Le conseil administratif (CA) préfectoral de Boké qui devrait normalement prendre fin hier, jeudi, se poursuit ce vendredi, 17 mai 2019, au village communautaire de la commune urbaine. Des échanges fructueux, parfois houleux, se déroulent depuis le premier jour. Avec tous les services qui sont intervenus, le Préfet de Boké, Aboubacar M’Bop Camara, a noté des avancées et des insuffisances. Mais, au niveau de la police, la réaction de monsieur M’Bop est sans langue de bois.

« Je félicite le Commissaire central adjoint qui m’a impressionné par sa brillante intervention. Vous faites vraiment beaucoup ; mais, il y a des insuffisances notoires au niveau de la police. Il y a trop de banditisme actuellement à Boké. Aujourd’hui, il y a plusieurs endroits de la ville où des jeunes consomment des stupéfiants, font du n’importe quoi et s’attaquent à des paisibles citoyens. Normalement, vous auriez monté des stratégies pour mettre fin à cela. Mais, comment pouvez-vous le faire pendant que vous-mêmes vous avez des délinquants parmi vous », a dénoncé le préfet, avant de menacer : « Je peux même indexer des agents »…

Parlant de ses attentes de la police, le préfet a expliqué : « Normalement, chaque matin, le Préfet, avant de sortir, devrait recevoir des informations de la part de la police. Mais, si ce n’est pas le commissaire de Sangarédi qui me remonte des nouvelles, personne d’autres ne le fait. Depuis que je suis venu Préfet de Boké, en 2017, vous ne m’avez jamais déposé de rapports si ce n’est qu’hier (jeudi 16 mai 2019). Il y a même des policiers qui me manquent moi-même du respect ; parfois, je peux les traquer au tribunal militaire. Je vous en prie, réorganisez les services de sécurité. Vous devez sanctionner les fautifs qui ne respectent pas la hiérarchie », a-t-il recommandé.

Après les accusations du Préfet, le commissaire central de la police de Boké, le Colonnel Hassane Tounkara a répliqué : « nous vous remontons régulièrement les informations. Je suis très étonné que vous nous disiez ici que vous ne recevez pas des informations de notre part. Nous le faisons pourtant régulièrement. Vous-même vous savez que nous avons des problèmes très sérieux de fonctionnement, des problèmes que vous ne pouvez pas ignorer monsieur le préfet. Mais comme vous le dites ainsi, nous serons avec vous à partir d’aujourd’hui, c’est promis », a réagi le Commissaire central.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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