Après avoir déguerpis les zones de Kaporo-Rails et Kipé 2, le gouvernement guinéen se tourne maintenant vers Dar-es-Salam. Dans un communiqué publié cette semaine, le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire et celui de l’administration du territoire et de la décentration ont annoncé que ceux qui habitent aux alentours de la décharge publique situé dans ce quartier seront déguerpis dans les jours à venir.

Une annonce qui réveille l’inquiétude chez les citoyens de cette zone. Plusieurs d’entre eux, interrogés par un reporter de Guineematin.com ont appelé à la clémence du gouvernement.

Mamadou Samba Baldé

Mamadou Samba Baldé, fonctionnaire à la retraite, vit aujourd’hui, la peur au ventre. Il se demande que va devenir sa vie et celle de sa famille si le gouvernement guinéen met à exécution sa menace de déguerpir ceux qui habitent aux alentours de la décharge publique de Dar-es-Salam. Sa maison est marquée d’un croix rouge comme toutes celles visées par la démolition en vue. Il se dit inquiet et interpelle les autorités du pays.

« Je suis très inquiet. Quand j’étais jeune et je travaillais, Dieu m’a donné la chance de construire ici. Donc je suis installé ici depuis 1981. Depuis lors, on n’avait pas eu de problème ici. Si, maintenant, j’entends un communiqué de monsieur le ministre Ibrahima Kourouma, disant qu’ils vont nous déguerpir dans les prochains jours, c’est vraiment inquiétant. Moi je souhaite qu’on nous laisse tranquille parce qu’il n’y a que des pauvres ici. Des citoyens pauvres, qui n’ont rien, qui n’ont pas où aller se débrouiller. Même la nourriture nous avons du mal à l’avoir à plus forte raison une maison. Donc, je prie le ministre et le président de la République, le Professeur Alpha Condé qui est le président de tous les citoyens de Guinée, de bien vouloir beaucoup penser à nous et nous aider », a-t-il demandé.

Mamadou Camara

Même son de cloche chez Mamadou Camara, lui aussi menacé de déguerpissement. « Moi, je demande au gouvernement de nous laisser ici, on n’a rien. Il n’y a que des pauvres ici. Si nous quittons ici, on n’a pas où aller avec nos familles. Moi-même qui vous parle comme ça je suis malade. Je suis tombé malade depuis janvier 2012. Mon côté gauche est paralysé depuis cette date. J’ai plusieurs enfants qui ne travaillent pas, ils ne comptent que sur cette concession. Il y a plusieurs domaines vides, si l’Etat veut construire quelque chose, il peut aller là-bas. Mais nous, on demande à l’Etat de nous laisser ici parce qu’on n’a pas où aller », a exhorté cet électricien.

Sékou Camara

De son côté, Sékou Camara, également concerné par cette menace de déguerpissement, se réfugie dans la prière. « C’est Dieu qui a voulu que nous soyons là. J’ai passé toute ma vie ici. Depuis le temps de Sékou Touré on est là. Tous les présidents et les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays nous ont laissés ici. C’est quand Alpha Condé est venu au pouvoir qu’on nous demande de quitter ici. Actuellement, moi je ne parviens même pas à bien dormir depuis qu’ils ont dit qu’ils vont déguerpir d’ici. Mais je prie Dieu de ne pas donner la force à ceux qui veulent nous enlever ici », a souhaité ce père de famille.

Pour l’heure, aucune date n’a été donnée par rapport au début des opérations de déguerpissement de cette zone. Mais par le passé, le gouvernement avait donné plusieurs ultimatums à ces citoyens sans passer à l’action.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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