Antoine Dogbo Guilavogui, secrétaire fédéral de l’UFDG à Kankan

L’agression des membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) à Kankan par des militants du RPG, le 30 avril dernier, est encore vivace dans les esprits. Accusé d’avoir trahi le FNDC ce jour-là en refusant de pendre part à la manifestation, Antoine Dogbo Guilavogui, secrétaire fédéral de l’UFDG à Kankan, brise le silence. Dans un entretien accordé au correspondant de Guineematin.com baé à Kankan, hier, jeudi 09 mai 2019, monsieur Guilavogui a apporté des précisons sur les raisons de son absence à cette manifestation.

Décryptage !

Guineematin.com : nous avons remarqué l’absence notoire de l’UFDG dans la manifestation anti-3ème mandat du FNDC le mardi 30 avril à Kankan. Quelles en sont les raisons ?

Antoine Dogbo Guilavogui : j’ai présidé toutes les séances préparatoires de la manifestation anti-troisième mandat à Kankan. Il faut le reconnaitre, c’est moi qui ai dirigé tous les débats et je suis fier de ça. Pour cette manifestation, nous avons respecté à la base tout ce que la loi exige, à savoir écrire à la mairie et à la préfecture. En principe, c’est à la mairie qu’on devrait écrire. Mais, nous avons déposé dans les normes, parce qu’il s’agit de 72h, mais nous avons déposé bien avant cela. Alors, dans notre programme, on a voulu sensibiliser nos militants dans certains médias de la place. A la veille de notre sortie, le RPG est allé dire qu’ils ne sont pas d’accord, en l’occurrence les responsables : Mamby Camara, Taliby Dabo, Babou Chérif et Adama Keïta.

Guineematin.com : il se murmure partout que vous avez trahi les autres membres du front. Pourquoi ne vous-a-ton pas vu dans la manifestation ?

Antoine Dogbo Guilavogui : les responsables du RPG ont dit partout que moi, je suis en train de chanter que le Préfet de Kankan, Aziz Diop, n’est pas guinéen, que s’ils me voient, ils vont me tuer. Maintenant, à l’avance, les collègues ont dit que dans cette affaire, que je suis le plus recherché. Moi, j’ai dit non, cela n’est pas grave. Mais, quand les collègues te donnent des conseils, il faut respecter. C’est tout le front qui s’est réuni pour me dire qu’il n’y a pas de sécurité pour garantir ma vie. Donc, qu’ils préfèrent que je reste à la maison. Donc, je ne pouvais pas aller me livrer aux drogués, parce que Taliby Dabo est allé chercher les jeunes de la gare routière de Moussadjan pour les faire droguer et ils ont passé toute la nuit au carrefour Komarala loisir. Donc, on ne peut pas dire que l’UFDG n’a pas participé. Mais, pour sauvegarder la vie de Dogbo, c’est la raison pour laquelle que je n’y ai pas été.

Guineematin.com : vous estimez donc que vous étiez en danger de mort ?

Antoine Dogbo Guilavogui : c’était monnaie courante. Dans la manifestation, tout le monde disait où est Dogbo Guilavogui ? Les autres venaient en second plan, c’est moi seul qu’on recherchait. Vous pouvez demander aux autres collègues. Je n’ai pas une police, je n’ai pas de gendarme, les collègues me disent non, on ne peut pas sauvegarder ta vie. Nous sommes maintenant là, menacé, vous voulez que j’aille me livrer à des bandits, des drogués ? Sinon, j’étais prêt moi.

Guineematin.com : pour cette marche pacifique du 30 avril 2019, est ce que vous avez reçu l’autorisation des autorités administratives ?

Antoine Dogbo Guilavogui : nous avons eu l’autorisation. C’est quand les gens du RPG sont passés maintenant dans des medias pour dire qu’ils vont aussi sortir manifester, que le maire est passé nuitamment lui aussi dans le même media, pour dire qu’il n’y aura pas de marche, ni pour le RPG ni pour le front. Il y a du poids, deux mesures. Nous avons été autorisés. C’est les menaces de Taliby Dabo et de Mamby qui ont fait que le maire est parti à la radio, pour dire qu’il n’y a pas de manifestation, alors que c’est le front qui avait déposé une demande de manifestation et pire que ça, le maire dit qu’il avait déposé une demande de contremanifestation à notre niveau, mais c’est faux.

Guineematin.com : dans une interview qu’il a accordée récemment à notre organe, Taliby Dabo a dit qu’à la veille de cette manifestation que les militants de sa formation politique ont été attaqués et agressés par les membres du front. Que répondez-vous ?

Antoine Dogbo Guilavogui : il faut que Taliby arrête. Tous les régimes vont changer. Il faut qu’il sache que ça le rattraperait dans le temps. Il n’y avait que les responsables du RPG qui étaient regroupés devant le siège du PADES, comment on pouvait aller les attaquer en disant qu’ils étaient avec les loubars ? Ce n’est pas honorable pour lui. Un jour, le régime là va finir, Taliby Dabo va marcher et parler, personne ne l’écoutera. Quel est le papier qui a signifié à la mairie que le RPG devait sortir ce jour ? C’est eux qui sont venus pour attaquer, il faut qu’il soit objectif.

Guineematin.com : quelle a été votre réaction quand vous avez vu les images des autres membres du FNDC se faire malmener par les partisans du RPG ?

Antoine Dogbo Guilavogui : ça veut dire qu’Alpha Condé n’est pas venu pour faire la démocratie. Quand on empêche les uns de manifester, au même moment vous permettez aux autres de manifester, il y’a eu du deux poids, deux mesures. Quand on battait nos collègues, les gendarmes sont là. Quand c’est un peu grave, ils les extirpent dans les mains des RPGistes pour les envoyer à la gendarmerie, bien que les Nongo sont blessés, on dit non vous ne sortez plus ici. C’est grave.

Guineematin.com : que répondez-vous à Taliby Dabo qui dit que toute manifestation anti-troisième mandat est illégale et que le RPG fera tout pour empêcher ces manifestations ?

Antoine Dogbo Guilavogui : cela veut dire que c’est Taliby qui est le gouverneur, le préfet et tout. Quand il se tape la poitrine qu’il n’y aura aucune manifestation en Haute guinée, il est qui pour dire ça ? Il est soumis à l’autorité comme nous tous. Mais, il brave cette autorité. Cela veut dire qu’il n’y a ni Gouverneur, ni Préfet.

Guineematin.com : est-ce que dans les jours à venir le front va manifester encore à Kankan ?

Antoine Dogbo Guilavogui : d’abord, nous allons faire face à cette barbarie devant la loi. C’est notre première action. Nous allons porter plainte. S’il est vrai que la justice est indépendante, nous portons plainte.

Interview réalisée à Kankan par Abdoulaye N’koya SYLLA, pour Guineematin.com

Tél : (00224) 627 24 13 24

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