Plusieurs bâtiments qui ont été inondés dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 mai 2019, entraînant 5 morts et un porté disparu à Dabondy 3, dans la commune de Matoto. Après ce drame, plusieurs constructions ont été démolies sur les lieux alors d’autres ont été marqués au rouge sur ordre de la mairie, en rapport avec les responsables du quartier, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Des habitations ont été détruites à Dabondy 3, d’autres ont été marquée au rouge quelques jours après les inondations meurtrières enregistrées sur les lieux. Selon nos informations, c’est sur ordre de la mairie de Matoto que cette opération de déguerpissement a eu lieu.

Abdoulaye Camara

Rencontrées par Guineematin.com, certaines victimes ont expliqué leur calvaire et demandent l’aide du gouvernement et des bonnes volontés. Abdoulaye Camara, à la fois victime de l’inondation et de cette casse spontanée, habite le quartier Dabondy 3 depuis plus de 30 ans. « Quand le Premier ministre et le maire sont venus, ils ont ordonné à ce qu’on libère le canal. Ainsi, ils ont ciblé certaines concessions, dont la nôtre. Aussitôt, ils ont commencé à démolir. Ils ne nous ont même pas donné un préavis. Ils sont venus, ils ne nous ont rien dit. Dès qu’ils ont arrivés, ils ont ordonné au génie civil de casser. Vous voyez, ils ont démoli notre maison. De l’autre coté aussi, ils vont démolir, tout est coché. Ils vont tout démolir. Donc à l’heure-là, on ne sait pas où aller. Nous habitons là depuis 1984. Non sommes nés ici et avons grandi ici. On ne connait nulle part où aller et ils n’ont rien dit aussi pour notre dédommagement », a déploré la victime.

Par ailleurs, Abdoulaye Camara se dit aujourd’hui désemparé et demande l’aide du gouvernement et des bonnes volontés. « Nous, nous n’avons pas de force. C’est l’Etat qui a la force. Nous, nous ne pouvons que lui faire face et lui demander de l’aide. C’est bien vrai que nous sommes dans cette situation là, mais c’est le devoir de l’Etat de nous venir en aide. Si l’Etat ordonne aujourd’hui de casser toutes nos maisons, ça, c’est très difficile à consommer pour nous. Et actuellement, c’est le Ramadan, on passe toute la journée sous le soleil et, on ne sait pas dans les jours à venir s’il va pleuvoir ou non. En tout cas, s’il pleut dans ces situations là, ça sera très difficile. Donc, nous demandons l’aide du gouvernement et des bonnes volontés ».

Yamoussa Camara

Pour sa part, Yamoussa Camara dit avoir perdu certains de ses biens dans la destruction de sa maison, un bâtiment de 5 chambres, un salon, 1 toilette interne. « Ils sont venus le matin, ils ont dit qu’ils veulent démolir la maison. Le chef de quartier est venu dire qu’ils veulent démolir. Il m’a dit de rester tranquille, de ne pas réagir. Au moment où le chef de quartier me disait de rester tranquille, la machine continuait à démolir ma maison. Pendant ce temps, le maire vient ordonner de sortir nos biens dedans. C’est ainsi que j’ai essayé de sortir quelques biens, mais pratiquement on y a perdu assez. Nous n’avons pu enlever ni portes, ni fenêtres et même les tôles. Au moment où ils faisaient sortir nos effets, le maire ordonne de casser. Les voisins ont réagi. Il a dit que c’est mon affaire puisqu’il m’a dit de les faire sortir depuis 9 heures et qu’ils vont casser. Pourtant, on voulait enlever tout : les tôles, les bois, les portes et les fenêtres. Mais, rien du tout n’a pu sortir. Ils ont démoli comme ça le bâtiment principal et les toilettes. Il reste les annexes », a expliqué le père de famille.

Aliou Alia Sylla

De son côté, Aliou Alia Sylla, rescapé de l’inondation, loge dans une chambre contigüe au grand caniveau. Le toit de cette chambre prise pour cible par les casseurs est déjà décoiffé par les menuisiers sur ordre de la victime. « Le samedi, les autorités sont venues avertir, pour dire aux gens de casser nos bâtiment, alors que moi je viens d’échapper à la mort suite à l’inondation. Vous voyez, ils ont coché ma chambre. Chez mes voisins, ils ont cassé une grande partie de leur maison. Moi, c’est Dieu qui m’a sauvé, si non j’allais mourir ici la nuit du vendredi. Vous avez vu mon pied ? Quand l’eau est venue, on est venu taper à ma porte pour me dire qu’il y a une inondation. Je suis sorti, j’ai trouvé que l’eau était partout. Je suis monté au toit pour échapper. C’est ainsi que je me suis blessé en montant », a expliqué le jeune Alia Sylla.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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