Malgré la forte exploitation minière en cours dans la région, la vie est loin d’être aisée dans la ville de Boké. Les habitants du Kakandé éprouvent d’énormes difficultés pour avoir de l’eau potable. En effet, plusieurs quartiers ne sont pas couverts par la SEG, et même ceux qui sont couverts reçoivent rarement de l’eau dans leurs robinets. Avoir de l’eau potable relève donc d’un véritable parcours du combattant, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

Pour de nombreux habitants de la ville de Boké, la première préoccupation de chaque jour, c’est comment se procurer de l’eau. C’est notamment ceux du quartier Yomboya, non couvert par le réseau de distribution de la Société des Eaux de Guinée (SEG). Ici, c’est un forage installé par un particulier qui permet aux citoyens d’avoir de l’eau potable. Il faut débourser 500 francs pour remplir deux bidons de 20 litres.

Mais, l’argent ne suffit pas pour avoir cette denrée indispensable. Il faut aussi du courage et de la patience. « Nous souffrons énormément parce qu’il n’y a pas assez de forages chez nous ici et il y a beaucoup de bidons. Depuis le matin moi je suis là, et c’est maintenant (13 heures) que j’ai rempli mes bidons. Partout c’est comme ça », témoigne Aboubacar Bangoura, citoyen de ce quartier.

S’arrêter pendant 3 à 4 heures du temps pour avoir de l’eau, c’est le quotidien de plusieurs habitants de la ville de Boké. Une situation que déplore fortement Yagouba Somparé. « Sérieusement, la population de Boké souffre du manque d’eau. Moi je loge au quartier à Lambanyi, mais chaque 5 heures du matin je suis là, et chaque 14 heures je suis là pour chercher de l’eau pour ma famille. Mais avec ce gouvernement on ne comprend plus rien. Avec toutes les sociétés qui sont là, personne ne peut venir en aide à Boké », fustige ce citoyen, en colère.

Ibrahima Sory Soumah gère le forage privé situé au quartier Yombonya. Selon lui, son activité est vraiment intense actuellement. « Les quartiers environnants comme Koffia et Yomboya ne sont pas couverts par la SEG. Donc leurs habitants viennent puiser de l’eau ici. Chaque jour, je sors à 5 heures du matin pour rentrer à 21 heures ou 22 heures. De fois je suis fatigué, j’ai envie de rentrer, mais c’est impossible parce qu’il y a trop de monde. Et il faut que je ferme avant de partir », souligne-t-il.

Pour les citoyens de cette ville, cette situation est incompréhensible alors que la région de Boké est considérée comme étant le poumon économique de la Guinée.

De Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 98 49 38

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