A l’instar de nombreux pays du monde, la Guinée célèbre ce mercredi, 1er mai 2019, la journée internationale du travail. Mais, dans la préfecture de Mamou, cette fête des travailleurs a pris un coup de poignard. Avec le retrait de l’antenne locale de l’USTG (version Abdoulaye Sow) du lieu de la célébration, à la maison des jeunes, la fête a fini sans même commencer, rapporte un journaliste de Guineematin.com à Mamou.

Depuis quelques jours, les rivalités étaient palpables entre l’antenne locale de l’USTG (version Abdoulaye Sow) et celle favorable au camarade Abdoulaye Camara. Chacune de ces antennes se préparait de son côté pour marquer sa présence à la maison des jeunes pour célébrer avec faste la fête internationale du travail. Seulement, l’intérêt particulier (une célébration d’affirmation basée sur l’égocentrisme) qui a été accordé à cette fête laissait présager un risque de dérapage, voire même d’affrontement entre les travailleurs de la ville carrefour. Et, ce mercredi, après l’atmosphère morose de la matinée (qui a laissé croire que personne ne s’intéresse à cette fête), la célébration a commencé sur fond de pagaille. L’USTG (version Abdoulaye Sow) a commencé son défilé avant même l’arrivée des officiels.

Avec une pancarte en main et des slogans comme : « vive Aboubacar Soumah, vive l’USTG du général Sow », ce syndicat dont les rangs sont majoritairement grossis par des enseignants favorables au camarade Aboubacar Soumah (secrétaire général du SLECG) a traversé la place des martyrs, sous le regard à la fois perçant et impuissant des ‘’organisateurs’’ de la célébration. Ensuite, s’en est suivi un ronronnement tympanisant de motos, les conducteurs de moto-taxi qui signaient leur entrée. Avec des gestes majestueux, ils ont fait le tour de la place des martyrs, avant de sortir définitivement de la cour de la maison des jeunes.

Thierno Souleymane Sall

Désormais, il n’était l’ombre d’un doute que la fête allait prendre un coup de poignard. Quelques instant plus tard, alors qu’on attendait encore l’arrivée des officiels, l’USTG (version Abdoulaye Sow) et dirigée à Mamou par le camarade Thierno Souleymane Sall a annoncé son retrait de la fête.

« Nous sommes vraiment dans le regret ! Aujourd’hui, c’est une journée où les travailleurs devraient se réunir autour de leurs centrales et parler de leurs problèmes. Mais, nous sommes dans le regret de vous dire que nos camarades (à Conakry) sont partagés entre les hôpitaux : Ignace Deen et Donka. Ils ont été blessés au palais où il y a actuellement un désordre total… J’ai le cœur serré. Nous n’allons pas nous permettre de nous laisser utiliser par le pouvoir pour nous diviser », a déclaré une femme qui s’est spontanément saisie du micro pour s’adresser aux travailleurs.

Des travailleurs qui soutenaient déjà que le secrétaire général du SLECG, Aboubacar Soumah, a été battu et blessé au palais du peuple de Conakry par des rivaux de l’autre branche de l’USTG. « Il n’y a plus de fête ! Notre général a été blessé à Conakry. Il n’y a plus de fête ! », disaient ces travailleurs.

De son côté, le responsable préfectoral du SLECG (affilié à l’USTG, version Abdoulaye Sow) a directement annoncé la fin de la célébration à la maison des jeunes. « A bas la corruption ! A bas les opportunistes ! A bas le syndicat étatique… La séance est levée. Nous qui sommes de l’USTG, on rentre. La fête est terminée », a dit Thierno Souleymane Sall, qui a aussitôt été obéit par ses camarades travailleurs.

Mamadou Saliou Sigon Baldé

Avec l’énergie du désespoir, le secrétaire général de l’union locale des travailleurs de Mamou, Mamadou Saliou Sigon Baldé, a tenté de retenir les travailleurs, en vain. « Nous regrettons ce qui s’est passé à Conakry. Mais, je vous informe que la fête continue ici. Tous ceux qui sont invités doivent attendre. Les festivités continuent. Le syndicalisme, ce n’est pas comme ça. Nous nous allons continuer tant bien que mal à célébrer la fête. Nous attendons l’arrivée des autorités. Et, nous vous demandons de rester sur place, chers camarades », a dit Mamadou Saliou Sigon Baldé, alors que la loge officielle se vidait de sa substance humaine.

Nous y reviendrons !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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