Adjudant-chef Sény 1 Sylla, militaire à la retraite est un des habitants de Dar-Es-Salam

Les populations de Dar-Es-Salam 1, dans la commune de Ratoma, vivent depuis quelques jours dans l’angoisse. Le délai qui leur est donné par le gouvernement pour évacuer les lieux est arrivé à échéance. Dans la matinée de ce mercredi, 8 mai 2019, les habitants des lieux, théâtre d’un éboulement meurtrier en 2017, étaient sur le qui-vive et s’attendaient à voir les bulldozers entrer en action, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La zone de Dar-Es-Salam 1, autrement appelée décharge de la minière, est dans l’œil du cyclone. Le délai donné aux occupants pour évacuer les lieux est arrivé à échéance. Selon nos informations, les bulldozers du ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire sont incessamment attendus sur les lieux pour la démolition des bâtiments.

Les citoyens, désemparés, ont exprimé leur colère ce mercredi matin devant le sort qui leur a été réservé par le gouvernement. C’est le cas de l’adjudant-chef Sény 1 Sylla, militaire à la retraite et malade, qui dit avoir fait la guerre du Libéria et de la Sierra Léone dans les années 1990. « Nous avons fait ici plus de 40 ans. C’est maintenant que l’Etat vient vers nous pour nous demander de quitter nos maisons, abandonner nos parcelles, que c’est une zone réservée. Mais, nous y resterons tant que nous respirons. Celui qui va tenter de nous enlever d’ici va marcher sur nos corps », a martelé l’ancien soldat.

Par ailleurs, l’adjudant-chef Sény 1 Sylla, dit avoir investi toues ses économies pour construire sa maison. C’est pourquoi, il compte se battre corps et âme pour sauver sa concession. En outre, notre interlocuteur demande à l’Etat de revoir la situation des habitants de Dar-Es-Salam 1 en les laissant vivre paisiblement dans leurs maisons.

Même son cloche chez M’Mah Doumbouya, entourée de ses voisins. En langue Sosso, elle a réaffirmé la détermination des populations à défendre leurs habitations. « Nous avons vraiment peur pour nos enfants, car nous n’avons pas où aller. Mais, nous comptons nous mobiliser pour affronter ceux qui veulent nous mettre au dehors en cette période des grandes pluies », a-t-elle indiqué.

Pour le porte-parole des habitants de la décharge de Dar-es-Salam 1, Issiagha Bangoura, ce que s’apprête à faire le gouvernement aura des conséquences graves. « Ils veulent nous déguerpir alors que nous sommes au mois de mai, période des grandes pluies. Ensuite, nos enfants n’ont pas fini de faire les évaluations de fin d’année. En plus, nous sommes au mois de Ramadan. Comme ils ont l’armée, la police et la gendarmerie, ils viendront nous enlever d’ici par la force. Mais, nous ne sommes pas dédommagés. On a donné tous les papiers qui justifient que nous ne sommes pas concernés par cette opération de déguerpissement et nous faisons partie de la population guinéenne. Nous sommes là, nous n’avons pas où aller. Donc, on n’ira nulle part », a-t-il lancé.

Pour finir, Issiagha Bangoura invite le gouvernement à dépêcher des émissaires pour engager un dialogue avec eux afin de trouver une solution à la crise.

Selon nos informations, l’opération de démolition pourrait avoir lieu demain jeudi, alors que les habitants ne savent plus où donner la tête.

Amadou Oury Touré pour Guineematin.com

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