Honorable Amadou Damaro Camara

A l’occasion d’une assemblée générale tenue le 12 avril dernier, l’Association des Magistrats de Guinée avait demandé la levée de l’immunité parlementaire du chef de la majorité parlementaire. Il était reproché à Amadou Damaro Camara d’avoir tenus des propos désobligeants à leur endroit. Mais, le bureau de l’assemblée nationale a refusé de lever l’immunité de Damaro. Une position défendue par Ousmane Gaoual Diallo, député élu sous la bannière de l’UFDG.

A l’occasion de la plénière de l’opposition républicaine, organisée ce mercredi, 8 mai 2019, Ousmane Gaoual a apporté son soutien à Damaro. Selon lui, si on le sollicitait, il aurait voté contre la levée de l’immunité parlementaire son collègue, même s’ils sont opposés à tout moment.

Ousmane Gaoual Diallo

« Il faut faire la différence sur deux choses. L’Assemblée Nationale, quand elle est saisie, le courrier arrive au niveau du bureau du parlement qui doit juger de l’opportunité de poursuivre la procédure, donc d’informer les députés et puis de solliciter maintenant le vote des députés. C’est ce qui n’a pas été le cas dans ce problème de Damaro. Ça veut dire que ce ne sont pas les députés en tant que tel qui se sont prononcés pour dire qu’ils votent ou qu’ils ne votent pas la levée de l’immunité parlementaire de l’honorable Damaro.

Ce qui s’est passé, c’est le bureau du parlement. Comme vous le savez, il y a 3 représentants de l’UFDG et 2 de représentants l’UFR qui sont dans une équipe de 20 personnes. La décision se prend par la majorité. Mais néanmoins, c’est à l’unanimité que les députés du bureau de l’assemblée ont décidé à ce qu’il n’y ait pas matière à continuer à l’état la poursuite de l’examen de la levée de l’immunité parlementaire du député Damaro. Voila ce qui a été fait.

Donc nous, même si on était solliciter pour donner notre avis, à titre personnel, moi j’aurais voté contre la levée de son l’immunité parlementaire. Simplement ce n’est pas parce que je suis d’accord avec Damaro, loin de là. C’est quelqu’un qui a des idées extrémistes, que je combats régulièrement dans les médias. Mais, je considère que le député doit se sentir en sécurité dans quelques situations que ce soit, dans un pays qui est très enclin aux dérives dictatoriales. Donc, il faut protéger le député qui reste la seule institution, qui peut garder une certaine liberté de parole dans notre pays. Je sais ici, quand j’ai été incriminé, je n’ai pas bénéficié de cette attention des magistrats. Eux-mêmes, ils n’ont pas eu besoin de solliciter, ils se sont perdus dans des forfaitures, dans des mensonges en disant c’est du flagrant délit, en inventant un flagrant délit…

La seconde fois, c’était la diffamation de Hady Barry, de Bantama Sow. Même à ce niveau là, c’était des diffamations par voie de presse. Je n’avais pas bénéficié de cette attention des magistrats pour solliciter la levée de mon immunité parlementaire. Mais, nous voulons que tout ça cesse dans ce pays. Aussi, l’usage de ce qu’ont été les déclarations de Damaro nous révèlent quand même une forme de fonctionnement de notre justice, parce qu’il dit, je t’ai corrompu. Il dit je suis allé dans ton bureau pour te dire ce que le Président de la République m’a dit de te demander de libérer un tel, le monsieur a obtempéré, il n’a pas obtempéré. Mais, ça montre un peu comment fonctionne la justice d’Alpha Condé », a dit l’élu de Gaoual.

Propos recueillis par Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel : 622 91 92 25 / 666 91 92 25

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