Comme annoncé précédemment, le procès en appel des sept membres du front national pour la défense de la constitution (arrêtés, jugés et condamnés la semaine dernière à Kindia) s’est tenu hier, lundi 13 Mai 2019, à la cour d’appel de Conakry. Dans sa décision, la cour a déclaré les prévenus non coupables des faits qui leur sont reprochés. Et, par conséquent, elle les a renvoyés des fins de la poursuite « pour délit non constitué », tout en ordonnant que leur t-shirts ‘’anti 3ème mandat’’ leur soient restitués.

Me Mohamed Traoré

Une décision fortement saluée par le collectif des avocats de la défense (conduit par Me Mohamed Traoré, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée) et les membres du FNDC qui étaient présents dans la salle d’audience, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi ce procès.

Au sortir de cette audience qui avait tout l’air d’une simulation de procès, Me Salifou Béavogui a une fois de plus dénoncé la décision rendue dans cette affaire en première instance à Kindia, avant de savourer une victoire en appel où il estime que le droit a été dit.

Me Salifou Béavogui

« J’ai dit que dans cette affaire il n’y a pas d’infraction. Il n’y avait pas de tentative, il n’y avait pas de délit. Et, la cour vient de suivre le collectif des avocats de la défense. En application des dispositions de l’article 544 du code de procédure pénale (…), la décision de première instance vient d’être infirmée en toutes ses dispositions et nos clients sont renvoyés des fins de la poursuite… C’est le droit qui a triomphé. C’est la liberté, la démocratie et les libertés individuelles et collectives qui ont triomphé. Et, je suis très content parce que le droit a été dit. Nos clients vont recouvrer leur liberté à l’instant T », s’est réjoui Me Béavogui.

Foniké Mangué

Du côté du front national pour la défense de la constitution, on salue une « victoire pour le peuple de Guinée ». Et, annonce Foniké Mangué, membre dudit front, « le combat continue très foncièrement et très stratégiquement. Nous irons jusqu’au bout. Ce ne sont pas les menaces ou les intimidations qui nous feront reculer ».

Pour sa part, Sékou Koundouno estime que cette décision de la cour est un appel très fort à l’endroit « des gangsters, des pyromanes, des imposteurs en col blanc qui ont pris cette République (la Guinée) en otage dans le seul objectif de transformer cette République en monarchie. Nous ne sommes ni au précambrien, ni au quaternaire où on peut se laisser sous la domination du prince. Nous sommes dans une République ! Et, il faut que chaque citoyen prenne ses responsabilités et que la justice puisse dire le droit. C’est un jour historique, la justice est en train de tracer une très bonne voie pour rassurer les justiciables que nous sommes. Le combat va continuer afin que ce groupe de gangsters (promoteurs du 3ème mandat ou d’une nouvelle constitution) qui veulent instaurer la monarchie soient déboutés et qu’on puisse instaurer cet Etat de droit qu’on a toujours cherché », a dit Sékou Koundouno, administrateur général de la cellule ballai citoyen de Guinée.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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