La capitale guinéenne connait depuis ce mercredi, 22 mai 2019, une rupture dans la fourniture du carburant, notamment de l’essence. Les stations sont fermées à de nombreux endroits de Conakry au grand dam des citoyens, pris au dépourvu. C’est le cas dans la commune de Ratoma, où certains citoyens n’ont pas caché leur déception, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Conakry et certaines villes de l’intérieur de la Guinée sont plongés ce mercredi dans une crise de carburant. La plupart des stations visitées dans la commune de Ratoma n’étaient pas fonctionnelles ce mercredi. De nombreux citoyens ont été affectés par cette situation.

Assis sur sa moto à la sortie de la station BTN de Kipé Dadya, le taxi-motard Abdoulaye Diallo dit avoir fait, sans succès, le trajet de la Cimenterie à Kipé. « Depuis la Cimenterie, je suis passé dans plusieurs stations services sans en avoir du carburant. Dans les stations services où en on trouve, c’est une file indienne interminable. C’est très difficile pour nous parce que s’il n’y a pas d’essence, on ne peut pas rouler et avoir notre dépense. Avec cette situation, nous craignons que le prix du litre ne soit augmenté au marché noir aussi. C’est pourquoi, nous demandons à l’Etat de revoir cette situation pour soulager la population », a-t-il lancé.

Quand à Macka Molota Camara, assis derrière le volant sa voiture à la station Total, située sur la transversale Kipé-Bambéto, il s’est dit surpris par la nouvelle et demande à l’Etat des explications. « Se lever et venir constater qu’il n’y a pas de carburant au niveau des stations services, c’est choquant. Dans une grande ville comme Conakry, s’il n’y a pas de carburant, comment les gens vont faire et surtout en plein mois de Ramadan ? Là, je n’ai pas le choix. Si je ne gagne pas le carburant, je serais obligé de garer et prendre une moto taxi pour faire mes courses. L’Etat doit clarifier cette situation parce que là ce n’est pas une question d’argent. L’Etat doit donc nous dire pourquoi il y a cette crise. Seulement, avec la conjoncture actuelle, le peuple n’acceptera pas qu’il y ait augmentation du prix du carburant à la pompe », avertit monsieur Camara.

Sous couvert d’anonymat, un gérant de station à Kipé a confié à notre reporter que cette crise cause d’énormes pertes au niveau des stations services qui développent une activité commerciale. « Il faut savoir qu’au niveau des stations services, nous avons des charges à supporter. Qu’on vende ou pas, ces charges sont obligatoires : le courant électrique va être payé, si on n’a pas le courant, il faut utiliser le groupe électrogène. Notre personnel sera payé, qu’on vende ou qu’on ne vende pas. Ce sont entre-autres des charges obligatoires à supporter. Dans cette crise, nous-mêmes, nous sommes des victimes parce que tout ce qu’on peut faire à notre niveau, c’est de lancer la commande et attendre la livraison du carburant à travers les camions citernes. Maintenant, si ces camions ne viennent pas, la faute ne nous incombe pas », a-t-il dit.

Selon nos informations, cette pénurie de carburant est lié un déficit au niveau du dépôt. Mais, chez nos confrères de la radio Espace FM, le ministre des hydrocarbures a rassuré les guinéens : « le bateau est arrivé, à partir de ce matin les dispositions sont prises. Je garantie que d’ici 72 heures, toutes les stations seront approvisionnées », a dit Diakaria Koulibaly.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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