Les déguerpissements à répétition menés ces dernières semaines dans la commune de Ratoma ne laissent pas indifférents les autorités de cette collectivité de la capitale guinéenne. Mamadou Cellou Diallo, un conseiller à la mairie de Ratoma, dénonce un acharnement contre les habitants de cette commune. Il l’a dit au micro d’un reporter de Guineematin.com, ce vendredi, 24 mai 2019.

Quelques semaines après le drame de Kaporo-Rails et Kipé 2 ou au moins 1 204 familles ont été expulsées de leurs maisons qui ont été démolies, le gouvernement guinéen est entré en action à Dar es-salam. Toutes les maisons situées aux abords de la plus grande décharge publique de Conakry sont en train d’être démolies depuis hier jeudi, 23 mai 2019.

Mamadou Cellou Diallo, conseiller à la mairie de Ratoma

Une situation que Mamadou Cellou Diallo, conseiller à la mairie de Ratoma, observe avec beaucoup d’amertume. Il dénonce un acharnement contre les citoyens de sa commune. « On peut assimiler cela à un acharnement. Parce que Ratoma n’est pas la seule commune de Conakry où il y a des zones réservées, mais c’est la seule commune où à tout moment, l’Etat vient pour démolir. Il y en a qui me diront non ils ont sévi à Dabondy et ailleurs, mais à Ratoma c’est devenu vraiment très récurrent. La plaie de Kaporo-Rails n’est pas encore guérie, c’est une autre plaie qu’on est en train de provoquer à Dar es-salam. C’est vraiment déplorable ! » S’insurge cet élu local.

Il indique que la mairie de Ratoma a, pourtant, tenté d’éviter cet autre déguerpissement, mais en vain. « Nous avons été écoutés mais nous n’avons pas été entendus. Pour Dar es-salam, ils avaient appelé à une réunion entre le chef de quartier de Dar es-salam et la commune, ils ont présenté le projet. Mais, bien avant l’éboulement de 2017 qui avait causé 9 morts, ils avaient commencé à parler de déguerpir les citoyens de cette zone. Et le président de la délégation spéciale d’alors, avec le chef de quartier, avait soutenu que ce n’était pas la bonne solution.

La solution était qu’on déplace le dépotoir d’ordures et qu’on laisse les citoyens vivre là. Lorsqu’ils nous ont invités à la réunion, le ministère a dit que cela n’était pas possible parce qu’il y aurait un financement de la BID qui attendait et qu’on risquait de perdre. Apparemment, ici on accorde plus d’importance à l’argent qu’à la vie humaine », regrette Mamadou Cellou Diallo.

Ce conseiller communal annonce tout de même que la mairie de la commune de Ratoma reste aux côtés des déguerpis pour leur apporter son appui. « Quand il y a eu cette histoire, ils ont proposé un dédommagement de 20 millions de francs guinéens mais les principaux concernés ont rejeté ces 20 millions. Le premier travail que nous (la mairie) on a fait à notre niveau, a consisté à faire un recensement de ceux qui vont être victimes de déguerpissement, et nous avons pensé à mettre en place une commission qui va se charger de s’occuper de cette crise. Actuellement, cette commission est en train de travailler avec les citoyens sur le terrain », a-t-il laissé entendre.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél: 224 623 53 25 04

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