Le jeudi dernier, 02 mai 2019, marque un tournant historique dans la promotion du genre et la lutte contre les inégalités en Guinée. Ce jour-là, les députés guinéens ont unanimement adopté la loi sur la parité homme/femme.

Ce texte porté par le Forum des Femmes Parlementaires de Guinée, FOFPAG, a bénéficié de l’appui et de la participation aussi bien du ministère de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, du département de la justice et des organisations non gouvernementales, que des partenaires techniques et financiers, notamment de l’ONU-Femme, du gouvernement du Canada et du Programme des Nations Unies pour le Développement, PNUD.

Présent dans la salle au moment du vote, Boubacar 1 Bah, expert du PNUD chargé du développement parlementaire, a livré ses sentiments à Guineematin.com, à travers un de ses journalistes. Pour lui, l’adoption de ce texte par les députés place la Guinée dans le top 10 des pays qui ont mis en place ce dispositif législatif.

Décryptage !

Guineematin.com : l’Assemblée nationale guinéenne vient d’adopter la loi sur la parité homme/homme. En tant que partenaire technique et financier de la Guinée, quel sentiment vous éprouvez suite à ce vote ?

Boubacar 1 Bah : on est content et on remercie les députés de la 8ème législature pour cet acte courageux de leur part. Nous voulons dire que la Guinée s’engage à aller de l’avant, à lutter contre les discriminations, à faire en sorte que les femmes et les hommes accèdent aux mêmes titres en ce qui concerne les mandats électoraux et les fonctions électives. C’est une bonne chose pour la démocratie, c’est une bonne chose pour l’économie du pays, c’est une bonne chose pour la politique parque ce que nous ne pouvons pas ignorer la moitié de la population guinéenne sur les décisions majeures de la République.

Donner la possibilité aux femmes d’accéder aux mandats électoraux et fonctions électives, j’en suis sûr, contribuera, à associer l’ensemble des personnes aux décisions majeures de la République qui améliorera, je suis persuadé, leurs conditions de vie. Ce qui fera du développement durable que nous prônons, une réalité en Guinée. Je dois dire que les femmes parlementaires et l’ensemble des députés qui étaient dans le collectif ont fait un très bon travail.

Nous attendons la promulgation de la loi ainsi que les autres étapes du processus permettant la mise en œuvre des mécanismes de son applicabilité sur le terrain. Le travail ne fait que commencer puisqu’il y a tout un processus au niveau législatif à franchir pour permettre aux femmes d’arriver au niveau indiqué de la loi sur la parité.

Guineematin.com : quels sont justement les mécanismes à mettre en place pour l’applicabilité de cette loi ?

Boubacar 1 Bah : au niveau législatif, la loi sur la parité étant une loi simple, elle ne peut pas s’imposer sur les lois organiques comme le Code électoral. Il faudrait consacrer la parité dans cette loi organique pour permettre son application au niveau des mandats électoraux. Ensuite, certains textes portant sur les institutions constitutionnelles méritent d’être également toilettés pour intégrer cette disposition sur la parité homme/femme.

S’agissant des autres mécanismes, il faudra surveiller les textes d’application et toutes ces lois mais également mettre en place un observatoire national qui va veiller à la mise en œuvre de la loi sur la parité, afin que les décideurs politiques au plus haut niveau se rappellent des contraintes de sa mise en œuvre, mais aussi et surtout de la nécessité de lutter contre les discriminations.

Guineematin.com : qu’est-ce que cette loi peut apporter à la Guinée ?

Boubacar 1 Bah : cette loi met la Guinée dans le top des 10 pays qui ont mis en place ce dispositif législatif favorisant l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et des fonctions électives. C’est une bonne chose. Elle va aussi permettre à la Guinée d’accroître le nombre de femmes dans les institutions de prise de décision. Donc améliorer le classement de la Guinée au niveau de l’IUP (Union interparlementaire) et de toutes les instances qui tiennent compte de la représentativité des femmes.

Pour moi, c’est un bond important dans la lutte contre les inégalités femme/homme, mais également des jeunes. A ce niveau, il faut le souligner que les gens ne font pas attention, mais la loi recommande la prise en compte du genre dans son ensemble.

Propos recueillis par Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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