C’est avec des lunettes claires, une grosse barbe et des chaussures renversées que Mamady Macky Oularé a comparu hier, mardi 30 avril 2019, devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la mairie de Ratoma. Poursuivi pour homicide volontaire à l’encontre de mademoiselle Makhissa Sampou, l’accusé qui vivait au Brésil, a nié les faits tout au long des débats, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A l’ouverture des débats sur le fond, le président du tribunal, Aboubacar Maféring Camara, a demandé à l’accusé, Mamady Macky Oularé, de revenir sur le début de ses relations avec la victime, Makhissa Sampou, retrouvée morte dans son lit le lundi, 24 juillet 2017.

Dans sa réponse, Mamady Macky Oularé a déclaré que c’est à travers une de ses photos qu’il a postée sur Facebook à partir du Brésil en 2010, qu’il a commencé à échanger avec la jeune fille. Cette dernière a commenté sa photo et les deux ont engagé après des conversations, qui ont débouché sur un projet de mariage. Cela, après qu’il se soit engagé à divorcer d’avec sa première épouse qui était brésilienne.

« J’avais une femme brésilienne qui a fait deux enfants pour moi, mais nous avons divorcé parce que je voulais épouser Makhissa et aller avec elle au Brésil. Nous sommes allés même jusqu’à Bamako pour chercher le visa, nous n’avons pas eu et nous sommes revenus. Je suis rentré en Guinée uniquement pour célébrer notre mariage. Mais, c’est là que la mère de Makhissa m’a dit qu’elle était déjà fiancée à un autre monsieur », a expliqué l’accusé.

Face à l’insistance du président du tribunal, du procureur Boubacar 1 Bah ainsi que du collectif d’avocats de la partie civile, composé de maître Koïkoï Koïvogui et de maître Mohamed Abou Camara, l’accusé a reconnu que la fille a été effectivement retrouvée morte dans son lit. Mais, il a assuré que ce jour-là, ils se sont séparés à 15 heures, c’est-à-dire bien avant la mort de la fille.

« La fille est allée en réunion et j’ai quitté la maison à 20 heures pour ne revenir qu’au petit matin. A mon retour, j’ai frappé à la porte pendant plus de 45 minutes, personne n’a répondu. Et je ne pouvais pas ouvrir parce que la porte était fermée de l’intérieur. J’ai jeté donc un coup d’œil et j’ai constaté que Makhissa est allongée sur le lit. J’ai cherché un couteau pour me suicider mais quelqu’un a tapé ma main, je ne sais qui… », soutient-il.

C’est en ce moment que le président du tribunal a sorti un rapport médico-légal qui indique que la victime est morte par suite de coups et blessures et même d’étranglement. Mais, les avocats de la défense ont aussitôt nié l’authenticité de ce rapport. « C’est un rapport fait en catimini. Il est fait entre copains et coquins. Et, celui qui a diligenté les enquêtes préliminaires était un ami intime au copain de la fille », a déclaré maître Moussa Sidibé.

Appelé aussi à la barre, le plaignant, Colonel Aboubacar Mangué Camara du service de l’immigration, a expliqué que la victime est la jeune sœur de sa femme. Selon lui, Makhissa est effectivement morte par suite de coups et blessures. « Ce jour, c’est par suite d’au moins trois coups de fil qu’elle a quitté chez moi après avoir fini de préparer. Elle a d’ailleurs dit :  »aujourd’hui, je vais aller dire à ce jeune et à sa famille les quatre vérités ». Donc, je suis désolé que Macky ne ressente même pas la douleur que nous nous éprouvons. Makhissa était sympathique et elle n’était pas violente. Mais, elle est morte par suite de coups et blessures. J’ai les images prises par celle qui a lavé son corps, et moi-même j’ai vu son corps », a dit le plaignant, qui demande au tribunal de rendre justice.

Après des débats houleux entre les avocats de la partie civile et ceux de la défense, le président du tribunal a décidé de renvoyer le dossier au mardi, 14 mai 2019, pour la comparution des témoins.

Alpha Assia Baldé pour Guineematun.com

Tél : 622 68 00 41

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