Sory Daouda Camara, président de la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée

Des huissiers de justice, interpellés ce vendredi 03 mai 2019, ont été brièvement mis en garde en vue à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ). Quatre de ces auxiliaires de justice, partis à la DPJ pour s’enquérir de l’état d’un autre huissier détenu sur les lieux depuis hier, ont eu maille à partir avec les agents. Ce qui leur a valu une brève détention, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Maître Lansana Salifou Soumah, huissier de justice, a été mis aux arrêts hier jeudi, sur ordre du Procureur Général, affirme la chambre des huissiers. Partis prendre des nouvelles de leur collègue à la DPJ, quatre huissiers ont été brièvement placés en garde à vue ce vendredi, avant de se faire libérés dans la soirée.

Dans un entretien accordé à des médias de la place, Le président de la Chambre Nationale des Huissiers de Justice de Guinée, a expliqué ce qui est arrivé à l’huissier toujours détenu à la DPJ. « On ne lui reproche de rien. Sauf qu’il était dans une procédure où un démembrement de l’Etat est concerné. Il s’agit du ministre de l’administration du territoire, dont un démembrement occupe un immeuble appartenant à une famille. Et finalement, l’Agent Judiciaire de l’Etat a voulu retirer cette propriété privée des mains des véritables propriétaires, qui est la famille Keita, en disant que c’est un bien de l’Etat. Il y a eu des procès, des décisions de justice ont été rendues en reconnaissant la propriété de cet immeuble, sis à Matam, à la famille Keita » a-t-il dit.

Par ailleurs, Maitre Sory Daouda Camara soutient que pendant des années, cette famille n’est pas parvenue à exécuter cette décision. « C’est maitre Soumah Lansana Salifou qui avait le dossier. La famille, en désespoir de cause, s’est transportée pour se rendre justice en l’absence même de l’huissier de justice. Elle a délogé les gens qui occupaient l’immeuble en vidant les meubles. Au cours de ces opérations, il y a eu un débordement qui s’est soldé par la dégradation de quelques meubles. Donc, ils ont cherché un bouc émissaire, et le bouc émissaire était l’huissier qui était dans le dossier. Voilà le seul motif pour lequel il fut appelé par monsieur le Procureur Général qui n’a pas cherché à prendre la version de l’huissier. Sinon, l’acte qui s’est produit hier n’est pas de lui », soutient maitre Camara.

En outre, Maitre Sory Daouda Camara parle de tentative d’intimidation des huissiers. Mais, précise-t-il, la chambre des huissiers ne va pas céder à l’intimidation, parce qu’il s’agit « d’un membre du ministère de l’Administration du Territoire qui est concerné. Ce dernier a saisi l’Agent Judiciaire de l’Etat qui, à son tour, a saisi le Procureur Général qui a transmis aussitôt le dossier à monsieur le directeur central de la police judiciaire. Ce sont des formes d’intimidation auxquelles on ne va pas céder », a-t-il martelé.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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