A moins d’une semaine du début du Ramadan, l’engouement ne se fait pas ressentir au marché de Madina, le plus grand marché du pays, situé à Conakry. Habituellement, l’approche de ce mois saint des musulmans est une aubaine pour les vendeurs des denrées les plus consommées pendant le Ramadan. Mais, cette année, les commerçants interrogés par un reporter de Guineematin.com, relèvent une faible affluence des clients.

« Cette année, il n’y a pas eu d’affluence par rapport à l’année précédente. Avant, à l’approche du Ramadan, les gens venaient acheter un sac, deux sacs de riz ou de sucre. Certains achetaient pour eux et d’autres pour envoyer à leurs parents qui sont au village. Mais cette fois-ci, on n’a pas encore vu les clients », témoigne Ciré Barry, vendeur de riz, de sucre et farine, au marché de Madina.

Comme ce dernier, tous les commerçants que nous avons interrogés parlent de la faible affluence des clients à la veille du Ramadan. C’est le cas de Aïssatou Diallo, vendeuse de maïs et de fonio, deux autres denrées de grande consommation pendant ce mois de jeûne des musulmans. « A l’heure actuelle, la clientèle n’est pas comme d’habitude. Avant, à quelques jours du Ramadan, on a avait beaucoup de clients, il y avait vraiment de l’engouement à l’approche du mois saint. Mais cette année, c’est tout le contraire », a-t-elle dit.

Et, Mamadou Djan Bah, un autre commerçant, de renchérir : « ça ne marche pas actuellement par rapport aux années passées. Habituellement, les 10 derniers jours avant le début du mois de Ramadan, il y avait beaucoup mouvement, on avait assez de clients. Mais actuellement, on peut passer toute la journée en train de dormir ici parce que ça ne marche. On n’a pas l’impression qu’on est à la veille du mois de Ramadan ».

Qu’est-ce qui peut donc expliquer cette faible affluence des clients ? Aïssatou Diallo pense que c’est la raison, c’est la hausse des prix. « Les marchandises sont chers et les prix ne font qu’augmenter. Quand les prix augmentent, les clients se font rares. Par exemple, le kilogramme de maïs qui coûtait 5000 GNF, coûte aujourd’hui 7000 GNF, le fonio était à 8000 GNF le kilo, mais aujourd’hui c’est à 12 000 GNF. Je pense que c’est cela qui fait qu’on n’a pas beaucoup de clients », a dit cette vendeuse qui rejette toute responsabilité dans cette hausse des prix.

Mais, Ciré Barry, lui, indique qu’il n’y a pas eu augmentation des prix des denrées importées à l’exception du riz. Et pour ce qui est de la hausse du prix du riz aussi, il a une explication. « Les gens se plaignent de la cherté des prix. Mais, il faut savoir que les prix du sucre et de la farine n’ont pas connu de hausse cette fois. Le sac de sucre est toujours vendu à 295 000 GNF et celui de la farine à 230 000 GNF. Seul le prix du riz qui a connu une petite augmentation, passant de 255 000 GNF à 265 000 GNF au marché de Madina.

Et, cette augmentation est due au taux de change. Vous savez que c’est le dollar qui est la monnaie utilisée sur le marché international. Les 100 dollars s’échangeaient contre 940 000 GNF, mais aujourd’hui c’est à 963 000 GNF. C’est cette augmentation de la valeur du dollar par rapport au franc guinéen qui explique donc la hausse du prix du riz importé », soutient ce commerçant.

A noter que le mois du Ramadan débute, selon le calendrier, le lundi 06 mai prochain.

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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