De nombreux jeunes guinéens rêvent d’accéder à l’université dans le cadre de leurs études supérieures. Mais, le rêve peut parfois tourner au cauchemar pour certains, le plus souvent orientés loin de leurs villes natales. C’est le cas de nombreux jeunes étudiants orientés à l’Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire (ISAV) de Faranah qui tirent le diable par la queue, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Ils sont nombreux à venir des autres villes de la Guinée pour rallier la ville de Faranah dans le cadre de leur formation. Mais, la réalité est parfois compliquée pour nombre d’entre eux, surtout ceux qui n’ont pas de parents dans la ville avec des moyens modestes. Ils traversent des périodes pour le moins difficiles.

Ibrahima Sory Camara

C’est le cas d’Ibrahima Sory Camara, étudiant en licence 3, département Eaux et Forêts, Environnement. « La vie estudiantine n’est pas facile à l’intérieur, surtout ici à Faranah. L’achat des brochures, la connexion pour les recherches, le loyer, le manger, tout ça ce n’est pas facile. Les pécules viennent au moment où l’étudiant a pris beaucoup de dettes. C’est pourquoi, je me suis posé la question de savoir est-ce que je pourrais dispenser les cours dans le lycée ? La réponse était oui. Grâce à l’assistance de certains prof, je suis professeur principal dans une école privée BAFOSSA et j’ai des groupes de révision. Je demande à l’Etat, s’il n’augmente pas les pécules, mais d’assurer la distribution gratuite des brochures aux étudiants, de lancer la connexion internet au sein de l’institut pour faciliter la recherche pour les apprenants », a-t-il sollicité.

Jérôme Kamano

Même son de cloche chez Jérôme Kamano, étudiant en licence 3, département Agroforesterie, qui est devenu conducteur de taxi-moto dans la ville de Faranah. « Je viens de Kissidougou, je fais le métier de taxi-moto dans la ville de Faranah parce que les parents n’ont pas de moyens, et je ne reste pas tranquille en comptant sur les pécules, 105 mille francs guinéens et ça aussi est payé par trimestre. Il y a les brochures à acheter, le logement, la nourriture et si on se contente de ça seulement, ça ne peut pas aller. Et chaque fois appeler les parents à mon âge, là c’est honteux. C’est pourquoi, je me suis dit de me battre pour subvenir à mes besoins. Je demande à l’Etat de construire les dortoirs au sein de l’institut, de prendre l’alimentation en charge. Imaginez-vous, on paye le logement, le transport pour se rendre à l’institut, acheter les brochures, etc. Donc, la charge est trop lourde. Je prie l’Etat de revoir la situation des étudiants en Guinée, surtout ici à Faranah », a lancé Jérôme Kamano.

Siba Doré

Pour sa part, Siba Doré, étudiant en licence 2, au département Eaux et Forêt, Environnement, vient de N’zérékoré. Par la force des choses, il est devenu réparateur de téléphones portables. « C’est grâce à la réparation des téléphones portables que je parviens à satisfaire mes besoins parce qu’ici, la vie n’est pas facile. C’est pourquoi, avant d’arriver ici à Faranah, j’ai jugé nécessaire d’apprendre ce métier afin d’être autonome, pour pouvoir épargner les parents pour les petits besoins. Aujourd’hui, grâce à ce métier, je me dis, Dieu merci. L’Etat doit venir en aide aux étudiants, créer des conditions pour qu’on découvre les talents. Il y a des initiatives, mais s’il n’y a pas d’accompagnement, ce n’est pas facile de progresser. Ici, les étudiantes sont logées au campus et les étudiants souffrent dans les quartiers. Je trouve ça anormal. Nos parents n’ont pas les moyens pour prendre en charge les logements. L’Etat doit voir ça. Si non, nous étudions dans des conditions très difficiles, parce que tu ne pourras jamais apprendre comme il faut dans ces conditions. Donc, prières à l’Etat de nous venir en aide », a-t-il plaidé.

Tous ces étudiants interpellent le gouvernement guinéen sur leurs conditions de vie difficiles et invitent à prendre des mesures pour améliorer leur situation. Ils sollicitent notamment l’accompagnement des étudiants dans leurs projets, l’augmentation de la bourse et la construction de dortoirs au sein du campus.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

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