L’humanité a célébré, ce mercredi 1er mai 2019, le 133ème anniversaire de la fête internationale du travail. A Conakry, les festivités ont eu lieu au Palais du peuple dans une atmosphère de vive tension, marquée par un affrontement entre partisans des deux groupes rivaux de l’USTG. Ce qui n’a pas empêché quand même l’inter-centrale CNTG/USTG à dérouler les activités dans son programme, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

C’est de justesse que cette cérémonie commémorative de la journée internationale du travail s’est tenue sur l’esplanade du Palais du peuple de Conakry. Car, l’endroit a été transformé en un champ de bataille où se sont affrontés des partisans de l’USTG version Abdoulaye Sow et l’USTG version Abdoulaye Camara, deux bureaux rivaux qui se réclament chacun comme étant celui qui est légitime et légal. Après ces violences qui ont fait quelques blessés, dont le secrétaire général du SLECG, Aboubacar Soumah, de nombreux travailleurs qui étaient présents sur l’esplanade du Palais du peuple, ont précipitamment quitté les lieux pour rentrer.

Amadou Diallo

Malgré tout, l’inter-centrale CNTG/USTG qui a organisé les festivités sur les lieux, a maintenu la cérémonie. Dans son discours de circonstance, le secrétaire général de la CNTG, Amadou Diallo, a souligné que le dialogue social, au centre de cette célébration, connaît une crise profonde en Guinée. « Une crise née du choix du gouvernement de rompre unilatéralement le socle pour lequel est bâti ce dialogue à savoir : le respect intégral des accords conclus depuis plusieurs années entre les mandants tripartis guinéens. C’est pourquoi, bien que plusieurs accords tripartites aient été ignorés jusqu’aujourd’hui, l’inter-centrale CNTG/USTG est toujours restée fidèle à ses engagements pour la paix, la quiétude sociale dans notre pays ».

Amadou Diallo

Parlant du choix du thème retenu cette année à l’occasion de cette fête, à savoir : « Le dialogue social constructif, facteur de paix pour un développement durable », Amadou Diallo a dit qu’il est inspiré de la crise qui affecte depuis plus d’un an le secteur de l’éducation et celle liée à la crise politique née des élections locales de février 2018. « Tous ces cas et tant d’autres, sont le reflet d’une absence de structure de dialogue social tel que le conseil national du dialogue social. Mesdames et messieurs, à l’évidence on réalise que si tout le monde parle de paix sociale, de développement et d’autres, cependant les efforts engagés sont insuffisants pour concrétiser ces intentions. Sinon, comment comprendre l’attentisme du gouvernement et maints employeurs face aux demandes pressantes des travailleurs et travailleuses pour un partage des fruits de la croissance dont ils sont les créateurs ? Comment ne pas s’interroger également sur le refus catégorique de certains employeurs d’autoriser la mise en place de structures syndicales conformément aux textes en vigueur ?… », s’est interrogé le leader syndical.

Mohamed Condé

De son côté, Mohamed Condé, secrétaire général de la fédération patronale des entreprises de Guinée, a indiqué que cette fête a une singularité toute particulière. Car, deux grandes préoccupations sous-tendent les actions des hommes d’affaires au quotidien : « la première est celle des préparatifs du centenaire de l’organisation internationale du travail prévu au mois de juin, la seconde est la question de savoir comment participer à la création d’un environnement favorable aux travailleurs à l’horizon 2020. (…)

Dans la mesure où notre législation est subséquente aux normes de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) permettez-moi donc du haut de cette tribune, d’invoquer la convention 144 relative aux consultations triparties pour lancer un vibrant appel au département en charge de l’emploi et du travail, afin de rendre opérationnel le conseil national du dialogue social qui focalise notre légitime espoir de réussite social. Le conseil national du dialogue social pourrait être le cadre idéal de construction d’une plateforme d’échange et de concertation. Nous sommes sûrs qu’il sera un instrument fiable de correction de l’asymétrie entre les acteurs du développement économique et social en République de Guinée », a-t-il dit.

Lansana Komara

Dans son discours réponse, le ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle, de l’Emploi et du travail, représentant le gouvernement à cette cérémonie, a rappelé les efforts consentis par le régime Alpha Condé en faveur des travailleurs de Guinée. Selon Lansana Komara, « de 2010 à 2018, la 3ème République a permis aux partenaires sociaux, notamment les organisations syndicales, d’avoir des acquis importants et significatifs.

On peut citer entre autres : l’instauration d’un Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) ; la création de deux institutions de protection sociale à savoir, la caisse nationale de prévoyance sociale des agents de l’Etat et l’institut national d’assurance maladie obligatoire ; l’instauration pour la première fois d’une indemnité de départ à la retraite pour le secteur public ; la mise en place d’une nouvelle grille salariale axée sur les diplômes », a notamment cité le ministre.

Lansana Komara en a profité aussi pour évoquer aussi la division qui mine le mouvement syndical guinéen, particulièrement l’USTG. Même s’il regrette cette situation, le ministre en charge du travail souligne que « fidèle au respect ses engagements internationaux, le gouvernement s’interdit de s’immiscer dans l’organisation et le fonctionnement des structures syndicales. Il invite les organisations syndicales au dialogue et à la résolution de leurs problèmes à l’interne, dans l’intérêt supérieur de leur corporation et au bénéfice des travailleurs guinéens ».

A noter que cet événement a connu des défilés des travailleurs affiliées à ces deux centrales syndicales, mais aussi la lecture du traditionnel cahier de doléances des syndicalistes à l’endroit du gouvernement.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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