Depuis quelques mois, l’Union pour le Progrès de Guinée (UPG), le parti de feu Jean Marie Doré, traverse une crise de leadership. Maître Jean Alfred Mathos et Jacques Gbonimy, ancien commissaire à la CENI, se disputent la présidence de la formation politique.

Après plusieurs mois de bicéphalisme, le camp de Jacques Gbonimy vient d’annoncer que son congrès a été validé par le ministère de l’Administration du Territoire et de la décentralisation. Une annonce qui vise juste à amuser la galerie, a réagi au micro de Guineematin.com, Alfred Mathos.

La crise de leadership qui mine l’Union pour le Progrès de Guinée (UPG) a commencé à la mort de son leader historique, Jean Marie Doré. Après l’intérim assuré par Henry Kpoghomou, maître Alfred Mathos a été élu président du parti lors d’un congrès tenu les 23 et 24 septembre 2016.

Mais, ce dernier est accusé de s’être présenté sous les couleurs de l’UFR à la mairie de Ratoma lors des élections locales de février 2018 mais aussi de mauvaise gestion du parti. C’est ainsi que certains membres du bureau exécutif de l’UPG ont convoqué un congrès extraordinaire pour élire l’ancien commissaire de la CENI, Jacques Gbonimy, comme nouveau président de la formation politique.

De retour au pays, maître Alfred Mathos et son groupe contestent l’élection de Jacques Gbonimy. Finalement, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation est saisi du dossier. Et, selon le camp de Jacques Gbonimy, le département a tranché en sa faveur. « Après les deux mois d’enquête faits autour du congrès, le ministère de l’administration a décidé de valider le congrès par un acte qui a été signé le vendredi, 05 mai 2019.

Ça nous a été remis le samedi et nous avons décidé de passer par la presse pour annoncer à l’opinion nationale et internationale que dorénavant, il n’y a plus deux présidents à l’UPG. L’acte officiel est là, Jacques Gbonimy est le seul président de l’Union pour le Progrès de la Guinée pour les 4 ans à venir », a déclaré Joseph Haba, secrétaire politique du parti.

Mais, cette annonce est contestée par maître Jean Alfred Mathos. Ce dernier estime que le ministère de l’administration du territoire n’a pas pour vocation de trancher ce genre de conflits. « Je considère d’abord que le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation n’a pas vocation à gérer les activités des partis politiques. Si c’est un document qui validait leur congrès, on aurait dû me le signifier parce que c’est moi le président en cours. La nouvelle qui me parvient, c’est que, c’est un courrier qui atteste qu’ils ont envoyé un courrier pour faire valider leur congrès.

J’ai dit et je répète, nous sommes en train de voir dans quelle mesure régler le problème à l’amiable. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que ça fait trois mois que ça dure, et nous sommes revenus à la table de négociation sous l’égide de la famille de feu Jean Marie Doré qui détient le testament biologique et politique du parti. Vous savez, comme un adage dit, vaut mieux un mauvais arrangement à l’amiable, qu’un meilleur procès. Donc nous sommes allés là-bas, nous avons fait une feuille de route qui tient compte des problèmes du parti : faire le point de nos problèmes après les élections communales et à la fin c’est de voir si un congrès pouvait se tenir en fin juin.

Eux, ils ont brillé par leur absence à toutes les réunions qu’on a tenues. Et maintenant, j’apprends qu’ils ont eu un document du ministère de l’administration du territoire, ce n’est pas un document qu’ils ont. Et même si cela est le cas, ce n’est pas possible parce que le ministère n’a pas vocation à gérer ça. Quand moi j’ai été élu, j’ai informé le ministère mais on ne lui demande pas de valider quoi que ce soit. Soit tu es validé par un congrès, dûment élu, ou tu es validé par les tribunaux. C’est pour amuser la galerie un peu », soutient Jean Alfred Mathos.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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