L’école primaire de Malapouya centre, une sous-préfecture située à 30 kilomètres de Boké, fonctionne ; mais, de façon discontinue. C’est le constat fait par l’envoyé spécial de Guineematin.com dans la localité, qui y a fait un tour dans la matinée de ce mercredi, 29 mai 2019.

Toutes les portes de l’école sont fermées, il n’y a l’ombre ni d’un écolier ni d’un enseignant. Intercepté sous des manguiers au centre-ville, un élève de la 2ème Année a répondu avec hésitation « nous, depuis plusieurs jours, on n’étudie pas. Notre maître n’est pas là. On ne sait pas où est-ce qu’il est parti », a-t-il dit avant de poursuivre ses amis à la recherche des mangues.

Pour en savoir plus, le journaliste de Guineematin.com est allé à la rencontre du président de l’association des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) à son domicile. Monsieur Younoussa Niaïssa a trouvé des excuses à l’unique enseignant de Malapouya : « il est venu me demander une permission de quatre (4) jours pour aller au chevet de sa femme qui est malade, alitée à l’hôpital régional de Boké. Donc, il est parti pour ça ! Sinon, malgré le fait qu’il gère seul quatre groupes pédagogiques (de la première à la quatrième année), il nous aide beaucoup », a indiqué monsieur Niaïssa.

Younoussa Niaïssa, président de l'association des parents d'élèves de Malapouya
Younoussa Niaïssa

Selon le président de l’APEAE, son organisation n’arrive pas à avoir des contractuels communautaires stables et l’État aussi n’affecte pas des enseignants à Malapouya. « Nous avions recruté un enseignant contractuel qu’on payait ici ; mais, il pouvait faire une semaine sans passer par l’école et il nous tendait la main à la fin du mois. Nous avons jugé nécessaire de nous débarrasser de lui », a-t-il précisé, avant de poser une doléance aux autorités éducatives. « Nous avons plusieurs fois demandé au DSEE de nous aider à avoir des enseignants ; mais, impossible ! Nous prions donc les responsables du système éducatif de Boké de penser à nous en nous envoyant des enseignants ».

A préciser qu’il y a une belle infrastructure scolaire nouvellement construite à l’entrée du centre sous-préfectoral qui doit servir de collège ; mais, pour le moment, non inaugurée. Et, selon d’autres sources, au-delà de ce manque d’enseignants, l’école de Malapouya souffre du refus des parents d’envoyer les enfants à l’école. Les travaux champêtres domineraient les études ici. C’est pourquoi, confie un citoyen sous réserve d’anonymat, « ce collège fera du temps sans être ouvert, puisque Malapouya n’aura pas d’effectif raisonnable pour retenir des professeurs du secondaire. On peut faire deux ans, trois ans sans avoir une sixième ici. Comment peut-on ouvrir un collège dans ces conditions ? », s’interroge-t-il.

A suivre !

De Malapouya, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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