Mme Keïta Bountouraby Soumah, responsable du service Genre et Équité au ministère de l’Economie et des Finances

Dans les sociétés comme la nôtre, il n’est pas du tout aisé d’être une femme mariée et d’être salariée de quelqu’un. Si la plupart des femmes désirent trouver un emploi leur permettant d’avoir un revenu, ce ne sont pas toutes qui parviennent à bien gérer leur foyer et leur travail à la fois. Les obligations étant nombreuses, beaucoup ne parviennent pas à s’en sortir. Comment faire donc pour réussir à gérer cette double fonction sans faillir à ces obligations ? Pour en parler, Guineematin.com a donné la parole à deux dames qui ont une expérience en la matière.

Mme Fatou Ann Souaré

Notre première interlocutrice, c’est madame Fatou Ann Souaré, directrice exécutive de l’ONG WAFRICA. Pour commencer, elle reconnaît que cette tâche n’est pas du tout facile. « Gérer la vie au foyer et la vie professionnelle, c’est quelque chose qui est difficile : le matin, il faut s’occuper des enfants, de la maison, après sortir pour aller au travail. Après le travail, il faut rentrer pour s’occuper encore une fois des enfants, du mari, de la maison, donc c’est un double emploi », dit-elle.

Ce double emploi et les difficultés qui vont avec, Fatou Ann Souaré les a vécus pendant qu’elle était salariée. Mais aujourd’hui, sa vie professionnelle a changé, et à la maison aussi, elle a beaucoup de chance. « Dans la vie professionnelle, je pense que suis quand même une personne privilégiée aujourd’hui parce que je travaille de manière un peu indépendante. Ce qui veut dire aussi que je n’ai pas de salaire.

En fait, c’est un choix qu’on fait. En plus de ça, à la maison aussi j’ai un grand appui de mon mari et de ma belle-mère, il y a beaucoup de choses pour lesquelles on m’aide. Donc je n’ai pratiquement pas de difficultés. La seule difficulté, le double emploi comme je le disais tantôt. C’est-à-dire qu’il y a des travaux à faire le matin avant d’aller au bureau et des travaux à faire aussi le soir au retour du bureau », explique la directrice exécutive de l’ONG WAFRICA.

De par son expérience, notre interlocutrice estime que sans un maximum de courage et d’attention, une femme ne peut pas gérer son foyer et son travail sans faillir à certaines de ses obligations. « C’est pourquoi il faut faire très attention, être vigilant et savoir faire le bon choix. Je vous ai dit que j’ai choisi d’être indépendante parce que j’ai eu une certaine expérience pendant que je travaillais comme employée. Je me suis dit qu’en avançant en âge et en ayant des enfants à la maison, je risque de faillir à certaines de mes obligations, soit à la maison ou au travail. C’est ainsi que j’ai décidé d’être indépendante et de travailler avec une certaine liberté.

Mais je sais que ce n’est pas tout le monde qui peut le faire, c’est pourquoi je dis que je suis privilégiée à ce niveau. Il y a des femmes qui sont obligées de travailler comme employées de quelqu’un. Et cela peut les empêcher de bien s’occuper de leur foyer. C’est pourquoi, il faut bien faire le choix. Parce qu’il y a des moments où la vie de famille est plus importante, il ne faut pas rater certaines choses ; et il y a des moments où la vie professionnelle est plus importante. Il faut donc prendre courage, évaluer les choses à tout moment et chercher à faire le bon choix », conseille madame Fatou Ann Souaré.

Contrairement à cette dernière, madame Keïta Bountouraby Soumah, elle, est fonctionnaire. Elle est la responsable du service Genre et Équité au ministère de l’Economie et des Finances. Un travail assez contraignant pour une mère de famille. Mais elle aussi parvient à s’en sortir en gérant les choses avec tact. « Ce n’est pas du tout chose aisée. C’est pourquoi, il faut faire la négociation à la base et bien se planifier. Tout commence par la négociation, la compréhension et le respect mutuel.

De mon côté, je remercie mon cher époux qui me soutient et qui m’aide dans tout ce que je fais. S’il n’y avait pas cette compréhension je n’allais pas pouvoir arriver à mes fins. Déjà à la maison, je suis avec pas mal d’enfants : il faut les réveiller, les préparer à prendre le petit-déjeuner et à aller à l’école ; il y a aussi des petites tâches ménagères que je fais avant de sortir. Ça aussi, je le fais avec l’aide de mon mari, puis on part ensemble au bureau. Donc jusque-là, je m’en sors bien et au foyer et au travail », a-t-elle laissé entendre.

Bountouraby Soumah invite aussi les femmes au courage et à la bonne organisation afin de pouvoir travailler et bien s’occuper de leur foyer.

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin