plan d’action pour la mise en œuvre de ce projet est établi » a ajouté le chef de mission de consultation.

Les participants à cet ateliers de lancement du projet se sont réunis pour amender et valider ces résultats afin qu’ils soient transmis à l’OMVS.

L’initiative est partie du constat de l’OMVS selon lequel on assiste à une dégradation croissante des ressources de ce bassin en général et en particulier celles du haut bassin. Dégradation due aux effets combinés des actions anthropiques et des aléas climatiques se manifeste sous diverses formes dont une forte dégradation des têtes de source ; une diminution drastique du couvert végétal avec disparition de plusieurs espèces de valeur ; une perte de la biodiversité ; un élargissement et/ou un ensablement du lit du fleuve en plusieurs endroits ; une forte dégradation des berges par érosion entrainant des risques de disparition des infrastructures socioéconomiques au niveau des villes et villages riverains ; une perte de terres cultivables entrainant la baisse de la production et la productivité agricole et du coup de l’insécurité alimentaire.»

Prenant la parole au nom du maire de la commune urbaine de Labé, le conseiller communal, Abdourahmane Pounthioun Diallo a rappelé que ce phénomène de dégradation poussée de l’environnement est un thème d’actualité : « et très préoccupant dans notre commune. Notre Labé, dans le temps, était une commune luxuriante très bien arrogée et où il faisait bon vivre. Car, arrogée par les cours d’eau autrefois pérennes comme le Pounthiounwol, Donghorawol, Sasséwol, Saalawol et tant d’autres. Ces cours d’eau qui arrogeaient la commune urbaine de Labé ont tendance à disparaitre. Ils étaient aussi protégés par une galerie forestière. On sait que le Fouta Djalon est le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Labé est la capitale régionale de ce Fouta. J’avoue que ce château se perce de jour en jour sous l’effet de l’homme. Si nous ne faisons pas attention, nous serons victimes et coupables devant les générations montantes » a-t-il déploré et prévenu.

Ouvrant les travaux de l’atelier de lancement de ce projet, le gouverneur de la Région Administrative (RA) de Labé, Elhadj Madifing Diané a rappelé que le fleuve Sénégal est l’une des grandes fiertés de la République de Guinée « que Dieu a bien voulu nous donner ». Il a alors beaucoup insisté sur l’importance de ce fleuve en s’appuyant sur des valeurs historiques et culturelles de l’actuelle Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS).

« Dans ce contexte donc, vous devrez savoir, que c’est la générosité du peuple de Guinée qui est exprimée dans le fleuve Sénégal. Retenez alors que vous avez une très grande responsabilité. Aménager les têtes de sources de ce fleuve, c’est de s’inscrire dans la droite ligne de la solidarité guinéenne envers ses Etats voisins. Quand il pleut trop au Fouta, on dit que les autres sont inondés. Et si ça tari au Fouta, que Dieu nous en préserve, il est évident que ce sera la catastrophe à ceux que Dieu a bien voulu nouer en destin à ces têtes de sources du fleuve Sénégal. Vous avez donc de la responsabilité devant l’histoire, de la générosité à offrir. Car, c’est sur la base de la générosité que la Guinée a bien voulu accepter mettre ce fleuve à la disposition de trois autres Etats » a déclaré le gouverneur de Labé.

Elhadj Madifing Diané a alors invité les participants à s’engager sans réserve dans cette dynamique avec beaucoup d’exigences. « Car, protéger ces sources, c’est protéger toutes les populations qui vivent autour de ce fleuve » a-t-il conclu avant de prononcer le mot de lancement officiel du projet.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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