Le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA) a récemment annoncé le report de la date de la fin des cours dans les écoles publiques au 30 juin 2019. Une prolongation liée au retard causé par les trois mois de grève du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants de Guinée) et qui vise à rattraper le temps perdu. Pour l’heure, encadreurs, enseignants et élèves s’activent sur le terrain pour achever les programmes, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans la journée de ce mercredi 15 mai 2019, un de nos reporters s’est rendu au centre Sogué des aveugles et malvoyants, situé au quartier Ratoma Dispensaire, dans la commune de Ratoma, où les cours ont connu une grande avancée.

Selon la directrice de l’école, Delphine Sénia Zoumanigui, « nous, nous sommes à 95% du programme puisque nous ici, pendant la grève, on venait travailler. On venait travailler parce qu’on a un bus de ramassage qui partait prendre les enfants chez eux et on venait. Pourquoi ? Parce que nous, notre façon d’enseigner est différente de celle des autres voyants. Donc, il faut être permanemment à l’école une fois que l’ouverture est faite, pour que les enfants puissent assimiler les cours. Notre écriture est très difficile à apprendre. Donc, arrêter subitement, ce n’est pas bon pour les enfants. Donc, c’est pourquoi nous, nous nous sommes concertés en enseignants, on a pris des décisions, on a dit qu’il faut qu’on vienne pour ne pas que les enfants perdent leurs cours, parce que non seulement c’est des enfants qui ne voient pas, mais encore leur apprentissage est trop lent. Donc, on ne peut faire des cours de rattrapage comme chez les autres. Passer toute une journée, on ne peut pas, parce qu’il y a une certaine heure à laquelle on doit arrêter les cours », a-t-elle expliqué.

Par ailleurs, la directrice a fait savoir que son école compte « six (6) groupes pédagogiques, dont une classe d’examen. Nous avons au total cinquante huit (58) élèves pour toutes les classes confondues, dont quatre (4) en 6ème année. Tous les 4 sont des garçons ».

En ce qui concerne les difficultés dont souffre le centre, madame Delphine Sénia Zoumanigui en a révélé les principales, dont : le manque de matériel didactique, l’approvisionnement de la cantine et l’accès à l’eau potable.

« Nous avons des problèmes de matériels didactiques. Vous savez, les matériels didactiques que nous utilisons ne se trouvent pas en Guinée. C’est seulement à l’extérieur qu’on peut les trouver et les enfants qui sont là sont plus petits. Ils peuvent les détruire. C’est pourquoi à tout moment, on a besoin de matériels didactiques. Nous avons aussi des problèmes au niveau de la cantine qui ne fonctionne pas. Nous avons besoin des gens qui vont nous aider à ce que la cantine fonctionne bien. Parce que, le premier élève est pris chez lui dans les bandes de 4h du matin, et le dernier à rentrer, rentre à 19h 30. Donc, ce n’est pas facile de garder les enfants sans leur donner au moins un peu à goûter. Nous avons aussi des problèmes d’eau. Nous n’avons pas d’eau dans l’enceinte du centre. Nous sommes obligés de donner l’argent et aller acheter de l’eau dans les bidons pour les transporter. Et ça, non seulement c’est de l’eau potable pour que les enfants puissent boire, mais aussi trouver de l’eau pour les toilettes. Donc, nous cherchons des gens qui vont nous faire un forage dans l’enceinte du centre », a fait savoir la directrice du centre Sogué.

Il est à rappeler les examens nationaux se dérouleront au courant du mois de juillet prochain, selon des sources basées au Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation.

Mamadou Bhoye Sow pour Guineematin.com

Tel : 622 91 92 25 / 66 91 92 25

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