Poursuivis pour vol à main armée, Ibrahima Keïta, Morlaye Camara et Aboubacar Camara ont comparu ce mardi, 21 mai 2019 devant le tribunal criminel de Dixinn. Deux des accusés ont nié en bloc les faits qui leur sont reprochés et le troisième les a reconnus partiellement, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

C’est en juin 2017 que ces trois accusés ont été arrêtés. Leur interpellation est survenue au lendemain d’une attaque à main armée qu’ils auraient commise le vendredi, 18 juin 2017 aux environs de 21 heures, au quartier Wanindara, dans la commune de Ratoma. Les trois jeunes auraient profité de l’obscurité et de la pluie qui s’abattait pour attaquer Mamadou Sadialiou Baldé, médecin, qui rentrait chez lui. Selon l’accusation, ils se sont servis de fusils de fabrication locale et de couteaux pour intimider la victime, afin de lui retirer une somme de 600 mille francs guinéens et son téléphone portable.

A la barre, c’est Ibrahima Keïta, voisin de la victime, qui a été le premier à s’expliquer devant le juge, Ibrahima Kalil Diakité. L’accusé a rejeté en bloc les faits qui lui sont reprochés. « Je revenais d’un Kiosque où je regardais un match de football mais le courant est parti. A mon retour donc, je suis tombé sur des militaires qui étaient postés dans un coin d’une ruelle du quartier. Ils m’ont arrêté et retiré mon téléphone. Je leur ai demandé qu’est-ce que j’ai fait, ils m’ont dit qu’ils faisaient la patrouille.

Mais, quand on est arrivé au commissariat, ils m’ont dit que c’est à cause de Docteur, mon voisin qu’on a attaqué, qu’ils m’ont arrêté. Je leur ai dit que je suis innocent, je ne connais rien dans cette affaire. Le lendemain, Docteur est venu m’identifier soi-disant que ce sont mes amis et moi qui l’avons attaqué le soir. J’ai répondu que je ne peux pas faire cela à Docteur parce que c’est un voisin, on se connaît très bien. Je n’ai jamais volé, je suis un maçon. Quand je quitte le travail je suis très fatigué, je me couche », s’est-il défendu

De son côté, Aboubacar Camara, déjà condamné à 18 mois pour vol dans une autre affaire, a reconnu les faits de vol. Mais, il nie la détention d’une quelconque arme. « Oui j’ai volé, on a pris son téléphone et son argent. Mais, j’étais avec Morlaye et mon petit VIP, Ibrahima Keïta ne faisait pas partie du groupe. On a profité de l’obscurité pour l’attaquer et le dépouiller de ses biens: 600.000 GNF et un téléphone de marque Tecno. Mais en cours de route, on a perdu l’argent en cours de route, on l’a plus retrouvé. Et, on n’était pas armé, je n’ai jamais détenu une arme », a-t-il expliqué.

Des explications balayées d’un revers de la main par le président du tribunal, Ibrahima Kalil Diakité. Le juge a indiqué que lors de la perquisition du domicile d’Aboubacar Camara, il a été retrouvé sur les lieux « 10 complets de tenue militaire,3 bérets verts militaires, un fusil, deux chargeurs, un casque militaire, un chapeau militaire, 4 galons militaires de grade capitaine, un sac contenant de chaussures militaires ainsi que deux permis de conduire de noms différents ».

L’accusé s’est défendu en disant que ces objets appartiennent à son père qui était militaire et qui est décédé en 2015. Mais cet argument est loin de convaincre le procureur, Daouda Diomandé. « Monsieur Camara, dites-nous la vérité, arrêtez de vouloir berner le tribunal parce que vous n’y arriverez pas. Tous ces objets vous appartiennent. Même si c’était à votre père, dans les conditions normales, vous devez les rendre après son décès. Mais non, vous portez ces tenues la nuit avec l’arme pour dépouiller les citoyens de leurs biens », martèle le procureur.

Pour sa part, Morlaye Camara, le troisième accusé, a dit n’avoir pas participé au vol. Il reconnaît tout simplement avoir donné une somme de 10.000 francs guinéens à Aboubacar Camara pour que ce dernier lui donne le téléphone volé à la victime. « Un jour, j’ai rencontré Aboubacar Camara et son petit VIP, je leur ai demandé où ils se rendaient, ils m’ont dit qu’ils partaient à Kobaya. J’ai dit alors de cheminer avec eux. C’est en cours de route qu’on a rencontré Docteur (la victime, ndlr).

Aboubacar et VIP l’ont agressé, moi j’ai couru pour aller m’arrêter quelque part. Quelques minutes après, ils m’ont rejoint et m’ont demandé pourquoi je suis parti, je leur ai dit qu’on ne s’était pas convenu qu’on allait attaquer quelqu’un et que cela n’est pas dans mon programme. C’est ainsi que Aboubacar Camara m’a montré le téléphone qu’ils ont pris, il m’a dit de payer 15.000 francs il va me le remettre. J’ai payé 10.000 ce jour et le lendemain on m’a arrêté », a-t-il laissé entendre.

Après les explications des trois accusés, l’affaire a été renvoyée au 27 mai 2019 pour la comparution de la partie civile.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. 224 623 53 25 04

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