Me Sory Daouda Camara, président de la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée

Après avoir observé deux semaines de grève générale, les huissiers de justice de Guinée se sont réunis à Conakry, hier, jeudi 23 mai 2019. La démarche visait à faire le bilan de la grève en cours et de mettre en œuvre de nouvelles stratégies pour arriver à leurs fins. Ils comptent sur les avocats, les notaires et commissaires priseurs pour paralyser l’appareil judiciaire, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

En grève depuis le 13 mai dernier, les huissiers de justice de Guinée n’en démordent pas. A l’occasion de leur assemblée générale de ce jeudi, les huissiers de justice ont fait le bilan de leur mouvement, globalement satisfaisant, ont-ils fait savoir.

Selon le président de la Chambre Nationale des Huissiers de Justice de Guinée (CNHJG), maitre Sory Daouda Camara, le mouvement a été régulièrement suivi par les huissiers de justice. « Depuis le début de ce débrayage, le mouvement a été régulièrement suivi par l’ensembles des huissiers de justice, exception faite de quelques 2 ou 3 cas d’indélicatesse que nous avons relevés à l’assemblée. Ces cas ont été dénoncés, fustigés. Et notre conseil de discipline a été chargé de statuer sur leurs cas. Sinon dans l’ensemble, le mouvement a été bien observé et le mouvement continu son cours normal. Et c’est le lieu de féliciter l’ensemble des huissiers de justice de Guinée pour l’observation de ce mouvement… »

Massivement mobilisés, les huissiers ont flétri le comportement de certains de leurs camarades qui n’ont pas voulu respecter le mot d’ordre de grève et promis des sanctions. « Nous avons tiré des leçons pour que des cas d’indélicatesse ne soient plus répétés par d’autres huissiers de justice. Parce que les premiers qui l’ont essayé, ils vont être sanctionnés. Des mesures vont être proposées par le conseil de discipline au bureau, les sanctions vont être prononcées, cela servira d’exemple pour que dans le futur d’autres ne reprennent pas la même erreur » a fait remarquer maitre Sory Camara.

Après ce constat, les huissiers ont décliné les nouvelles stratégies à prendre pour que leurs revendications soient satisfaites, notamment la fin des tracasseries et la prise en compte de leur statut particulier. Dans ce cadre, ils comptent sur les avocats et autres auxiliaires de justice pour paralyser l’appareil judiciaire. « Nous allons adresser des courriers officiels aux autres auxiliaires de justice à savoir : les avocats, les notaires ainsi que les commissaires priseurs pour demander leur accompagnement ».

En outre, les huissiers comptent sur le président Alpha Condé pour que leur situation change. « Nous avons estimé d’aller plus loin en essayant de rencontrer monsieur le Président de la République. Il est le président de tout le monde. Il n’est pas exclu que le projet de statut supposé être sur sa table pour signature ne soit même pas là-bas. Parce que nous avons eu quelques indiscrétions selon lesquelles le projet ne se serait pas retrouvé à la présidence. Donc, nous allons vérifier à la source pour voir si l’indifférence, c’est au niveau de monsieur le président de République, où alors ce sont les autorités, les cadres autour de la présidence qui ont, par inadvertance ou par négligence, gardé ce dossier dans un tiroir », a expliqué Sory Daouda Camara.

Parmi les nombreuses stratégies proposées, les huissiers ont écarté l’hypothèse d’une marche pacifique, de criante de se faire réprimer. « La question de projeter une marche a été proposée, mais lorsque cette question fut mise au vote, la majorité s’est prononcée contre pour ne pas être réprimé par les forces de l’ordre », a fait savoir le président de la CNHJG.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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