La Guinée, pays de tous les contrastes, château d’eau de l’Afrique Occidentale, peine à s’alimenter en eau potable. De nombreux robinets sont à sec tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Des particuliers se sont substitués à l’Etat en creusant des forages, contribuant grandement à soulager les citoyens. La ville de Mamou n’échappe pas à cette triste réalité où il faut passer de longues heures pour obtenir le précieux sésame, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

L’école Union Musulmane de Mamou a en son sein un forage, régulièrement envahi par des citoyens de la ville carrefour à la recherche de l’or bleu. Mais, pour avoir une goutte d’eau, il faut faire preuve de patience entre 4 et 5 heures d’attente.

Rencontré sur les lieux aux environs de 17 heures, hier dimanche 05 mai 2019, Mamadou Diallo, conducteur de mototaxi, ne cache pas son amertume. Ce père de famille a dit qu’à la veille du Ramadan, c’est éprouvant de vivre un tel calvaire. « Nous Sommes là depuis 12 heures alors qu’il va être 17 h. Je suis venu avec 11 bidons pour chercher d’eau. J’ai abandonné mon travail de taxi-motard. Pourtant, c’est dans ça que je veux trouver mon repas du jour. Cependant, la queue peut durer des heures, surtout que les gens sont ravitaillés par ordre d’arrivée. Certains viennent avec 15 bidons ou plus. Vouloir attendre tout ça, c’est tuer le temps et perdre beaucoup de clients. Vraiment, nous demandons aux gouvernants de nous aider pour avoir l’eau. C’est indispensable. Dieu a créé toute chose à partir de l’eau. Sans eau, il n’y a pas de vie. Demain, c’est le début du Ramadan, nous avons à faire face aux préparatifs, mais s’il faut attendre des heures… »

Même son de cloche de la part de madame Aminata Diallo, venue du quartier Abattoir, à cinq (5) kilomètres des lieux. « C’est une ironie en qualifiant la Guinée de château d’eau de l’Afrique Occidentale. Dire que la Guinée est le château d’eau de l’Afrique Occidentale, c’est vouloir dire qu’il n’y a pas de sable dans le désert. Le manque d’eau devient de plus en plus préoccupant à Mamou. Il suffit de faire un tour dans les différents quartiers à Abattoir, à Almamya ou à Pétel. De nombreuses familles sont confrontées à un manque criard d’eau. Nous sommes contraints de faire la file indienne en alignant des bidons devant un ou deux points d’eau. Nous payons doublement : quelqu’un d’abord, pour puiser pour nous dans les puits ; puis un autre taxi, pour envoyer nos bidons à la maison. Il faut faire la lessive, se laver et laver aussi les enfants. La Guinée est devenue le château de la pénurie d’eau », ironise la bonne femme.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les taxi-motards saisissent cette occasion pour se faire de l’argent. Ils peuvent envoyer six à huit bidons d’eau par voyage en raison de mille francs guinéens l’unité.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél. : 625698919/657343939

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