Les fissures causées par les dernières élections locales continuent de faire des effets dans certaines zones, bastions du RPG Arc-en-ciel. C’est le cas de Komodou, une sous-préfecture située à 42 kilomètres de la ville de Kérouané. 22 personnes qui ont quitté le parti au pouvoir à la veille de ces élections sont emprisonnées dans cette localité depuis un mois, sans jugement. Ces dissidents ont été arrêtés pour s’être opposés au maire issu du RPG Arc-en-ciel, a appris le correspondant de Guineematin.com basé à Kankan.

Selon Laye Karamo Konaté, un citoyen de Komodou, les personnes détenues étaient, pour la plupart, des membres actifs du RPG Arc-en-ciel. Mais, lorsqu’il s’est agi d’élaborer la liste de candidature pour les élections locales du 04 février 2018, ces membres se sont opposés à la décision de la coordination régionale de leur parti de désigner le président de la délégation de Komodou, Ibrahima Kalil Konaté, comme candidat du RPG Arc-en-ciel à la mairie de cette commune rurale.

« C’est ainsi qu’ils ont créé un mouvement indépendant, à sa tête Lancinè Konaté. Après le scrutin, le RPG est sorti vainqueur des élections. Les indépendants se sont opposés à ce résultat, les affrontements ont commencé », rappelle Laye Karamo Konaté.

Malgré l’opposition des indépendants, le candidat du parti au pouvoir a été installé à la tête de la mairie. Mais, ses opposants ont décidé de l’empêcher d’occuper les lieux. Ils ont organisé des manifestations de rue et ont érigé des barricades à l’entrée de la mairie.

C’est dans ces conditions que 22 personnes ont été arrêtées et écrouées depuis un mois, sans jugement. « Ils sont au nombre de 22 personnes : 3 femmes et 19 hommes. Ils sont été arrêtés le 15 avril 2019 à Komodou, puis transférés le 23 du même mois à la prison civile de Kérouané. Parmi eux, il y a une femme très âgée, elle a une médaille pour son dévouement en faveur du RPG ; il y a aussi un enfant de moins de 15 ans. Jusqu’à présent, ils n’ont pas été présentés à un juge », déplore notre interlocuteur.

Interrogé à ce sujet, le préfet de Kérouané, Sékou Tourama Diabaté, a confirmé l’information. Mais, il souligne que cette affaire est gérée par le gouvernorat de Kankan. « J’ai trouvé ce dossier ici, de la manière dont vous l’avez appris c’est comme ça que j’ai appris aussi. Donc depuis lors, ces gens sont en prison, c’est tout ce que je sais dans ce problème. Parce qu’il y a beaucoup de choses qui se racontent par ci, par là.

On m’a dit que c’est un groupe qui se dit indépendant, qui n’a pas reconnu le maire élu. Alors, ils se sont mis à faire du n’importe quoi. C’est ainsi qu’ils ont été arrêtés sur instruction du gouverneur et envoyés en prison. Le procureur n’était même pas là, il est rentré hier. Je suis rentré en contact avec lui ce matin, il m’a dit qu’il venait pour qu’on échange sur beaucoup de dossiers », a dit le préfet.

Selon des sources proches du dossier, les 22 personnes détenues ont constitué un avocat à Conakry. Ce dernier serait même en route pour Kérouané.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél. : 00 224 627 24 13 24

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