Dans le cadre de la promotion du dialogue et la concertation dans les communautés, l’ONG Protégeons les Droits Humains (PDH) mène des activités dans 16 quartiers des 5 communes de Conakry. A travers le projet « Asseyons-nous et discutons », cette structure cherche à mobiliser les autorités morales, les femmes et les jeunes autour d’un espace de dialogue communautaire pour régler les différends entre voisins.

Un atelier de capitalisation du volet communautaire du projet s’est ouvert ce jeudi, 16 mai 2019 à la Maison des Jeunes de Ratoma. La démarche vise à faire le point sur les activités réalisées à Conakry, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

De nombreux responsables de quartiers, des imams, des leaders des femmes et des leaders des jeunes prennent part à cet atelier de capitalisation du volet communautaire du projet « Asseyons-nous et discutons ». Cette initiative, financée par Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), vise à promouvoir le dialogue et la concertation à travers les mécanismes traditionnels de prévention et de résolution des conflits.

Ibrahima Diallo

L’atelier de capitalisation vise à faire le point sur les activités réalisées depuis le lancement du projet au mois d’août 2018. Selon Ibrahima Diallo, président de l’ONG Protégeons les Droits Humains (PDH), « après identification des champions de la paix, à savoir les chefs de quartiers, de religieux, des leaders des jeunes, des leaders des femmes, nous sommes passés à la formation et au renforcement des capacités de ses membres sur la prévention et la gestion des conflits. Après cette formation, nous sommes passés à la phase d’installation des champions de la paix dans les différents quartiers identifiés par le projet. Ces champions de la paix ont mené des activités sur le terrain. Nous avons pensé, à cette phase du projet, d’organiser cet atelier de capitalisation des expériences, des actions déjà réalisées sur le terrain pour que les prochaines actions puissent connaitre également un résultat plus honorable que les résultats connus jusqu’à maintenant ».

Pour ce qui est des objectifs du projet, Ibrahima Diallo a fait savoir que c’est une manière de chercher à régler les malentendus dans les quartiers. « Il est essentiel de jeter un regard sur le rétroviseur pour se rendre compte comment nos parents vivaient avant, comment ils parvenaient à résoudre les conflits. Aujourd’hui, si vous remarquez, un simple conflit dans un quartier, qui n’est même pas un délit ou un crime, qui oppose deux voisins, ils vont s’exposer dans les commissariats ou les gendarmeries. Et pourtant, le bon voisinage sous-entend qu’on règle nos problèmes par le dialogue et la concertation », a laissé entendre le président de PDH.

Yamoussa Sylla

Pour sa part, Yamoussa Sylla, ingénieur agronome, responsable du quartier Dabompa Plateau, dans la commune de Matoto, a fait savoir que depuis qu’il est membre des champions de la paix, beaucoup d’activités ont été réalisées dans sa zone. « Nous effectuons beaucoup d’efforts dans la prévention des conflits qui surviennent dans notre quartier. Vous savez, quand il y a des tensions, quand il y a des histoires, les citoyens préfèrent envoyer le problème au commissariat de police ou à la gendarmerie ou même au tribunal. Les gens préfèrent aller vers ces institutions parce qu’ils ont les moyens ou qu’ils y ont quelqu’un qui peut prendre le problème à deux mains. C’est ce qui nous fatigue. Mais quelques fois, on parvient à prendre un problème du commissariat ou de la gendarmerie ou du tribunal même pour venir le régler dans notre quartier, au bureau même. Les tenions se sont apaisées en partie. Je peux vous dire que les gens commencent à comprendre », a dit monsieur Sylla.

Elhadj Aliou Diallo

Même son ce cloche chez Elhadj Aliou Diallo, jeune leader de Koloma, dans la commune de Ratoma, qui salue les actions menées depuis bientôt un an par le projet. Selon lui, les petits problèmes qui opposent les gens dans son quartier ont le plus souvent trouvé solution grâce à l’implication de son équipe.

Il faut rappeler que depuis le lancement de ce projet « 144 leaders d’opinion (jeunes, femmes, religieux et autorités locales), dont 9 par quartier, et 160 pais éducateurs (exclusivement constitués de jeunes), dont 10 par quartier, ont été identifiés et constitués en groupe de champions de la paix ».

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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