Un militant l’UFR jugé pour sa manif. contre un 3ème mandat : « un procès honteux »

Comme annoncé dans une de nos publications, le procès d’Amadou Touré, militant de l’UFR, s’est ouvert ce lundi, 29 avril 2019, au Tribunal de Première Instance de Mafanco. Poursuivi pour attroupement non armé interdit et trouble à l’ordre public, le jeune homme a plaidé non coupable.

Après les débats entre les parties au procès, le président du tribunal, Amadou Kindy Baldé, a renvoyé le dossier au 13 mai 2019 pour les réquisitions et plaidoiries.

Interrogé à la fin de l’audience de ce lundi, maître Mohamed Traoré, un des avocats de la défense, a eu des mots assez durs par rapport à cette procédure. « Il faut dire que ce procès est un procès honteux. Je pense que la justice doit saisir cette opportunité pour démontrer à certains qu’elle ne se laissera pas instrumentaliser pour que des groupuscules de personnes arrivent à leur fin. On assiste tous les jours à des manifestations à l’intérieur du pays : à Coyah, à Dubréka, à Boké. Il y a des gens qui manifestent leur soutien au 3ème mandat, des gens qui manifestent leur soutien à une nouvelle Constitution et le Président de la République, lui-même, a parlé de confrontation d’idées. Il faut laisser le débat se développer. Que d’autres personnes, d’autres guinéens, qui ne sont pas moins guinéens que les premiers affirment leur opposition face à une nouvelle Constitution et que ces personnes soient arrêtées et traduites devant la justice, je pense encore une fois, c’est la honte. C’est une façon de démonter peut-être qu’il y a des guinéens qui sont au dessus d’autres. Mais, il faut que cela soit clair, cette une manœuvre qui ne passera pas.

Nous sommes un certain nombre d’avocats qui ont décidé que toute les fois qu’il y a des guinéens qui sont arrêtés pour avoir manifesté leur opposition à un 3ème mandat ou à une nouvelle Constitution, nous serons là pour assurer leur défense, parce qu’il faut tenir la balance égale entre tous les citoyens guinéens. Il n’y a pas un guinéen qui est supérieur à un autre.

En ce qui concerne monsieur Touré (le prévenu), il n’a même pas participé à un attroupement. Deux jeunes, parmi lesquels un mineur, ont été arrêtés. Et, sur instruction du président de son parti (Sidya Touré : ndlr), il est allé dans un commissariat de police pour s’enquérir de la raison pour laquelle ces jeunes ont été arrêtés. Et là, on lui dit qu’au nom de la loi, on l’arrête. Nous sommes dans quel pays ?

Nous n’accepterons pas, en tant qu’avocats, que ce genre de pratique se reproduise. Nous avons chèrement acquis notre démocratie et nos libertés. Nous n’accepterons pas que cela soit remis en cause. L’affaire a été renvoyée pour le 13 mai et nous serons là, parce que c’est le ministère public qui a demandé que l’affaire soit renvoyée, parce qu’il n’est pas prêt à présenter ses réquisitions. Mais en réalité, cette demande cache simplement une chose. C’est que le dossier est vide et le ministère public ne savait pas quoi dire. »

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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