Des conflits autour du partage de l’héritage sont très fréquents dans la société guinéenne. Des membres d’une même famille se disputent souvent pour des lopins de terre et autres biens, entraînant parfois des affrontements sanglants entre eux. Ce, après le décès du père de famille. C’est dans ce cadre que Thierno Sadou Barry, âgé de 51 ans, a comparu hier jeudi, 30 mai 2019 devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Ce militaire (béret rouge) est poursuivi pour menaces de mort à l’encontre de sa mère, Aïssatou Baldé, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, les problèmes entre la mère et son fils ont commencé lorsque la concession familiale a été mise en location après la mort du père. Thierno Sadou Barry, étant l’aîné de la famille, a suggéré que l’argent soit géré par lui. Chose que sa mère et ses quatre sœurs n’ont pas accepté. Ce qui a entraîné des disputes incessantes depuis la mort du papa en 2015. C’est ainsi que le 10 mars 2019, à 21 heures, muni d’un couteau, Thierno Sadou aurait proféré des injures et menaces de mort contre sa mère. L’une de ses sœurs a décidé alors de porter plainte contre lui pour menaces de mort à l’encontre de leur maman.

La gendarmerie a mis main sur Thierno Sadou Barry pour le déférer à la maison centrale de Conakry. En comparaissant ce jeudi, 30 mai 2019 devant le tribunal correctionnel de Dixinn, le prévenu a nié systématiquement les faits qui lui sont reprochés. Il affirme être victime d’un coup monté par ses sœurs, afin l’expulser de la concession. « Monsieur le président, je n’ai jamais menacé quelqu’un. Je suis l’aîné de la famille, le seul garçon parce que le deuxième garçon, mes sœurs l’ont rendu fou, il est dans la rue. Elles veulent faire la même chose avec moi, me faire sortir de la maison, me mettre en prison pour que je meurs là-bas. Ainsi, elles pourront faire des biens de la famille ce qu’elles veulent.

Il n’y a aucun problème entre ma mère et moi, ce sont mes sœurs qui l’ont montée. Le jour où les gendarmes sont venus me chercher, j’avais une petite porte que je voulais mettre de l’autre coin de la cour par où je pourrais sortir et rentrer pour ne plus avoir à faire avec eux. J’avais amené cette porte chez le soudeur, c’est là-bas qu’ils sont partis me prendre et m’enfermer à la gendarmerie. Comme ma sœur à des relations avec le Colonel Balla Samoura et le Général Baldé, c’est tout. Sinon, je n’ai rien fait. Leur objectif, c’est de récupérer tous les biens », s’est défendu le militaire.

Après les explications du prévenu, le procureur, Daouda Diomandé, lui demande pourquoi sa propre famille déciderait de le poursuivre et bousier sa carrière alors qu’il est innocent. « L’objectif de mes sœurs est que je meurs en prison afin de pouvoir récupérer tout l’héritage que mon papa m’a légué puisque je suis le seul garçon. Elles sont quatre filles, certaines ont même quitté leurs maris pour venir s’installer dans la concession », répond Thierno Sadou Barry.

Après ces explications, le juge, Thierno Souleymane Barry, a appelé à la barre Aïssatou Dalanda Barry, petite sœur du prévenu et plaignante dans cette affaire. Elle est venue balayer d’un revers de la main toutes les explications de son frère. « Monsieur le juge, mon frère que vous voyez nous a rendu la vie dure.
Depuis la mort de mon père, il nous traite pas bien, il insulte ma maman nuit et jour, il la menace. Quand on s’interpose, il fait de même avec nous. Ma mère est gravement malade, elle a l’hypertension et a très mal aux pieds, c’est pourquoi c’est moi qui suis venue à sa place. Chaque fois il nous menace, il dit qu’il va tuer notre mère ou que s’il ne parvient pas, il va nous rendre la vie difficile tant qu’il vit. C’est à cause de ses problèmes que sa femme l’a abandonné.

Le dimanche, 10 mars 2019, à 21 heures, je suis venue le trouver en train de se disputer avec la maman, il n’y a pas de sorte d’injures de femmes qu’il ne proférait pas contre ma mère. Quand je suis intervenue, il est parti dans sa chambre, il a fait sortir un gros couteau pour nous menacer. Sans l’intervention du voisinage, il allait commettre le pire. Il est rentré dans la chambre, a ouvert l’armoire de la maman et fait sortir les habits pour les brûler. Il a cassé aussi la télé et les vitres de la maison. Moi, j’étais obligée de fuir la maison. Le lendemain, je suis partie alerter la gendarmerie qui est venue le prendre. Il est en train de nier ici mais tout le voisinage est témoin de ce qu’il nous fait », a-t-elle indiqué.

Pour en savoir davantage sur cette affaire, le tribunal a décidé de renvoyer le dossier au 13 juin 2019 pour la comparution des témoins.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. 224 623 53 25 04

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