Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre, chef du Gouvernement
Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre, chef du Gouvernement

Libre Opinion : C’est une prouesse majeure pour le gouvernement et une victoire morale pour le Premier Ministre, Ibrahima Kassory Fofana, puisqu’il s’agissait des promesses importantes faites aux députés du pays.

Il était très attendu sur ces questions, et il a répondu présent. La reconstruction économique du pays, le partage de la prospérité nationale et la lutte contre la corruption étaient des grandes promesses et phares projets pour le Chef du gouvernement, lors de la présentation du discours de politique générale en juin 2018.

L’enjeu pour Ibrahima Kassory Fofana durant sa première année à la primature, était de concevoir et de mettre en œuvre un outil fiable et adaptable de partage de la prospérité issue des grands progrès économiques.

La croissance ne se déguste pas. Ce qui importe le citoyen, ce sont les retombées des transformations opérées.

Dans un environnement social où 65% de la population vit l’extrême pauvreté dans les milieux ruraux, le Chef du gouvernement a inscrit le partage de la prospérité nationale comme clé de voûte de l’action économique gouvernementale.

Un an après, cet engagement solennel du Premier Ministre Ibrahima Kassory Fofana devant la représentation nationale se concrétise à travers la création de l’Agence Nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES) en Janvier 2019.

L’objectif recherché par le gouvernement guinéen est de consentir un effort financier de 2% du PIB, soit environ 120 millions de dollars US de dépenses en faveur des couches les plus démunies du pays.

Cette innovation politique majeure est imparable. Même à l’échelle sous régionale, les efforts en faveur de la réduction de l’extrême pauvreté sont en moyenne de 1% du PIB. Alors qu’en Guinée, on est à 2%.

Un pas très significatif a été franchit dans le processus avec la mise en place du dispositif institutionnel et juridique de l’ANIES.

Le rêve affiché par notre pays avec l’aide des partenaires de routine à savoir : La Banque mondiale et la BAD, est de sortir 40% de la population d’ici à 5 ans de la pauvreté béante à laquelle elle reste confrontée et qui est loin d’une fatalité.

Plus de 104 millions de dollars américains US sont disponibles pour le pays afin de soutenir l’initiative. Et à partir de septembre prochain, avec la phase d’expérimentation qui sera lancée à cet effet, 400.000 personnes, reparties sur l’ensemble du territoire national seront bénéficiaires.

Sans oublier l’Agence Nationale de financement des Collectivités Locales (ANAFIC) qui vise à financer les projets de développement à la base.

Dans un tout autre registre, la problématique de la mobilisation et de sécurisation des recettes internes était au centre du grand oral du Premier Ministre, Ibrahima Kassory Fofana.

Fort d’une expérience de plusieurs années dans l’administration publique, le Chef du gouvernement conscient du déficit de financement de notre développement lié aux ressources traditionnelles de l’aide, a mis un accent particulier sur la mobilisation des ressources à l’interne.

Pour parer à cette grande insuffisance et face à la nécessité de financement des infrastructures de base, un nouvel instrument de mobilisation et de collectes de ressources voit le jour. La Mission d’appui à la mobilisation des ressources internes (MAMRI) a pour objectif principal, d’atteindre un niveau de mobilisation des ressources de 20% de PIB. Ce, conformément aux recommandations de la Conférence d’Addis Abeba de juillet 2015 sur le financement du développement. Le cabinet international Expertise France est le partenaire technique qui accompagne notre pays dans cette réforme importante pour le pilotage de nos finances publiques.

La très bonne nouvelle est que la Guinée bénéficie d’un accompagnement de 15 millions de dollars avec la BAD et une dizaine de millions d’euros en bouclage avec l’Agence française de développement (AFD).

Sur la question de la lutte contre la corruption, le Premier Ministre s’est montré intransigeant au départ et a pris à bras le corps la préoccupation. L’on se rappelle de son premier coup de balai concernant l’OGC, l’OPG et la LONAGUI.

Par la suite, il a instruit le Vérificateur Général de diligenter une inspection d’État dans 5 autres établissements publics et parapubliques mais malheureusement, un coup de frein a été opposé aux missions d’enquête. La question sur toutes les lèvres aujoud’hui, pourquoi ce coup d’arrêt et pour quel intérêt ?

En attendant une réponse claire et précise, apprendre à rendre compte entant que gestionnaire de la chose publique, est à la fois un principe de bonne de gouvernance et une obligation morale pour libérer sa propre conscience.

Par Mohamed Lamine Sidibé

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